Marie-Lucien (Lucien-Georges) VERDEAU – 1921-1980

Scy-Chazelles, 1947.
« Après en avoir référé à mon supérieur local et au P. Provincial [M.-G.
Filliol], je vous écris pour vous demander de vouloir bien m’obtenir les
dispenses nécessaires en vue de mon ordination sacerdotale à la fin de ma
3ème année de théologie. Les raisons que je puis faire valoir sont
celles-ci:
l° Faire coïncider mon ordonation avec les fêtes familiales et paroissiales
prévues pour l’ordination de mon cousin, dans le diocèse de
Verdun. Le chanoine Laurent et mon curé demandent qu’il n’y ait qu’une fête
paroissiale à l’occasion de 4 ordinations dont celles de mon cousin et de
moi.
2° Cette anticipation peut se justifier par le fait que j’ai perdu trois
ans durant le cours de mes études dont deux années au sana de Bligny.
3° J’ai atteint ma 27ème année. J’ai donc dépassé l’âge limite exigé par le
Droit canonique.
4° Mes épreuves de santé, l’âge et les infirmités ont aussi éprouvé mes
parents, mon père surtout, de telle sorte que cette dispense lui permettra
de participer pleinement aux joies de mon sacerdoce. A Scy les ordinations
sont fixées au 22 février ».

Religieux de la Province de France. Dans les épreuves de la guerre et de la maladie. Lucien-Georges Verdeau est né le 15 janvier 1921 à Verdun (Meuse). Il fait ses études secondaires à l’alumnat de Scy-Chazelles (Moselle), de 1935 à 1937, et à celui de Miribel-lesEchelles (Isère), de 1937 à 1939. Le ler octobre 1939, il prend l’habit religieux au noviciat de Nozeroy (Jura), sous le nom de Frère Marie-Lucien. Il y prononce ses vœux le 2 octobre 1940. Il commence alors ses études de philosophie et de théologie à Lormoy (Essonne). En juin 1943, il est appelé au service du travail obligatoire en Allemagne (S.T.O.). Pour y échapper il se cache dans une ferme. Les restrictions sont telles qu’en octobre 1944 la maladie l’oblige à entrer à l’hôpital Saint-Joseph à Paris. En février 1945, il doit gagner le sanatorium de Bligny (Seine-et-Oise) pour y subir une opération de la cage thoracique, une épreuve qui le marque à vie. Grand, mince, il ne peut plus travailler comme les jeunes de son âge. Il reprend ses études de théologie à Scy-Chazelles. Profès perpétuel le 21 novembre 1946, il est ordonné prêtre à Verdun le 29 juin 1948. Ayant su conserver sa bonne humeur, son courage et sa foi tout au long de son épreuve, le P. Marie-Lucien est d’abord envoyé en repos à Lorgues (Var), puis au noviciat de Nozeroy pour y remplir la fonction d’économe et assurer un cours de liturgie aux novices. Durant tout son séjour, il est obligé de se faire soigner par des insufflations régulières. A la mesure de ses forces qui restent faibles, il ne craint pas cependant, quand l’occasion se présente, de payer de sa personne en ce qui concerne le travail manuel. Jeune prêtre, plein d’optimisme et de zèle, aimant les contacts simples avec les gens,, il accepte aussi très volontiers de rendre service dans les villages environnants pour remplacer un prêtre défaillant. Page :281/281 L’air des montagnes du Jura lui réussit bien. A Vellexon. En 1951, le P. Marie-Lucien Verdeau passe à l’alumnat Etienne Pernet de Vellexon (Haute- Saône) comme économe de la communauté. Il va remplir cette charge jusqu’à sa mort, pendant 29 ans. Le P. M.-Edouard Wipf, son supérieur sur place, évoque ce long temps de présence à Vellexon. « L’alumnat Pernet, fondé en 1947, végétait alors dans la pauvreté. Le P. Verdeau n’avait pas peur de mettre la main à la pâte, accomplissant de durs travaux, comme celui de bûcheron. Il fallait débiter des stères de bois pour assurer le chauffage de la cuisine et de la maison. Sa santé en fut ébranlée. En janvier 1956, le P. Marie-Lucien doit gagner le sanatorium de Villers-le-Lac pour y subir l’opération de la thoracoplastie. On lui enlève 7 côtes. Ceux qui le voient à cette époque pensent qu’il ne pourra s’en remettre. Et pourtant à la fin du mois d’août, il reprend son poste à Vellexon. Cette extraordinaire résistance s’explique. en grande partie par son moral étonnant. Le P. Marie-Lucien est un optimiste impénitent. Il brave les difficultés de toutes sortes, semblant les ignorer, parce qu’il se sent capable de tout faire et de tout entreprendre. Cela explique son indépendance de caractère pour assumer à lui seul toutes les responsabilités de l’économat. Comme il reste un grand malade, on évite de le contrarier ». L’alumnat est fermé en 1965. Le P. Verdeau reste disponible pour rendre service à ses confrères dans le ministère paroissial. Lui-même ne prend jamais de vacances. Il devient avec les années de plus en plus sédentaire, passant ses journées dans son fauteuil à la cuisine, épluchant les légumes, égrenant des épis de mais pour la volaille. Il approvisionne la communauté, fait les courses, apporte le courrier et les provisions. Le soir, il gagne sa chambre en montant péniblement les escaliers, appuyé à la rampe, manquant de souffle. Le dimanche soir du 27 janvier 1980, il prend encore son repas en communauté. Mais c’est en gagnant sa chambre qu’il s’écroule, emporté par une congestion. Les obsèques sont célébrées à Vellexon le mardi 29 janvier. Page :282/282

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 90. Lyon-Assomption, avril 1980, n° 65, p. 17-18. Lettre du Frère Lucien Verdeau au P. Gervais Quenard, Scy-Chazelles, 3 décembre 1947.