Marie-Jules CHICARD – 1842-1902

Hommage du ‘Moine’ au frère du Chevalier, Apôtre.
« Nous perdons un ami de la première heure en la personne du bien cher abbé
Marie-Jules Chicard, un des douze Assomptionistes du procès qui ouvrit la
persécution. Il s’est éteint en pleine connaissance, samedi 19 juillet
[1902], fête de St Vincent de Paul, à minuit. Marie-Jules Chicard se fit
religieux à la suite du premier pèlerinage de Jérusalem en 1882, dont il
fut un des membres fervents et où il s’attacha à l’Assomption. Le noviciat,
chassé alors par les décrets, était en fuite en Espagne, il le rejoignit.
Dans
le clergé séculier il s’occupait des vieillards des Petites- Sœurs des
Pauvres, devenu profès, il fut encore app1qué aux pauvres et travailla, à
la suite du regretté P. Pernet, à l’œuvre des Petites-Sœurs de l’Assomption
et aux Fraternités ouvrières…. Revenu plusieurs fois Jérusalem, son âme
poétique le rendit le barde des
pèlerinages où plusieurs de ses chansons, comme les Adieux
à Jérusalem, sont demeurées et se chantent encore chaque année. Il était
par sa piété et son entrain l’âme de nos fêtes
à la Bonne Presse qu’il aida beaucoup…».
Le Pèlerin, 1902.

Religieux français.

Un joyeux ’pèlerin’ du Poitou à l’Assomption.

Marie-Jules Chicard est né le 24 février 1842 à Paizay-le-Sec (Vienne), au diocèse de Poitiers. Il fait ses études secondaires au petit séminaire de Montmorillon et au grand séminaire de Poitiers où il est ordonné prêtre en 1865. Sans avoir l’humeur aventureuse de son frère prêtre, Célestin-Godefroy qui rêve d’être ‘moine ou bandit’, l’abbé Marie-Jules est nommé quelque temps surveillant à Montmorillon avant d’être appelé comme vicaire à Saint-Hilaire de Poitiers. Mais des maux de tête continuels l’obligent à quitter le ministère paroissial pour devenir aumônier chez les Petites-Sœurs des Pauvres à la Tranchée où il demeure 18 ans, en compagnie de ses vieux parents. Il rend également service chez les Frères de Saint- Gabriel qui animent un pensionnat d’élèves sourds-muets. En 1876, sa mère décède, suivie en 1878 du père de famille. Il fait alors la connaissance en 1882 de l’Assomption et du P. Picard lors du premier pèlerinage à Jérusalem. A 43 ans, libre de toute obligation familiale, il se décide à franchir le pas et en avise sa sœur, Justine, Carmélite sous le nom de Marie de jésus à Niort. En compagnie d’un autre prêtre du Poitou, son ami l’abbé Jean-Emmanuel Drochon, il se rend au noviciat d’Osma en Espagne où il prend l’habit le 15 août 1885. Un autre prêtre poitevin les rejoint l’année suivante, l’abbé joseph Chabant, le futur Père Lazare. C’est d’ailleurs une véritable ‘contagion’ qui va drainer vers l’Assomption plus de vingt vocations originaires de cette région dans les années suivantes. Au noviciat, l’abbé Chicard fait humblement et joyeusement son chemin de religieux, se mêlant aux plus jeunes et égayant les fêtes de famille de ses chants et de ses poésies. Avec eux, il se fait pèlerin sur les routes d’Avila, par monts et par vaux, durant vingt jours.

Hommage du ‘Moine’ au frère du Chevalier, Apôtre. « Nous perdons un ami de la première heure en la personne du bien cher abbé Marie-Jules Chicard, un des douze Assomptionistes du procès qui ouvrit la persécution. Il s’est éteint en pleine connaissance, samedi 19 juillet [1902], fête de St Vincent de Paul, à minuit. Marie-Jules Chicard se fit religieux à la suite du premier pèlerinage de Jérusalem en 1882, dont il fut un des membres fervents et où il s’attacha à l’Assomption. Le noviciat, chassé alors par les décrets, était en fuite en Espagne, il le rejoignit. Dans le clergé séculier il s’occupait des vieillards des Petites- Sœurs des Pauvres, devenu profès, il fut encore app1qué aux pauvres et travailla, à la suite du regretté P. Pernet, à l’œuvre des Petites-Sœurs de l’Assomption et aux Fraternités ouvrières…. Revenu plusieurs fois Jérusalem, son âme poétique le rendit le barde des pèlerinages où plusieurs de ses chansons, comme les Adieux à Jérusalem, sont demeurées et se chantent encore chaque année. Il était par sa piété et son entrain l’âme de nos fêtes à la Bonne Presse qu’il aida beaucoup…». Le Pèlerin, 1902.

Notices Biographiques A.A Il prononce ses vœux perpétuels le 15 août 1887 à Livry. Le Père Marie-Jules est nommé à la communauté de Paris. Il accompagne les pèlerinages de Jérusalem, ranime les courages dans les chevauchées de la Samarie et le soir, sous la tente, improvise des strophes avec un à-propos dont il a le secret. Dans la capitale, il s’adonne au ministère pastoral, particulièrement à la direction et à la confession des huit communautés de Petites-Soeurs de l’Assomption. Avec le P. Pernet dont il goûte la compagnie, il participe à ce ministère auprès des familles d’ouvriers et d’indigents que rencontrent et servent les religieuses, notamment par le biais des Fraternités. Il écrit d’ailleurs à leur intention de nombreuses poésies. Son ministère s’étend également à la chapelle de la rue François fer où il prêche chaque lundi soir aux réunions des Croisés du Purgatoire et chaque mardi aux membres de l’œuvre du Pain de Saint Antoine.

Les années troublées.

En novembre 1899 commencent les séries de perquisitions. Il est cité à comparaître au tribunal pour le fameux procès intenté aux Douze (1900) et la condamnation qui le frappe l’oblige à demander un indult de sécularisation et à vivre en isolé. Il reprend courageusement l’habit séculier. Une terrible épreuve, un cancer au rectum, l’oblige à cesser toute activité. Il va prendre quelque temps de repos en Poitou auprès d’amis fidèles et garde l’espoir d’une guérison. Le médecin, le Dr Hartman, est surpris de sa résistance physique. Le P. Marie-Jules souffre surtout des soins que la maladie exige, mais sans se résoudre à une intervention chirurgicale aussi délicate qu’aléatoire. Il meurt à Paris, le 19 juillet 1902, dans son appartement de l’avenue de Latour Maubourg, accompagné jusqu’à la fin par le P. Claude Allez et assisté par des Petites- Sœurs de l’Assomption. Le lendemain, on célèbre dans son petit oratoire, contigu à sa chambre, un service à sa mémoire et vers les 16 heures le corps est emporté jusqu’à Poitiers où a lieu la cérémonie funèbre. Le P. Marie-Jules est inhumé dans le cimetière des vieillards des Petites- Sœurs des XXXXX

Bibliographies

Bibliographie et documentation: L’Assomption 1902, n° 69, p. 134-137. Souvenirs 1902, n° 4, p. 13-14. Le Pèlerin, 27 juillet 1902, n° 1334, p.559. Natice biographique du P. Chicard par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. On doit au P. Marie-Jules Chicard de nombreuses poésies dont quelques-unes ont paru dans les revues de l’Assomption de l’époque (Souvenirs..) et un livre sur son frère, l’abbé Célestin-Godefroy Chicard, missionnaire en Chine, édité par la Bonne Presse. Quelques correspondances (1891-1900) figurent également dans les ACR.