Marie-Félix (Jean) DUFAU – 1880-1971

Un ‘ancêtre’.
« A travers sa vie, en la remontant pas à pas, c’est dans nos origines
mêmes que nous sommes plongés. Le P. Marie- Félix est né l’année même où
nous quitte le P. d’Alzon. L’œcuménisme,
l’enseignement, les vocations, la pastorale, il veut concrétiser dans son
action les thèmes majeurs de notre apostolat. Je partage avec lui un accent
du terroir qui me donne, peut- être, la possibilité de le comprendre de
l’intérieur. Fier et droit comme les pins des Landes, habitué à affronter
les vents venus du large, il sait
que la lutte est condition de vie, de survie, de victoire. Batailleur, il
ne joue jamais perdant, jusque dans la pétanque. Cette ardeur même peut
donner le change et faire oublier une bonté qui a du mal à se contenir.
Mais le cœur sauve tout et c’est pourquoi, pour toute une génération, il
revivra toujours, malgré tout, à travers la figure de Syméon: le vieillard
porte l’enfant, le vieillard se laisse porter par l’enfant. Je ne l’ai
connu que
‘grand-père’, c’est l’âge où les générations se retrouvent aux extrêmes.
C’est là sans doute que son cœur exprima pleinement en ces échanges
personnels qui ne sont pas l’objet des discours… ».
P. Rospide, homélie.

Marie-Félix (Jean) DUFAU

1880-1971

Religieux de la Province de Bordeaux.

Un pin aux buttes avec la tempête.

Jean Dufau naît le 22 février 1880 à Lit-et-Mixe, petite commune des Landes, de parents métayers exploitant une métairie avec gemmage au ‘Petit Miquelon’, puis sur la commune de Linxe à ‘Lattherrade’. Avec sa sœur Anaïs, il fréquente l’école communale et le catéchisme. A onze ans il est présenté par le curé de la paroisse au petit séminaire, mais le prix de pension est prohibitif pour la famille pauvre qui vit du résinage, des champs et d’un troupeau de chèvres. Deux démarches auprès des jésuites et des Capucins n’aboutissent pas. C’est à la maison des vocations tardives de Montfort (Yonne), à l’Assomption, que Jean à 18 ans peut commencer un peu d’études. Montfort est le transfert en 1894 de Villecomtesse. Il ne reste à Montfort que jusqu’au mois de juillet 1899 d’où il part pour le noviciat en Turquie à Phanaraki. Il y prend l’habit le 13 novembre 1899 sous le nom de Frère Marie-Félix et il y prononce ses premiers vœux le 13 novembre 1900. Il s’embarque ensuite pour Jérusalem (1901-1903) où il prononce ses vœux perpétuels le 21 novembre 1901. Après les études de philosophie, ce sont les trois années dans une maison d’œuvres: le Frère Marie- Félix est désigné pour l’enseignement à Konia en Phrygie (Turquie centrale). Il y contracte une pneumonie dont le médecin turc le tire grâce à un badigeon de teinture d’iode. En 1906, le Frère Marie- Félix revient à Jérusalem, (Notre-Dame de France), pour les études de théologie (1906-1909). Il est ordonné prêtre le 5 juin 1909. Ce séjour en Palestine le marque à vie: « Il m’est donné de suivre les chemins et sentiers qu’a sanctifiés le Christ, de m’arrêter’ aux fontaines où il s’est désaltéré, de contempler et de traverser le beau lac de Galilée, témoin de plusieurs de ses miracles. De tels souvenirs éclairent et animent ma vie de prêtre».

En responsabilité.

La première obédience du P. Marie-Félix Dufau est le collège Saint-Augustin de Plovdiv où il enseigne jusqu’en 1914. Il vient à Toulouse (Haute-Garonne) se présenter pour l’examen de licence ès-lettres qu’il échoue. Mobilisé en 1914, il est versé dans le corps des infirmiers jusqu’en novembre 1917. Démobilisé, mais toujours barbu, il arrive à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire) où il enseigne 9 ans (1917-1923), tout en faisant fonction de curé au village voisin du Thoureil.. En 1923, il est nommé supérieur de Saint-Maur: son mandat est endeuillé par la noyade, le 1er juillet 1926, du jeune Yves Rengoat et du Frère Pierre-Rogatien Sorel. En 1926, le P. Marie-Félix est chargé de la fondation à Melle (Deux-Sèvres) dont il devient l’économe en 1929. En 1932, il succède au P. Alcime Trémelot comme curé-archiprêtre de Melle où il reste jusqu’en 1942 pour prendre la direction de la paroisse Notre-Dame de Salut à Bordeaux (Gironde) jusqu’en 1947. A 67 ans, le P. Marie-Félix accepte la chaire de théologie morale à Layrac (Lot-et-Garonne): il enseigne cette matière jusqu’en 1955, puis prend en charge le secrétariat et la correspondance avec les bienfaiteurs (1955-1959), tout en gardant l’enseignement de la pastorale. Auprès des frères étudiants. Il veut encore servir à la chapelle de l’orphelinat de Toulouse, mais il est gagné par l’épreuve de la cécité, malgré l’opération de la cataracte (février 1963). Cette longue nuit se prolonge à Chanac (1968) où il meurt le 27 avril 1971, entré dans sa 92ème année. Les obsèques sont célébrées le jeudi 29 avril, suivies de l’inhumation dans le petit cimetière qui entoure l’église de Chanac. Dans l’été 1971, ses restes sont transférés dans le nouveau caveau de la communauté, au nouveau cimetière de la commune sur la route de Chanac à Sainte Enimie.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A mars 1972, p. 175-176. Notice biographique par le P. Maur Melcoët, suivie du texte de l’homélie des funérailles par le P. Emmanuel Rospide. Correspondances du P. Marie-Félix Dufau dans les ACR (1908-1959) et rapports sur Melle (1929,1932-1938). Le P. Marie-Félix Dufau a publié des articles sur l’apostolat des Assomptionnistes dans la région de Melle pour la revue Assomption. Notices Biographiques