Marie-François (F.) TANDEAU – 1910-1998

Les Essarts, 1953.
« Je me permets de me rappeler à votre bon souvenir. C’est un peu intéressé
puisqu’il s’agit de timbres, du Vatican entre autres. Ici notre petite
communauté a beaucoup changé depuis le supériorat du P. Emmanuel [Vivien].
La vie religieuse est plus féconde, la charité fraternelle y règne. De plus
nous avons un régisseur qui a pris la ferme en main, ce qui a permis aux
Frères d’être complètement dégagés des travaux de la ferme. Le Frère Albert
[Ouillon] ne s’occupe plus des chevaux, le Frère Jean de Dieu [Cordesse]
des vaches, le Frère Vianney
[Adriansen] des cochons. Tous, nous travaillons à l’entretien de la maison
et des alentours situés hors de la ferme, cela favorise davantage la
fidélité aux exercices religieux. A 7, nous arrivons à solenniser la messe
du dimanche, à assurer le Salut, à chanter en entier les messes de la
Toussaint et des Morts: c’est un record. Un Père est organiste, je suis
chantre, 2
Frères servants et 4 autres restent à leur place, faisant ce qu’ils peuvent
en dépit de leur manque de voix et de leur fausseté de tons. Le principal,
c’est que Jésus soit content! Le Père Auguste [Maniglier] met une ombre au
tableau, il
envoie souvent des pavés ».

Religieux de la Province de France. Où et comment répondre à l’appel? Né à Paris le 12 avril 1910, François Tandeau de Marsac fait ses études, de 1920 à 1927, au collège de Dôle dans le Jura, tenu par les jésuites. Il travaille ensuite dans une banque à la Bonne Presse de Paris et dans une société d’assurances, à laquelle il revient en 1932 après son temps de service militaire. En 1933, il entre à l’école apostolique des Pères Blancs à Tournus (Saône-et-Loire), puis étudie la philosophie dans leur scolasticat d’Hennebont (Morbihan). Admissible comme frère coadjuteur, il pense au sacerdoce. Après un stage chez les Salésiens de Gradignan (Gironde), il enseigne, de 1936 à la mobilisation, dans leur école professionnelle Saint-Léon à Marseille (Bouches- du-Rhône). Fait prisonnier le 15 mai 1940, fragile de santé, il souffre beaucoup de sa détention en Allemagne. Libéré en mai 1945, il travaille à la Caisse d’Epargne de Limoges (Haute-Vienne), dont les dirigeants apprécient ses excellents services, ses qualités morales et professionnelles. En 1946, François tente un essai de vie religieuse chez les Prêtres du Saint-Sacrement. Il fait un an de philosophie à Angers (Maine-et-Loire), entre au noviciat mais, ne pouvant tenir à genoux pour l’adoration, n’est pas accepté à la profession. Son Provincial l’estime néanmoins recommandable en tout lorsque François se présente à l’Assomption. Sur la route de l’Assomption. François Tandeau de Marsac prend l’habit assomptionniste au noviciat des Essarts (Seine- Maritime), le 10 avril 1950, sous le nom de Frère Marie-François, mais recommence son noviciat comme frère coadjuteur le 8 mars suivant. Profès annuel le 16 mars 1952, profès perpétuel le ler novembre 1955 à Lormoy (Essonne), il reste aux Essarts où, 24 ans durant, il assure le secrétariat de la Procure et divers autres travaux avec beaucoup de dévouement, malgré ses nombreux problèmes de santé: cœur, articulations et surdité croissante. Page : 19/19 Caractérisent sa correspondance de l’époque une magnifique écriture, un style net et sobre sans être sec et le subjonctif imparfait quand l’exige une autre correspondance, celle des temps (1). Il est nommé à Chanac (Lozère) en 1976 le soleil de la région ne peut que lui être bénéfique. A la fermeture de la maison en 1979, il rejoint la communauté des aînés de Lorgues (Var). Il y décède le 19 avril 1998 à midi. Portrait du Frère Marie-François. Le P. David Laurent résume, le jour des obsèques, le parcours des dix-neuf années lorguaises du Frère Marie-François. « Un crâne dénudé en forme de pain de sucre et brillant comme la montagne Sainte-Victoire au soleil, on devinait de loin cette silhouette originale qui s’éclairait d’un généreux sourire dès qu’il approchait et rivait sur vous ses yeux interrogateurs: c’était le Frère Marie-François, affairé en lui-même comme peut l’être quelqu’un à qui échappent tous les bruits de la terre, mais en qui vivait un amour qui donnait sens et énergie à toute son existence… jusqu’à l’année dernière [1997], il était de tous les offices et toujours à l’heure. Quelle ferveur dans la préparation et l’exécution! On le reconnaissait comme grand lecteur de la liturgie de la Parole, fonction qu’il exerça durant de longues années. On admirait la distinction de sa voix, l’élégance de ses salutations et la tonalité modulée de ses A.Heluia. Assidu à la chapelle, il prolongeait volontiers son adoration et semblait trouver le repos dans la contemplation eucharistique. Tous ceux qui le croisaient avaient droit à un sourire fraternel. Pas seulement à un sourire: il se mettait en quatre pour rendre service. Il faut même modérer ses activités, surtout après l’alerte qui lui valut un mois de repos complet et l’implantation d’un stimulateur cardiaque. Homme bouillant, il partait à bicyclette pour 50 ou 70 km. Il avait passé 77 ans lorsqu’une chute en pleine vitesse et dans un virage stoppa définitivement cette ardeur juvénile. L’épreuve fut rude, mais le Frère Marie-François garda son sourire. Il était doux comme son saint patron d’Assise. Il faisait bon vivre avec lui. La paix et la douceur de son âme rayonnaient, même sur son lit de mort .. ». (1) Exemple, cette missive non datée, mais très lisible.« je suis heureux que vous ayez été satisfait de l’accueil que nous avons fait à la probation. Nous ferons tout notre possible pour vous satisfaire l’an prochain. Espérons tout de même que ce ne seront pas les Frères de la Province de Paris qui resteront pour faire le service des probanistes, bien que nous ne refusions pas de servir. Nous voici avec 24 jeunes encadrés par 6 Frères. Je vous garantis qu’il y a de la joie! Les rires fusent de partout! Il y a de l’entente, de la générosité et de la piété. Nous avons des moniteurs de l’extérieur pour la plomberie, l’électricité et la reliure. Quant à moi, je me débats de mon mieux avec la Vari-Typer dernier cri. Je suis rôdé maintenant. Je frappe ces jours-ci un volumineux Communautés missionnaires pour Valpré…». Page : 20/20

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VIII) 1998-1999, 1999, P. 16-18. Assomption-France, Nécrologie année 1998, p. 429-430. Lettre du Frère Marie-François Tandeau de Marsac au P. Domitien Meuwissen, Les Essarts, 15 novembre 1953. Dans les ACR, du Frère Marie-François Tandeau de Marsac, Quelques correspondan- ces (1953- 1960).