Marie-Louis (Louis) DEYDIER – 1872-1953

Union avec les Augustins?
« En ce qui concerne la question d’une union avec les Augustins, je ne puis
que vous répéter ce que j’ai dit au chapitre de Louvain: mon opposition à
toute union. Je n’ai pas le temps de
développer les raisons de cette opposition. Cette union apporterait
quelques avantages spirituels et beaucoup d’inconvénients dans la
continuation des œuvres très modernes entreprises par l’Assomption et
donnant un caractère bien distinctif à notre famille religieuse. Les
privilèges pourront être facilement obtenus de Rome quand nous serons
devenus plus puissants. Les PP. Aidan
[Kenny] et Omer [Rochain] sont du même avis et je ne crois pas qu’il y ait
un seul
A.A. en Angleterre qui désire cette union… Il serait encore préférable
d’avoir un Assomptioniste étranger [non français] comme Supérieur général,
si cela arrivait, que d’avoir un grand Augustin qui comprendrait
difficilement les œuvres modernes. Si le P. Gervais n’est pas réélu
Supérieur, je souhaite que le P. Ernest [Baudouy] le
remplace. Il est un de ceux qui sont le plus imprégnés de l’esprit du P.
d’Alzon ».
P. Deydier au P. Vailhé, Hitchin, 1.12.1928.

Marie-Louis (Louis) DEYDIER

1872-1953

Religieux de la Province de Paris.

Les déambulations au temps de la formation.

Louis Deydier naît le 13 avril 1872 aux Uffernets, commune de Saint-Paul de Tartas, près de Pradelles en Haute-Loire. Il est l’aîné d’une famille qui va compter 11 enfants. Après l’école communale, à cause de sa piété, on l’envoie au petit séminaire de la Chartreuse au Puy (Haute-Loire), de 1885 à 1887, et on l’aiguille sur l’alumnat Notre-Dame des Châteaux (Savoie), de 1887 à 1889. Il finit ses études littéraires à Nîmes (Gard), de 1889 à 1891, mais durant sa classe de première, il est atteint de la fièvre typhoïde et frôle de si près la mort qu’il fait des vœux (anticipés) de religieux in articulo mortis. Rétabli, le 15 août 1891, il entre au noviciat, à l’abbaye de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) et prend le nom de Frère Marie- Louis. Très vite il rejoint l’autre noviciat, sur les rives de la Marmara, à Phanaraki où il prononce ses premiers vœux le 8 septembre 1892 et ses vœux perpétuels le 15 août 1893. Selon l’usage, il interrompt sa formation personnelle pour enseigner (Koum-Kapou, 1893-1894; Kadi-Keuï, 1894-1896). Il est le factotum du P. Alfred Mariage, supérieur de la mission d’Orient. De 1896 à 1901, le Frère Marie- Louis étudie à Jérusalem où il est ordonné prêtre le 19 août 1900. De là il est envoyé à Phanaraki pour donner des cours aux novices (1901-1903). « Le P. Marie-Louis comprend très bien la vie religieuse. Il sera un bon religieux à qui on pourra demander tout ce que l’on voudra ». Cette affirmation du P. Baudouy ressemble à une prophétie, laquelle va se révéler très juste.

Ministère et fondation en pays anglophone.

Le P. Marie-Louis Deydier parle excellemment l’anglais. On pense immédiatement à lui pour assurer le développement de l’Assomption en Grande- Bretagne.

De 1903 à 1905, il est nommé chapelain de religieuses à Bethnai Green. Etant fatigué, ayant besoin de repos, il passe quelques mois à San Remo, sur la riviera italienne. En mai 1906, il peut retourner en Grande-Bretagne comme curé de Brockley où il va consacrer une bonne part de sa vie apostolique. Pendant la première guerre mondiale, il est mobilisé, de 1914 à 1917, à titre d’aumônier. Il revient à Brockley en 1917 jusqu’en 1919, l’année où il lui est demandé de prendre la direction du collège de Worcester (U.S.A.) à la place du P. Omer Rochain, un ancien condisciple en Angleterre. Son séjour à Worcester est marqué par une grande réalisation, l’agrandissement du collège (1921-1922), et par la catastrophe de l’incendie des 23-24 mars 1923 qui réduit en centre la partie centrale de l’édifice. Sans se décourager, il procède à la reconstruction et en 1923, il peut partir le cœur léger laissant derrière lui un collège en pleine prospérité et sans dettes. De 1923 à 1925, il est à nouveau rappelé à Brockley pour aider, à partir de 1925, à la reprise, par l’Assomption, du collège saint Michel de Hitchin, précédemment dirigé par les Pères de Saint-Edme. En 1932, Brockley, la paroisse de sa vie, lui ouvre à nouveau ses portes et il reste jusqu’en 1946. On peut dire quelle lui doit son organisation et sa fécondité tant sacerdotale que religieuse. Durant la seconde guerre mondiale, il fait la triste expérience des armes Vl et V2 qui mettent à mal l’édifice du culte où il officie. Immédiatement, il se met au travail pour en relever les ruines. On le nomme encore supérieur à Jérusalem (1947-1948), puis à la communauté des Essarts (Seine-Maritime), de 1949 à 1952. Sa dernière communauté est Perpignan (1952-1953), le collège Saint-Louis de Gonzague. Toute sa vie, le P. Marie-Louis se montre travailleur acharné, attaché de façon indéfectible à l’Eglise et à son enseignement, presque stimulé par les difficultés qu’il a pu rencontrer.

Une fin de vie abrégée rapidement.

Le P. Marie-Louis Deydier, arrivé à Perpignan à 80 ans, souffre des infirmités de la vieillesse, mais aussi du diabète. Il ne suit guère les prescriptions médicales. Le dimanche 25 janvier [1953], après une journée vécue à l’ordinaire, il reste longtemps le soir, dans sa chambre, à veiller et à prier à haute voix. Son voisin, le P. Deleporte, intrigué et incommodé, avertit vers 3 heures du matin le P. Rodolphe Martel, Supérieur, que le P. Marie-Louis ‘déraille’. Ce dernier meurt le lundi 26 janvier, dans la matinée. Les obsèques ont lieu le lendemain, mardi 27. Son corps repose provisoirement dans le cimetière Nord de la ville. La communauté de Perpignan se préoccupe en effet, à cette époque, de réunir dans une concession unique les restes mortels des deux autres religieux assomptionnistes inhumés à Perpignan, le Frère Aloys Rossi et le P. Hippolyte Lamberigts.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1954 p. 68. Lettre à la Famille 1953, no 149 p. 14-15. The Assumptionist, 1953, vol. X no 1, p. 17-18. Paris-Assomption, février 1953 (article du P. Rodolphe Martel). Correspondances nombreuses dans les ACR (1898-1947). Rapports sur Brockley (1907-1914; 1932-1939), sur Hitchin (1927-1932), sur Worcester (1920-1922 Le P. Marie-Louis Deydier a collaboré aux Echos de Notre-Dame (Jérusalem), au Guide de Palestine, édité par les A.A. professeurs à Jérusalem et il a fait traduire en anglais le Catéchisme en images. Il a écrit d’autre part des articles ans la revue de Worcester ‘Vers l’idéal’ (1920-1922). Notices Biographiques