Marie-Ernest CHAUTAGNAT – 1908-1995

Donation-partage.
« Ma mère fait donation entre vifs, à titre de partage anticipé, de tous
ses biens meubles et immeubles à ses quatre enfants. Celui de mes frères
qui demeure à la maison paternelle achète la part de chacun des autres,
part évaluée à 7.500 frs. Je vous demande de bien vouloir m’accorder
l’autorisation de recevoir cette somme. Je cède l’usage et l’administration
de cet argent tout en en conservant la propriété. Je le fais en faveur de
mes trois frères, me réservant toutefois que les revenus de ma part
constitueront ma participation
à l’entretien de ma mère ». P. Ernest, 1930.
Mise en garde.
«Je dois vous rappeler gravement à vos obligations
les plus saintes, après les actes inquatifiables dont on m’a donné les
détails navrants.
Avez-vous oublié ce que N.-S. dit à ceux qui scandalisent un enfant? Mieux
vaudrait périr une meule au cou. Votre conduite pourrait vous mener aux
assises et au bagne. Dans sa sévérité, cette lettre est une preuve de
l’affection que nous portons à votre âme ».
P. Gervais Quenard, avril
1943.

1959-1957: collège de Bône Algérie),

Religieux de la Province de France.

Marche vers la vie religieuse et le sacerdoce.

Ernest Chautagnat est né à Lornay (Haute- Savoie) le 10 septembre 1908. Entré à l’alumnat de Miribel-les-Echelles (Isère) en 1920, il y fait toutes ses études secondaires. Ernest prend l’habit religieux à Taintegnies (Belgique le 30 octobre 1925 et prononce ses premiers vœux le 1er novembre 1926. Extérieurement calme et paisible, le Frère M.-Ernest est travaillé par une idée-fixe, celle d’être à charge à ses frères, ce qui lui donne une apparence morne et solitaire, note son maître des novices, le P. Savinien Dewaele. Il accomplit ensuite deux années d’études de philosophie à Saint-Gérard, près de Namur (Belgique): 1926-1928. La caserne le réquisitionne pour 18 mois au 75ème régiment d’artillerie à Lyon. Il peut commencer sa théologie à Louvain en 1930. Le 8 décembre 1931 il devient profès perpétuel et c’est le 16 avril 1934 qu’il est ordonné prêtre.

Enseignement: 1934-1966.

Le P. Marie-Ernest est nommé professeur d’alumnats ou de collèges, dans les trente premières années de son sacerdoce, successivement:

1934-1938: alumnat de Scy-Chazelles (Moselle)

1938-1943: orphelinat de Douvaine (Haute- Savoie),

1939-1940: mobilisation,

1943-1951: collège de Briey (Meurthe-et- Moselle),

1951-1956: collège Saint-Louis de La Marsa (Tunisie),

1957-1959: alumnat de Scy-Chazelles (Moselle),

1959-1966: alumnat de Saint-Sigismond (Savoie).

Ministère paroissial: 1966-1992

Les 26 dernières années de la vie du P. Marie-Ernest sont consacrées à un ministère de type pastoral:

1966-1973: vicaire à la paroisse Sainte-Thérèse de Toulon (Var),

1973-1976: supérieur de la première communauté de religieux au repos à Saint-Sigismond,

1976-1982: vicaire à la Capelette à Marseille (Bouches-du-Rhône),

1982-1992: en résidence à Nîmes (Gard), rue Sainte-Perpétue, assurant des aumôneries et divers services en paroisse.

Après cinquante-huit années d’apostolat, le P. Marie-Ernest rejoint la maison de Lorgues (Var) en septembre 1992. Il y continue régulièrement sa vie religieuse et, volontiers, se propose de jouer aux boules. Depuis un an, à la suite d’une chute malencontreuse, il a connu de longs séjours à l’hôpital et plusieurs opérations. Il meurt à Draguignan dans l’après-midi du vendredi 8 septembre 1995. Ses obsèques sont célébrées le 11 septembre suivant. Le P. Michaël Djudjar, son compagnon à Nîmes, développe à partir de la lecture de job 19: « Avec mon corps, je me tiendrai debout et, de mes yeux de chair, je verrai Dieu » une méditation sur l’espérance chrétienne qui suppose beaucoup de grâces, mais aussi l’effort de l’homme: « Dans sa longue vie, le P. Ernest a suivi le Christ. Il a porté la croix, parfois bien lourde. Les épaules meurtries et le corps tout endolori, il a continué sa marche, même en fauteuil roulant, vers la réalisation définitive de son espérance: voir Dieu face-à-face ». Une manière discrète de faire allusion aux ‘misères’ qui ont assombri la vie du P. Marie-Ernest.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 120-121. Assomption, Nécrologie France 1995, p.327-328. On n’a conservé dans les ACR que cinq correspondances du P. Marie-Ernest Chautagnat (1929- 1939).