Marie-Noel (Jean-Joseph) IZANS – 1902-1980

Postulation et Tiers-Ordre.
« Comme vice-postulateur à Paris de la Cause du P. Picard, je viens vous
rendre compte de l’état de la question ainsi qu’au P. Colette. Le procès
diocésain s’est clos au Tribunal le 27 octobre [1964]. On m’a remis toutes
les pièces pour les faire relier. J’ai reçu hier le travail achevé et je le
présenterai lundi
23 [novembre] à l’Archevêché. On m’a déjà annoncé que l’on comptait obtenir
l’apposition des sceaux par son éminence le cardinal Feltin, le 3 décembre
prochain. On me confiera alors le dossier pour être porté à la Congrégation
des Rites, sans tarder. C’est vous donner tout le programme. Si rien ne
cloche, j’aurai donc le plaisir de
recevoir votre bénédiction sur place. Le P. Colette sans doute me donnera
ses dernières instructions et décidera de la
date de mon voyage. En tout cas je serais heureux d’avoir à cette occasion
une audience de vous pour reparler un peu
longuement du Tiers-Ordre, si c’est possible. Je ne sais trop à qui
m’adresser dans la nouvel le Curie. J’en ai parlé au P. Paul Charpentier
qui n’a pas eu l’air de le savoir actuellement non plus. Je sens partout
des timidités, des hésitations, des
réticences. On a peur du nom de
Tertiaires…».

Religieux de la Province de France, Provincial de Bordeaux 1949-1950.

Un Bigourdan dans l’enseignement.

Jean-Joseph Izans est né le 22 avril 1902 à Aspin dans les Hautes-Pyrénées. Après ses années primaires à Anères jusqu’en 1910 et à la Maîtrise de Notre-Dame de Lourdes (1910-1914), il fait ses études secondaires à Elorrio (Espagne) de 1914 à 1919, achevées au séminaire diocésain de Saint-Pé (1919-1920). Il prend l’habit à Saint-Gérard en Belgique le 24 septembre 1920 et y fait sa première profession, le 25 septembre 1921, sous le nom de Frère Marie-Noël. Il part en 1922 pour le Proche- Orient, afin d’y accomplir son service militaire. De 1923 à 1925, il est à nouveau à Saint-Gérard pour ses études de philosophie. C’est à Rome qu’il suit les cours de théologie (1925-1929) : il y prononce ses vœux perpétuels le 25 avril 1926 et il est ordonné prêtre en la cathédrale de Saint-Jean de Latran, le 7 juillet 1929. Ses supérieurs orientent le nouveau prêtre vers l’enseignement et l’éducation. C’est sa mission jusqu’en 1957. Il commence par un professorat au collège Saint-Caprais (Agen, Lot-et- Garonne), tout en suivant des cours à l’Université de Bordeaux en vue d’une licence en philosophie. En 1932, titulaire de cette licence, il est envoyé au scolasticat de Scy-Chazelles (Moselle) pour une année au terme de laquelle il revient à Saint- Caprais. Il y enseigne magistralement la philosophie de 1933 à 1946, tout en s’intéressant comme Aristote aux progrès et aux découvertes modernes. Son humour et son entrain en communauté contribuent beaucoup à une vie d’équipe fraternelle. Au bout de 13 ans, il est nommé supérieur à l’alumnat de Cavalerie (Dordogne). En 1949, il accepte la lourde charge de Provincial de Bordeaux (1949-1950). Mais à la suite d’un différend qui l’oppose à la Procure de Layrac,

il préfère donner sa démission au P. Gervais Quenard et revenir à son attrait de toujours, l’enseignement, à Saint-Caprais (1951-1937).

Responsabilités à Paris et dans les Pyrénées.

L’année 1957 marque un tournant dans la vie du P. Marie-Noël: il est incorporé à la communauté parisienne de la rue François 1er et il collabore à l’œuvre de la Bonne Presse. Sa principale activité consiste à traduire des textes du Saint-Siège pour une collection que publie la maison. Il assume en outre la direction du Tiers-Ordre augustinien, groupe de laïcs attachés à la spiritualité de l’Assomption. Il rénove le bulletin de cette association intitulé Pages de vie augustinienne. Ainsi passe-t-il de l’enseignement de la philosophie à une divulgation de la spiritualité assomptionniste. En 1968, nouveau changement: le collège de Bétharram cherche un maître de philosophie. Le Père Marie-Noël accepte de le dépanner et retrouve ainsi ses racines pyrénéennes pendant deux ans. En 1970, il rejoint la maison de repos de Layrac (Lot- et-Garonne), mais encore vaillant, il préfère prendre pendant quatre ans la direction de l’aumônerie de l’école Sainte-Catherine de Villeneuve-sur-Lot tenue par des Dominicaines. On lui demande de réfuter le livre retentissant de Jacques Monod sur Le hasard et la nécessité. L’isolement lui pèse, il lui manque l’ambiance communautaire à laquelle il reste très attaché. Aussi lorsqu’un remplaçant est trouvé en octobre 1974, il revient définitivement à Layrac pour la dernière étape de sa vie. Il meurt, au terme d’une longue et douloureuse agonie entre le Samedi saint et le mardi de Pâques, 6 avril. Les obsèques du P. Marie-Noël Izans sont célébrées le jeudi 8 avril par Mgr Roger Johan, ancien évêque d’Agen. À la fin de la cérémonie, l’assemblée entonne l’Ave Maria de Lourdes que le petit Jean-Joseph chantait si souvent en la maîtrise des sanctuaires lourdais. Fervent lecteur des Pensées de Pascal et des oeuvres de saint Jean de la Croix, sans doute a-t-il su vivre dans la foi et l’espérance ces paroles écrite par lui dans le dernier numéro de Pages de vie augustinienne: « L’espérance fait toujours confiance à Dieu. Elle est théologale: ses motifs sont divins, son objet est divin. Sans Dieu aucune espérance n’est raisonnable. Mais avec Dieu, le Tout-Bon, le Tout-Puissant, le Tout Miséricordieux, aucun désespoir n’est raisonnable».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 92-93. Voulez-vous? (Layrac) 1980, n° 113, p. 19-20. Ouest-Assomption, avril 1980, n° 9, p. 9-12. Lettre du P. Marie-Noël Izans au P. Wilfrid Dufault, Paris, 21 novembre 1964. Dans les ACR, du P. Marie-Noël Izans, correspondances (1922-1965), rapports sur Prigonrieux-Cavalerie (1947-1949), sur la Province de Bordeaux (1949-1950), sur le Tiers- ordre (1963-1964). On doit au P. Marie-Noël Izans des articles dans Lilium (revue de Cavalerie) de 1947 à 1949, des articles sur Lourdes, le Curé d’Ars, Saint Vincent de Paul, sur l’Assomption en Angleterre (L’Assomption, 1964) et dans la revue Pages de vie augustinienne (1963-1966) sous les pseudonymes de ‘Anaref’ et de ‘Romain l’Observateur’