Marie-Elie (Elie Pierre Ant.) CHASSAGNE – 1906-1947

1947, année éprouvante.

« Durant l’année 1947, douze Assomptionnistes ont rejoint l’Assomption du
Ciel dont huit de la Province de Lyon qui a ainsi payé le plus lourd tribut
à la mort:
P. Colomban Viala, P. Saturnin Aube,
P. Damase Castagne, P. Augustin Bass,

P. Dimitri Yanev,
Fr. Marie-Bernard Laura, P. Marie-Elie Chassagne, P. Stanislas Povchitch.
Les autres religieux décédés en 1947 sont

le P. Euchariste Boucher
(Bordeaux),

le Frère Pierre-Rodolphe Martel (Amérique du Nord), Le P. Maynard Haslauer
(Angleterre),

P. Marie-José Moreau

(Bordeaux).
Si nous ne voulons pas qu’ils tombent dans l’oubli, il faut recueillir
soigneusement toutes les précisions à
transmettre, car le passé est la substance de l’histoire et les plus grands
événements ne sont qu’une suite de détails
(sic) ».

Lettre à la Famille, 1948, p.4.

Religieux de la Province de Lyon.

Curriculum vitae.

Elie-Pierre-Antoine Chassagne naît le 20 décembre 1906, à Saint-Etienne dans la Loire, à l’époque dans le diocèse de Lyon (1). Entré à l’alumnat de Saint-Sigismond (Savoie) en 1918, il y parcourt pendant trois années scolaires le cycle des études de grammaire (1918-1921). En 1921, il est envoyé à Vinovo (1921-1922), dans le Piémont italien pour ses études d’humanités qu’il vient terminer à l’alumnat de Notre-Dame du Rosaire à Miribel-les-Echelles (Isère) en 1923, ultime lieu de refuge de l’ancien alumnat de Notre-Dame des Anges. Ayant opté pour l’Assomption, le jeune Elie fait son noviciat à Taintegnies en Belgique (1923-1924). Il prend l’habit sous le nom de Frère Marie-Elie le 31 octobre à Saint-Gérard et prononce ses premiers vœux le 1er novembre 1924 à Taintegnies. Son maître des novices, le P. Savinien Dewaele, le résume en ces quelques lignes: « Le Frère Marie-Elie a toute la candeur d’un enfant et toute l’énergie d’un homme. Il est encore bien jeune, mais il y a chez lui tous les éléments d’une vie religieuse fervente de serviabilité, de dévouement empressé et joyeux ». Ses études de philosophie se déroulent à Saint-Gérard (1924- 1927), celles de théologie à Louvain (1927- 1931) où il est ordonné prêtre le 2 août 1931. Une courte interruption, nécessitée par un temps de service militaire écourté, à Grenoble, n’a pas nui à l’ardeur étudiante du Frère Marie-Elie qui a prononcé ses vœux perpétuels le 1er mars 1930 à Louvain, présenté de façon très favorable par le P. Sidoine Hurtevent.

La joie des prémices sacerdotales au pays natal.

« Le P. Marie-Elie est ici, en vacances dans sa famille. Ordonné prêtre le 2 août, il vient faire ses prémices dans différents sanctuaires de la Loire.

Ce matin [16 août 1931], il était à la chapelle de La Terrasse où il venait au catéchisme, il y a treize ans. C’est là que le P. Louis-Thomas l’avait remarqué. Il a été heureux, en ce jour, d’assister son ancien élève et d’exalter le sacerdoce devant un auditoire des plus sympathiques. Presque tous les assistants, plus d’une centaine, ont communié. La mère du nouveau prêtre était au premier rang et son frère aîné lui servait la messe. La famille du Frère Eugène Bonon habite ce quartier, elle a pris part à la fête en attendant quelle vienne célébrer, comme le P. Marie- Elie, son prédécesseur, à Saint-Sigismond et à Miribel ».

Enseignement et aumônerie.

Envoyé à Kadi-Keuï en Turquie, le P. Marie-Elie enseigne à l’école paroissiale jusqu’en 1935. A l’automne de cette année, il est nommé aumônier des Religieuses de l’Assomption, à leur pensionnat de Bellevue, au sud de Lyon, à La Mulatière, sur la commune de Sainte-Foy-lès- Lyon. Il réside à la communauté provinciale de Lyon, avenue Debrousse (1935-1947). Il y remplit ses fonctions jusqu’au mois de juillet 1947 et s’apprête à rejoindre le poste de supérieur et de curé à la communauté de Carnolès-Menton (Alpes-Maritimes) où il vient d’être nommé. C’est alors qu’une maladie grave le saisit, une appendicite gangreneuse. Il est opéré à l’Hôtel- Dieu de Lyon le 24 août, bien entouré par sa famille religieuse et par sa mère, alertée en raison de la gravité : l’opération réussit, malgré l’état avancé du mal. Mais c’est au moment où on le croit hors de danger qu’il est frappé d’une embolie pulmonaire, provoquant son décès le 31 août 1947. Le P. Marie-Elie n’a pas encore achevé sa quarantième année. (1) A la Révolution française, a été créé le département de Rhône-et-Loire, ensemble administratif qui englobe le Lyonnais, le Beaujolais, le Roannais et le bassin de SaintEtienne. En 1793, Lyon est puni pour ses sentiments monarchistes et ‘Girondins’. Le département est démembré entre Rhône et Loire, Lyon restant siège archiespicopal et primatial pour les deux. Mgr Paul-Marie Rousset, évêque auxiliaire de Lyon, est le premier évêque de Saint-Etienne (23 février 1971) évêché érigé le 26 décembre 1970..

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1947, n° 33, p. 156. Lettre à la Famille, 1948, n° 40, p. 4.