Marie-Léon (Léon) POUJOULE – 1878-1914

San Remo, 29 avril 1914.
« Je comptais vous écrire à Rome quand votre dernière lettre de Paris nous
a annoncé votre départ pour l’Orient. Comme les années précédentes, je
viens vous demander la permission d’aller faire le recrutement des
vocations dans le Midi. D’après les indications du P. Didier [Nègre], le
Père Marie- Auguste Leclerc doit rayonner dans une région indiquée et ne
chercher qu’un nombre limité d’enfants. Par là j’ai vu que je pouvais
toujours glaner dans mon petit champ. Les fêtes de Pâques ici m’ont donné
un peu de surmenage matériel à cause de la chapelle. Mais comme c’était
pour le bon Dieu, je n’ai pas craint de dépenser quelques efforts en
supplément. Le grand tableau
du martyre de saint Alexandre, copie de l’original du Vatican, est achevé.
Il a au moins le mérite de dépasser les autres en taille. Sa valeur? Je
n’ose pas me prononcer. Une personne a bien voulu
l’estimer deux mille francs. C’est peut-être beaucoup, enfin je serai
content s’il peut donner quelques impressions de bien, de courage chrétien,
aux visiteurs qui le regarderont. C’est la prédication morale de l’image.
Durant le Carême, je fais le catéchisme à un petit Autrichien».

Notices Biographiques A.A

Religieux français. Jeunesse et formation. Léon Poujoule est né à Luc, au diocèse de Rodez (Aveyron), le 11 avril 1878. Au terme de ses études dans les alumnats d’Arras (Pas-de-Calais), de 1892 à 1894, puis à Clairmarais (Pas-de-Calais), de 1894 à 1896, il vient se présenter au noviciat de Livry (Seine-Saint-Denis) où il prend l’habit le 6 septembre 1896, sous le nom de Frère Marie-Léon. En avril de l’année suivante, il part pour Phanaraki (Turquie d’Asie) où il achève son temps de probation religieuse par la profession annuelle en septembre 1897, puis par la profession des vœux perpétuels, le 6 septembre 1898. Il est envoyé selon l’usage dans une maison d’œuvre, à Gallipoli (1898- 1900) avant d’entreprendre des études de philosophie à Notre-Dame de France à Jérusalem (19001901), puis des études de théologie à Rome (1902-1905). Il doit interrompre quelque temps ces dernières pour aller se soigner à San Remo (Italie), déjà atteint par la tuberculose. Le samedi des Quatre-Temps de décembre 1906, 17 décembre, il reçoit l’ordination sacerdotale à la cathédrale de Saint-Jean de Latran et, à la fin de l’année scolaire, il doit rejoindre San Remo. Malgré sa fatigue, il sait s’y rendre utile dans la mesure et même au-delà de ses forces: « Les petits italiens que je prépare à la première Communion et à la Confirmation viennent de recevoir ces deux sacrements. Encore quelques leçons, et ils réclameront leurs vacances. M’accorderiez-vous de passer deux ou trois jours à Vinovo pour voir les enfants dont j’apporte mis ensuite des nouvelles aux parents? L’un d’eux, parait-il, a eu le bonheur d’être accepté dernièrement parmi les pèlerins de Rome. En route je désirerais également voir quelques personnes qui s’intéressent positivement à notre belle oeuvre » écrit-il au P. Emmanuel Bailly, le 4 juin 1912, de San Remo. A.A Tous les ans, il va passer quelques semaines dans son pays natal dans l’espoir de recouvrir la santé mais aussi pour s’occuper de recrutement pour l’œuvre des alumnats. Il prend part activement à une fondation de sa paroisse, une oeuvre d’association sacerdotale, très active. Une personnalité forte et attachante. On le tient en singulière estime. Outre son zèle apostolique, il manifeste de réels talents: organiste, poète, peintre, esprit très cultivé, d’un abord facile, d’une piété profonde, il attire très facilement la sympathie. Cependant, de par son caractère réservé, il n’aime pas trop s’afficher en public; d’ailleurs sa santé toujours précaire lui interdit une trop grande activité extérieure, mais le rayonnement de ses vertus et de sa belle intelligence, ferme, judicieuse, font l’admiration de ceux qui l’approchent. Il se trouve en famille à Rodez en août 1914 quand éclate la première guerre mondiale. Ce contretemps l’oblige à prolonger son séjour plus longuement que prévu et il est convoqué à plusieurs reprises, au Conseil de révision. L’épreuve d’une mort prématurée. Le 8 décembre, il prend froid en attendant son tour, durant de longues heures. Ce même jour, son frère, Pierre-Joseph, prend l’habit au noviciat assomptionniste de Limpertsberg, au Grand- Duché de Luxembourg. Une pneumonie se déclare et la faiblesse de son état de santé ne lui permet pas de résister à la poussée du mal. Assisté par quelques religieux mobilisés à Rodez (Aveyron), les PP. Martial Enjalbert, Jean-Joseph Marcilhac, Marie-Lucien Couderc et Léandre Gayraud, réconforté par une visite de l’évêque du diocèse qui vient le bénir, Mgr Charles du Pont de Ligonnès, le Père Marie-Léon se montre jusqu’à sa mort tel qu’on le connaît, édifiant et joyeux. Pleinement conscient, il offre le sacrifice de sa vie qu’il sait menacée. A plusieurs reprises, il exprime le désir d’aller vers Dieu quand bon lui semblera. Il meurt doucement, au domicile de ses sœurs, Mlles Poujoule, à Rodez, le matin du 27 décembre 1914, à l’âge de 37 ans. Son corps repose au cimetière de Rodez.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion (L’Assomption aux armées) , 1914, n° 72, p. 1; n° 74, p. 1-5; n° 76, p. 1-2; 1925, n° 155, p. 680 (visite sur la tombe du P. Jean Marie La Fonta). L’Union Catholique de Rodez, 1914, n° du 25 décembre. Notice biographique par le P. marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du P. Marie-Léon Poujoule au P. Emmanuel Bailly, San Remo, 22 avril 1914. Dans les ACR, du P. Marie-Léon Poujoule, correspondances (1901-1914). Notices Biographiques