Marie-Edmond (Edmond) LALLEMAND – 1885-1941

Marseille, 12 rue du Chalet,
1940.

La communauté
Assomptionniste à Marseille
se compose de sept membres :

Le P. Paul-François Béthaz, le P. Marcel Delatre,
Le P. Jovien Bermond, le P. Urbain Chelle,
le P. Maurice Destouches, le P. Stéphane Broussaleux,
le Frère Marie-Bernard Rapp Elle accueille, au moins à titre provisoire,
durant les années de guerre:

le P. Marie-Edmond
Lallemand,
le P. Bernard Finaert,
le P. Marie-Aimé Badaroux, le P. Bernard de Menthon Ract,
le P. Chrysostome Monniez, le P. Jean-Berchmans Berchem.

Les locaux du Bureau de presse catholique sont situés au 47, Boulevard
Peylral.

A la fin de la seconde guerre mondiale, l’Assomption prend en charge à
Marseille la paroisse Saint-Joseph (P. Norbert Chardon).

D’après la Répartition des religieux (1940-1946).

Religieux de la Province de Lyon.

Récit d’une vocation.

Edmond Lallemand, né le 7 septembre 1885 à Vahl- lès-Bénestroff, en Moselle, au temps de l’occupation allemande de cette partie de la Lorraine, connaît l’Assomption grâce au curé de la paroisse Notre- Dame de Metz, fidèle ami et lecteur de La Croix et du Pèlerin. Ce prêtre signale en avril 1919 aux premiers religieux de l’Assomption qui remettent les pieds dans la Lorraine redevenue française, un jeune homme de 35 ans, désireux de devenir prêtre, mais dont les circonstances n’ont pu favoriser le projet. Il lui est répondu que l’Assomption accepte de prendre en charge de tels candidats, dans une maison de vocations tardives, à Sart-les-Moines en Belgique, pourvu que cette recrue accepte d’entreprendre des études comprenant l’apprentissage du latin. Edmond doit d’abord vaincre les résistances de son employeur qui l’estime grandement et celles d’un chanoine de la cathédrale qui pense à lui pour un service diocésain. L’assurance est donnée que toute liberté est laissée aux jeunes gens dans le choix définitif de leur vocation. Edmond qui dans la première partie de sa vie a fait des études commerciales, est donc admis à Sart-les-Moines où il étudie de 1919 à 1922. Sous le nom de Frère Marie-Edmond, il fait le choix de la vie religieuse à l’Assomption et prend l’habit, le 31 octobre 1922, au noviciat de Saint-Gérard. Le P. Rémi Kokel, son maître des novices, témoigne en sa faveur: « Le Frère Marie-Edmond a fait une excellente année de noviciat. Il a été un infirmier modèle. Il est consciencieux, presque à l’excès. Il se montre en général très aimable et d’un commerce charmant. Sa piété est à la hauteur de son dévouement ». Le 1er novembre 1923, il prononce ses premiers v?ux. Sa première année de philosophie se déroule à Taintegnies (1923-1924),

la seconde à Saint-Gérard (1924-1923). Profès perpétuel le 1er novembre 1926, il accomplit à Louvain ses études de théologie (1925-1929) et y est ordonné prêtre, le 9 juin 1929.

Services à l’Assomption.

Le P. Marie-Edmond est nommé économe à l’alumnat de Scy-Chazelles (Moselle), de 1929 à 1940. Il s’adonne également au ministère paroissial à jussy, aux portes de la ville de Metz. A cause de la seconde guerre mondiale, il doit, comme toute sa famille se réfugier en zone sud. Marseille (Bouches-du-Rhône) l’accueille en septembre 1940 (1). Fatigué par le surmenage et les tracas de l’exode, le P. Marie-Edmond qui n’aime pas le repos, reprend du ministère pastoral, avec courage et dévouement, auprès de nombreuses communautés religieuses et dans une aumônerie de collège où il est l’aide précieux du curé de Saint-Adrien, à l’ancienne chapelle des jésuites, rue Saint-Sébastien. Mais bien qu’il n’ait en 1940 que 55 ans, la santé du P. Marie-Edmond laisse déjà à désirer. Il souffre surtout de se voir expulsé de Lorraine et de laisser sa famille dans la situation précaire des gens déplacés. Durant tout l’hiver 1940-1941, il se plaint de douleurs qui se ramifient dans tout le corps. Au départ la médecine ne détecte aucune cause particulière à son mal, mais en septembre 1941, le médecin traitant décide de faire hospitaliser le Père pour une radiographie plus détaillée. La consultation révèle une tumeur maligne au foie ainsi que les premières atteintes d’une tuberculose qui va se généraliser.

Le P. Marie-Edmond meurt à l’hôpital Saint-Joseph de Marseille, le 13 décembre 1941, à 56 ans. Il est inhumé au cimetière Saint-Pierre de la ville de Marseille.

(1) L’Assomption est implantée à Marseille dans les années qui suivent la première guerre mondiale, d’abord sous la forme d’une Procure et d’une maison de presse catholique, liées à I’Oeuvre de Notre-Dame de Salut, pour lesquelles est achetée une maison en 1927-1928, rue de l’olivier. En 1932, cette résidence est vendue au profit d’une autre implantation, rue du Chalet, la villa Vertefeuille. Dans la décennie suivante, l’Assomption développe l’?uvre dite Foyer du Marin. Les religieux se mettent également au service des familles féminines de l’Assomption, Petites S?urs et Orantes (1941).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1941, n° 847, p. 258-259.