Marie-Eustache BACK (BACH) BACK – 1895-1968

Un religieux d’une probité exemplaire.
Partout où il est passé, le frère Marie-Eustache a laissé le souvenir d’un
religieux travailleur, de bonne compagnie tout en étant réservé par
tempérament et peu bavard, profondément attaché à sa Congrégation qu’il a
généreusement servie en Argentine et dans différentes communautés de la
Province de Bordeaux.
Le trait suivant dit tout: son honnêteté foncière, son ouverture et sa
générosité:
« Il m’est venu d’une bienfaitrice qui ne veut absolument pas que je la
fasse connaître un don très important qu’elle veut donner pour ma famille.
Elle a donné
300.000 francs belges pour m’acheter une propriété. Le notaire m’a avisé
par télégrammme à Santos Lugares et le P. Séraphin Protin m’a autorisé à
faire acheter la propriété. Aujourd’hui même j’ai reçu du notaire une
quittance d’un dépôt des 100.000 francs qui restent, la propriété ayant
coûté 175.000 francs. Je vous demande, mon Père, l’autorisation de refaire
mon testament pour disposer en faveur de notre famille religieuse de la
somme
restante … »
Lettre du 24 janvier 1928 au
P, Général.

Religieux luxembourgeois de la Province de Bordeaux.

Le long parcours d’un novice luxembourgeois.

Le Eustache Back – c’est ainsi qu’il orthographie lui-même constamment son patronyme, et non Bach – naît le 29 mars 1893 à Assel, dans le Grand Duché de Luxembourg. A l’âge de seize ans en 1911, désireux de devenir prêtre, il sollicite son admission à Sart-les-Moines (Belgique). Pendant deux ans, il s’applique aux études classiques, mais en 1913 devant les trop grandes difficultés qu’il ressent, il demande à être reçu à l’Assomption comme religieux coadjuteur, commençant sur place, selon la coutume, son noviciat le 2 février 1913. Il gagne Limpertsberg en septembre 1913. Pour sa sécurité et celle des siens, il rentre en famille en août 1914 quand la Belgique est envahie par les troupes allemandes et y demeure jusqu’en 1919. Revenu à Sart-les-Moines en décembre 1919, il y reste trois ans, toujours novice, débrouillard, excellent en tout, bricoleur et d’un dévouement inaltérable, il rend de nombreux services dans le vieux prieuré que la grande guerre a bien malmené. Mais un jour, on finit par s’aviser que le Fr. M.Eustache est toujours sans vœux. On l’envoie donc se préparer à sa profession au noviciat de Saint-Gérard (Belgique) en décembre 1922, mais de là il est demandé par la maison généralice de Rome. C’est donc à l’Ara Coeli, le 8 juin 1924 – jour de sa première profession – qu’il termine ce temps de noviciat étiré après avoir obtenu toutes les dispenses de régularisation. Et le 8 juin 1926, il peut enfin prononcer des vœux perpétuels qu’il désire depuis longtemps, il a 31 ans. Loin du Grand Duché, au service de la Province de Bordeaux. long parcours d’un novice luxembourgeois. L’activité apostolique du Fr. M. Eustache va se dérouler dans le cadre de la Province de Bordeaux qu’il a choisie,

Notices Biographiques A.A Page : 119/119 selon les dispositions établies après 1923: il passe quatre ans à Santos Lugares en Argentine (1926-1930), sept ans à l’orphelinat de la Grande Allée à Toulouse en Ilaute-Garonne (1930- 1937); quelques mois à Bordeaux (Gironde) puis à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime). Il est ensuite au service des paroisses de La Rochelle, La Genette et Tasdon. Les supérieurs lui demandent ensuite douze années consécutives de professorat à Saint-Maur (Maine-et-Loire) de 1948 à 1960. Il y laisse le souvenir d’un éducateur ferme et discipliné. Il passe à la maison de Blou (Maine-et-Loire), courageusement parce qu’elle n’est guère adaptée à la résidence de religieux de cet âge. Il obtient durant l’hiver 1963, durant la période d’aménagement du chauffage, de pouvoir se rendre dans sa famille luxembourgeoise. Il a déjà subi une alerte cardiaque et une paralysie du bras gauche.

Les deux dernières années à Lorgues (Var).

Le 16 février 1966, le Fr. M.- Eustache arrive à Lorgues où, malgré un état physique défaillant, il cherche à rendre service à de plus infirmes que lui. Il se dévoue auprès du P. Réginald, âgé de 86 ans, aveugle, et auprès d’un ancien supérieur de Saint-Maur, le P. Maixent Bruchon, qui ne marche plus, parle très péniblement et a besoin d’une assistance continuelle. Avec une fraternité exemplaire, Fr. Eustache, toujours disponible, lui tient compagnie et évoque pour lui de vieux souvenirs. Mais dans les premiers jours de juin 1968, il commence à décliner visiblement. Conscient de son état, il demande à recevoir le sacrement des malades. Malgré tout il conserve ce caractère gai et généreux, sans plainte, sans exigence. Au matin du 12 juin 1968, la Sœur Oblate infirmière, Marie-Pascale, lui donne les soins qu’exige son état. Soudain, le malade incline doucement la tête, sans un soupir, comme pris d’une syncope. Malgré les inhalations d’oxygène et malgré une piqûre de tonicardiaque, le malade ne peut être réanimé. Les obsèques sont célébrées le vendredi 14 juin. Le Provincial de Bordeaux préside la cérémonie, deux neveux du Frère peuvent accompagner le défunt à son dernier repos.

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Bibliographies

Bibliographie: B.O.A. juin 1969, p. 283. A Travers la Province (Bordeaux), n° juillet 1968, p. 7-8.