Marie-Francois (Francois) PEJAC – 1930-1995

Dans le service et l’obéissance.

« La lettre d’obédience vient d’arriver. Je renouvelle mon
‘Fiat’ à ce que le Seigneur me demande par votre intermédiaire. Dans votre
lettre aux religieux, vous parlez de mes qualités. Fort charitablement vous
taisez mes défauts et mes limites. Je les sens très fort aujourd’hui.
D’autre part, j’ai grande peine à me séparer de mes tâches apostoliques qui
étaient ma vie, de la communauté de la rue Bouret, des laïcs avec qui je
travaillais. Heureusement le Seigneur a le sens de l’humour. Il m’a donné à
méditer ces jours-ci et le récit de la vocation de Jérémie et l’évangile de
dimanche dernier: ‘il vous est bon que je m’en aille’. Alors j’arrête les
regrets et de tout cœur je vais me mettre au travail. Samedi je prêterai
serment entre les mains du P. Brajon votre délégué. Il va falloir faire
face à la mise en place de mes
successeurs et me mettre dans le bain. Dès que j’y verrai un peu plus
clair, j’espère qu’il me sera possible de vous voir. Je vous prie d’agréer
l’expression de mon filial dévouement ».

François Péjac.
Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de France, Provincial de Paris (1967- 1975), assistant général (1975-1987). De Crosne à Hauteville et à Sèvres (1930-1967). François Péjac est né le 5 avril 1930 à Crosne (Essonne), dans une famille nombreuse. Il commence ses études secondaires au petit séminaire de Versailles (Yvelines) en 1940 jusqu’en 1943, les poursuit à l’alumnat de Soisy-sur-Seine (Essonne) de 1943 à 1944 et à partir de janvier 1945 aux Essarts (Seine-Maritime). Aux Essarts, il prend l’habit le 29 septembre 1946 sous le nom de Frère Marie -François et fait profession le 30 septembre 1947. Suivent deux années de philosophie à Lormoy (Essonne). Il y est brillant, fraternel et volontiers facétieux. C’est aussi sa première rencontre avec la maladie, la souffrance et la mort. le Frère Marie -Pierre Bruant est emporté par la tuberculose le 22 août 1948, âgé de 20 ans. En 1949, il commence sa théologie à Rome. Il revient en 1950 en France accomplir son service militaire au camp de Brétigny-sur-Orge (Essonne). Le 2 février 1952, il est hospitalisé pour infiltrat excavé au poumon droit. C’est la vie d’hôpital. Clamart, Bourges. Démobilisé le 26 septembre, il se soigne dans sa famille, mais souffre bientôt de sciatique et de coxalgie. A la mi-juillet 1953, il est admis au sanatorium du clergé, Hélios, sur le plateau de Hauteville (Ain). Cet établissement est entouré d’autres totalisant quelque 2000 malades de tuberculose. Le 24 octobre, le Jésuite supérieur de la maison écrit.« je n’ai vraiment que des éloges à faire sur le Frère Péjac. Il mène une vie de piété très régulière, a une joie continuelle, le goût du service, travaille sérieusement. C’est un excellent élément dans la maison. De plus son intelligence, son don d’accrochage, son sens des autres semblent indiquer d’excellentes possibilités apostoliques ». Peu après, Marie – François prononce ses vœux perpétuels le 27 novembre 1953 à Hauteville. Il devient rédacteur du journal catholique des malades. Il poursuit ses études, joue de la guitare, monte un atelier de modelage et de peinture pour préparer Noël. En novembre 1955, son supérieur le définit. Sujet remarquable à cause de son équilibre et de la diversité de ses aptitudes. Quelques jours plus tard, les analyses médicales inquiètent les docteurs et déchaînent son hilarité. n’a-t-il pas une tuberculose des oiseaux ou des bovins? Des savants néerlandais sont consultés dont nous ignorons les résultats. Lg patient est ordonné sous-diacre à Belley (Ain) le 17 décembre 1955. Mgr Vuccino lui confère le sacerdoce au monastère Saint-Joseph de Sceaux, le 27 mai 1956, où une de ses sœurs est moniale Orante. Revenu à Hélios, il se dépense en activités bibliothèque, chorale et théâtre, il explore la nature, lit Quoist et les bons auteurs de l’époque, se passionne pour les Ecrits Spirituels et découvre A.A en d’Alzon un père et non seulement un fondateur. En 1958, après une nette amélioration, il est transféré à l’ORSAC, sanatorium pour jeunes des mouvements d’Action catholique dont on lui confie l’aumônerie. Au bout de deux ans, il peut quitter l’ORSAC à condition de se ménager et de revenir à, Hauteville chaque année. Regretté de tous, il part pour la Cloche à Sèvres. Dans cette communauté assomptionniste en mission ouvrière, il découvre en profondeur le monde ouvrier dans le quartier et à travers les fraternités PSA. Il assure l’aumônerie de la J.O.C.F. et de l’A.C.O. Il continue ce ministère à la rue Bouret à Paris, de 1964 à 1967. Il aime rappeler le slogan des aumôniers en monde ouvrier: Rien n’est trop beau pour la classe ouvrière. Paris, Denfert-Rochereau et Rome, Due Pini (1967-1987). Depuis mai 1964, il est premier assistant du P. Brajon, Provincial de Paris, qui apprécie son bon sens, sa cordialité, son dévouement à toute épreuve et à qui il succède le ler juillet 1967. Il met tout son cœur et toute son énergie pour exercer cette charge délicate. Il a pour lui d’être aimé de tous, d’inspirer confiance et sympathie. En avril 1975, le Chapitre général aux Essarts l’élit assistant général. Il va passer 12 ans à Rome où ses pairs admirent la grandeur et la vivacité de son intelligence, son sens aigu de l’humour servi par quelques dons de portraitiste et de caricature, sa joie de vivre, son ardeur rayonnante. Provincial ou Vicaire général, il reste toujours tel qu’en lui-même, attentif à tous, bon conseiller, infiniment simple et proche de chacun, surtout de ses frères en difficulté. A Nanterre, La Défense (1987-1995). Nommé à la communauté de Colombes (Hauts-de-Seine), près de Paris, en 1987, il devient, à la suite du P. François Mudry, responsable du relais Jean XXIII, entre les tours Atlantique et Crédit Lyonnais, au quartier de La Défense. Au cœur de ce quartier d’affaires, le plus grand d’Europe, le Relais Jean XXIII est une paroisse d’entreprises qui fonctionne à l’inverse des communautés paroissiales traditionnelles, pas de jeunes, pas d’enfants, pas d’anciens, une eucharistie en semaine entre 12h 30 et 13 heures, des groupes de réflexion ainsi que des assemblées générales à partir de thèmes divers. Une chapelle est ouverte aux heures de bureau, une table d’hôte favorise des déjeuners en commun. la maladie vient le rejoindre dans cet apostolat exceptionnel qui le marque, un cancer contre lequel il lutte jusqu’au bout. Il meurt à Clichy-la-Garenne le lundi 31 juillet 1995. Ses obsèques sont célébrées en l’église parisienne de Saint-Dominique le 4 août et son corps est inhumé au cimetière Montparnasse. « Qui est François Péjac? Avant tout, un enfant d’une famille nombreuse, un enfant de la banlieue parisienne, conscient et fier de ses origines ouvrières. Espiègle, doué, aimant la vie et la nature, la guitare et les chansons de Brassens, il décompresse de la ville en bivouaquant dans la forêt.. ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 114-119. Assomption-France, Nécrologie année 1995, p. 322-327. Lettre du P. François Péjac au P. Wilfrid Dufault, Paris, le 25 avril 1967. Dans les ACR, du P. François Péjac, correspondances (1949-1979), nombreux rapports aux chapitres provinciaux et généraux. Témoignage du P. François Mudry sur l’apostolat à la Défense de Paris dans L’Assomption et ses OEuvres, 1984, n° 618, p. 2-6. Notices Biographiques