Marie-Joseph (Xavier-Joseph) NOVIER – 1858-1940

Précession à Stamboul.
« Curé de l’Anastasie en 1895, le P. Marie-Joseph Novier se préoccupe
d’introduire dans ce quartier musulman d’Istanbul, dit Stamboul, le culte
solennel et public du Saint-Sacrement,
à l’image de ce qui se pratique dans les quartiers européanisés de Galata
et de Péra. Mais comment vaincre l’hostilité de la population locale en
défilant bannières au vent dans les rues? Un ami des religieux, M. Akaoui
qui avait déjà ravitaillé les Pères assiégés dans leur maison en 1893, se
charge des démarches, se rendant avec un magnifique bouquet de roses
au commissariat turc du quartier. Il explique au chef de l’autorité
policière que les religieux ont l’intention de
faire une fête des roses le dimanche suivant avec drapeaux, oriflammes,
défilés, musique. Le commissaire est personnellement invité ce qui le
flatte. La fête des roses est d’ailleurs une tradition turque, sous le nom
de Gul Bairan. Une troupe de musiciens tchèques, jeunes gens peu habitués
aux cérémonies liturgiques, joue même des airs patriotiques: Général
Boulanger ou Père de la Victoire, dont le genre
détonne en cette circonstance, mais le commissaire ravi autorise la
procession pour les années suivantes ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Lyon, assistant provincial (1923-1932). Les débuts. Xavier-Joseph Novier est né le 13 août 1858 à Auxelles-Bas, à l’époque dans le Haut-Rhin, devenu commune du nouveau Territoire de Belfort après la guerre de 1870. Il est admis à l’alumnat de Clairmarais (Pas-de-Calais) en septembre 1875. En 1878, il entre au noviciat de Paris où il reçoit l’habit le 21 novembre 1878, sous le nom de Frère Marie- Joseph. Il commence sa formation théologique entre les maisons d’Arras et Paris. Atteint d’une grave fièvre de typhoïde à Paris en mai 1880, il est jugé dans un état si critique qu’il prononce ses vœux perpétuels in articulo mortes le 7 mai. Le P. Picard l’envoie en convalescence à l’alumnat de Nice (Alpes-Maritimes) où il prononce ses vœux perpétuels, guéri, le 8 décembre 1880. Il ne fait que passer à Osma en Espagne (juin-octobre 1881) avant de rejoindre le P. Victorin Galabert à Karagatch. Il va rester en Orient pendant 32 ans, le P. Galabert lui donnant au départ des leçons complémentaires de théologie. Studieux, autodidacte, le Frère Marie-Joseph enregistre tout, assimile facilement et sait présenter ses idées avec ordre et clarté. Il apprend le turc avec une rapidité désarmante, ce qui lui permet de composer une grammaire de la langue turque appréciée des connaisseurs, mais que par modestie il se contente de lithographier. Le 2 février 1883, il est ordonné prêtre à Philippopoli par Mgr Menini. Il est professeur à Karagatch de 1881 à 1885. Services et ministères. Nous retrouvons le P. Marie-Joseph professeur à l’alumnat de Nîmes (Gard) en octobre 1885, mais, en octobre 1886, il est déjà de retour en Orient, professeur au séminaire de Phanaraki (Turquie). Page : 75/75 En 1889, il est mis au service du noviciat de Phanaraki. En 1892, il passe le Bosphore et s’installe à Koum-Kapou où il reste plus de vingt ans, directeur de l’école pendant 12 ans (1892- 1904), supérieur de l’ensemble des oeuvres de 1904 à 1912. Lorsque le Saint-Siège érige Stamboul en paroisse latine et en paroisse grecque (1895), le P. Marie-Joseph en est nommé le premier curé et exerce la charge pendant 17 ans (1895-1912). C’est de cette période que date l’installation plus stable des oeuvres de Koum-Kapou, grâce à un achat de terrain en 1892, achat suivi de constructions pou les religieux et les Oblates. En 1895, la chapelle de Koum- Kapou devient l’Anastasie, centre des oeuvres d’Orient de rite grec. À la fin de l’année 1912, le P. Marie-Joseph est rappelé en Europe pour diriger l’alumnat de Bure (Belgique) et pour y suppléer le P. Burgard malade. Pendant la guerre, l’alumnat survit tant bien que mal. Un incendie survient le 29 janvier 1917, causant plus d’émotion que de dégâts. Après l’armistice de 1918, le P. Marie-Joseph est envoyé à Notre-Dame de Lumières (Vaucluse) prendre la direction du groupe de religieux démobilisés retraitants. De là il est envoyé en 1922 à la maison de Poussan (Hérault) qu’il s’agit d’organiser et d’aménager en alumnat. Au moment de la division de la Congrégation en Provinces (1923), il est appelé par le P. Elie Bicquemard comme premier assistant conseiller à Lyon où il va vivre 9 ans (1923-1932). Tout est alors à organiser. Il transfère le centre de la Procure des missions d’Orient de Paris, rue Camou, à Lyon. Il aime agrémenter ses journées de conseil par des travaux pratiques de reliure et de couture. En 1931, il est appelé comme témoin dans le procès diocésain du P. d’Alzon qu’il a connu personnellement à Clairmarais et à Paris. Au mois de juillet 1932, il est envoyé à la maison de Menton-Carnolès (Alpes-Maritimes) où il rend quelques services à la chapelle Saint- Joseph. Il y célèbre ses noces d’or sacerdotales le 5 février 1933. Fatigué et âgé à la fin des années 30, souffrant d’un tremblement nerveux, le P. Marie-Joseph est conduit à Lorgues (Var) en octobre 1939. C’est là qu’il meurt subitement, dans la nuit du 24 au 25 novembre 1940, à l’âge de 82 ans accomplis. Il est inhumé au cimetière de Lorgues. Page : 76/76

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion 1940, n° 933, p. 72-75; n° 834, p. 91-93, [ n° 836, p. 211-213 et n° 839, p. 240-242, ces deux derniers numéros, échos de souvenirs personnels du P. Zéphyrin Sollier, étant des tirés à part qui n’ont jamais été distribués en raison de la guerre]. Missions des Augustins de l’Assomption, 1941, n° 14, p. 101. Lettres d’Alzon, tome XIII, 1996, P. 459. Dans les ACR, du P. Marie-Joseph Novier, importante correspondance (1886-1932), rapports sur Koum-Kapou (1905-1906), Bure (1913-1920), sur Lumières (1921), sur Poussan (1923). Notices Biographiques