Marie-Charles (C.-M.-J.) LALLEMAND – 1920-1988

Souffelweyersheim, 1982.
Le n°19 de A.T.L.P. (Paris), du mois de mars 1982, p.24 annonce que cette
localité alsacienne se trouve à six km du centre de Strasbourg, au nord.
S’y établira prochainement, au n° 39 de la rue des Fleurs, une nouvelle
communauté de religieux en semi-repos, sans concurrence avec celle située à
Strasbourg, Allée Spach (derrière l’ancien bâtiment du Palais de l’Europe).
Cette maison confortable qui est une villa comporte 48 ares de terrain
plat. La communauté fondatrice, ouverte aux alentours du mois de mai
1982, se compose de six membres: le P. Albert Heckel, supérieur, le P.
Austal
Anselm, le P. Louis Haettel, Alype Hurstel et le Frère Marie-Charles
Lallemand
(tous ces quatre religieux provenant de l’ancien alumnat de Scherwiller),
et du P. Amarin Mertz, précédemment à l’Allée Spach, n° 16. La communauté
de l’Allée Spach à Strasbourg a été fondée en septembre 1977, à l’intérieur
d’une résidence des Frères de la Charité, avec quatre religieux, les P P.
Jean Berger, Alype Hurstel, Jean-Marie Bregler et Jérôme Diebold, auxuels
seront adjoints 1es P P. Emile Jean et Amarin
Mertz.

Religieux de la Province de France.

Curriculum vitae.

Charles-Marie-Joseph Lallemand est né le 10 novembre 1920 à Vahl-lès-Bénestroff en Moselle. De 1930 à 1933, il est alumniste à Scy-Chazelles (Moselle). Il prend l’habit à Nozeroy (Jura) le 4 mai 1937 et prononce ses premiers v?ux le 3 mai 1938 en prenant le nom de Frère Marie-Charles. Le P. Gausbert Broha, son maître des novices, note que « le Frère Marie-Charles a encore besoin d’être dégrossi. Le Frère sera très utile dans une maison où il y aura de gros travaux à effectuer (jardin, vigne … ), mais il a besoin d’être dirigé, conduit, guidé ». Le Frère Marie-Charles est nommé au service de l’alumnat de Scy-Chazelles. Chassé par l’invasion allemande en 1940, il se replie sur l’orphelînat de Douvaine en Haute-Savoie où il revient en 1942, après une année dans les Chantiers de jeunesse. C’est à Douvaine qu’il prononce ses voeux perpétuels, le 31 décembre 1942. Il est ensuite affecté à la Procure de Marseille (1952), à Scy- Chazelles à nouveau (1953), à Vellexon (Haute- Saône) en 1958, Lorgues (Var) en 1959, Scherwiller (Bas-Rhin) en 1963 et Souffelweyersheim (BasRhin) en septembre 1982. Son supérieur dans cette dernière maison, le P. Alype Hurstel, donne ses impressions sur le Frère Marie-Charles qu’il a déjà connu à Scherwiller de longues années: « Le Frère retrouve ici un jardin bien plus petit que celui de Scherwiller. Il s’occupe, le moment venu, de la cueillette des fruits dans le verger attenant. A la chapelle il remplit les fonctions de sacristain, de lecteur et de chantre. Il a une voix puissante. Le matin, il se rend souvent à Strasbourg, à l’orangerie, pour travailler au secrétariat des Pèlerinages. Le -5 mai dernier, il fête ses cinquante ans de vie religieuse. Le P. Michel Zabé, Vice-Provincial de lest, lui fait le plaisir de présider la messe et de prononcer 1’homélie.

Chaque année, il aime faire le pèlerinage national à Lourdes. Il est, depuis longtemps, fidèle à diriger la prière à la Grotte à sept heures du matin. L’un des premiers, il s’inscrit pour le National de 1988. Il n’a jamais été obligé de garder le lit. Il consulte régulièrement le médecin à cause de sa tension artérielle et prend consciencieusement ses médicaments. Il se réjouit de n’avoir que 13 de tension lorsqu’il part pour Conflans-Sainte-Honorine » (1).

Mort subite.

Le Frère Marie-Charles se rend quelques jours durant l’été 1988 auprès de sa s?ur religieuse à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Il y meurt subitement au soir du mercredi 20 juillet 1988, à 68 ans. Ses obsèques sont célébrées à Souffelweyersheim, huit jours plus tard. Le P. Marie-Bernard Kientz commente parallèlement le semeur de l’Evangile (Marc IV) et la vie du Frère Marie-Charles qui a bêché, sarclé, semé, planté arrosé, fait grandir et fructifier ses plantations: ‘ Le Frère Charles a su qu’il en va ainsi du Royaume de Dieu et de la vie de l’homme avec son Dieu. Tout au long de sa vie, il a pu constater que la semence reçue, c’est-à- dire la Parole de Dieu, l’amour de Dieu, la grâce de Dieu, est infiniment riche et précieuse, fragile et vigoureuse à la fois, pleine d’espérance. Son travail est celui de la terre, la terre qui fait pousser le blé, mais aussi la terre de son c?ur et de sa propre vie. Dans ces domaines, rien n’est définitivement atteint, sans cesse il faut reprendre la bêche et le sécateur, la houe et la binette, pour que la Parole de Dieu confiée aux hommes puisse porter tout son fruit. Pour cultiver cette terre, Charles a choisi la vie religieuse à l’Assomption. Aujourd’hui nous allons le déposer en terre à son tour, comme une graine promise à la résurrection. Né de la terre, il retourne à la terre. Né de Dieu, il retourne à Dieu pour la vie, la joie et l’amour qui sont le bonheur définitif… » (2). (1) Du P. Alype Hurstel, lors du décès du Frère Marie-Charles en 1988.

(2) De l’homélie du P. Marie-Bernard Kientz, le jour des obsèques.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 30-31. Assomption-France, Nécrologie, année 1988, p. 141-142. L’Assomption en Alsace: pour Souffelweyersheim et Strasbourg, Allée Spach, consulter le bulletin A Travers la Province (Paris), mars 1982, n° 19, p. 24 et le dossier de la Province de Lyon, Strasbourg, Alllée Spach, 1977 (ACR).