Marie-Raymond BOURRE – 1917-1987

Réflexions d’un automobiliste:

« Invoque Saint Christophe et va-t-en assuré. C’est la première fois que
j’ai un
volant dans les mains, un moteur par devant, des manettes tout autour et
des pédales par en bas. Il faut que tout cela marche en synchronisme alors
que dans ma tête le code est en débandade. Il y a des panneaux de dangers à
chaque tour de roue. Je ne pensais pas que la route est si semée
d’embûches. Un curé, c’est fait pour voir des tentations
partout et des carambolages d’où l’on se tire avec de la tôle froissée dans
l’âme. Attention: chaussée rétrécie. Mon orgueil voulait avaler le monde et
je dois me resserrer à la mesure de ma faiblesse. Attention, chaussée
glissante. Je pensais être sur une route facile. Le danger est là dans le
risque de dérapage par excès d’euphorie et de confiance. La route de la
sainteté, ce n’est pas un
‘billard’. Attention: montée. De deux choses l’une: ou bien cette montée me
cache une descente et c’est la descente qu’il faut craindre ou bien mon
moteur peine et je veux à tout prix garder ma vitesse. Mon curé m’avait
dit: pliez-vous
aux exigences du terrain. Si ça tire un peu trop, sachez rétrogader…
Apprendre à conduire ou bien apprendre à se conduire? Passeur.

Religieux de la Province de France.

Un quasi-parisien.

Raymond est né le 2 juillet 1917 à Ivry-sur- Seine dans la Seine à cette date, dans le Val- deMarne aujourd’hui, dans une famille très liée avec les Petites-Sœurs de l’Assomption. Il suit l’école communale de 1925 à 1930 avant d’entrer à l’alumnat du Bizet, sur la frontière franco- belge (1930-1933), et de finir ses humanités à Clairmarais (Pas-de-Calais) de 1933 à 1935. Le 2 octobre 1935, il prend l’habit au noviciat des Essarts (Seine-Maritime) sous le nom de Fr. Marie-Raymond et la direction du P. Marie- Albert Devynck. Il est admis à prononcer ses premiers vœux le 3 octobre 1936: « D’une intelligence moyenne, sans imagination et sans chaleur, le Fr. Marie-Raymond se montre complaisant, confiant et affectueux. Très sociable, très docile, il a de la bonne volonté mais pas assez d’énergie ». Avant d’entreprendre les études de philosophie, il fait une année scolaire complémentaire à Layrac (Lot-et- Garonne), durant laquelle il obtient deux certificats de licence (latin et grec). Les deux années de philosophie se déroulent à Scy- Chazelles (1937-1939). Vient l’année du service militaire, accompli au Mont Valérien près de Paris (1939-1940). Puis ce sont les études de théologie à Lormoy (Essonne) pendant la guerre (1940-1944). Il y fait profession perpétuelle le 3 octobre 1941, sur la chaude recommandation du P. Athanase Sage: « Excellente vocation! Fr. Marie-Raymond est distingué, délicat, parfois même scrupuleux. Il donne pleine satisfaction ». Puis vient l’ordination, le 12 juin 1943 à Lormoy également.

Les années de service ministériel.

De 1943 à 1951, le P. Marie-Raymond enseigne à l’alumnat de Vérargues, petite localité de l’Hérault, près de Lunel.

Il est nommé ensuite vicaire à Saint-Christophe de Javel (1951-1966), paroisse parisienne dans le XVème arrondissement, puis administrateur de la paroisse Sainte-Thérèse des Joncherolles à Pierrefitte (Seine-Saint-Denis), milieu très populaire de la banlieue nord de Paris (1966-1973). L’année suivante, on lui demande de venir en aide à l’économe provincial à Paris, avenue Denfert-Rochereau, le P. Xavier Korbendeau. En 1974-1975, c’est encore une année provisoire qui s’ouvre pour lui puisqu’il assure un intérim à la Procure des Essarts, succédant au P. Louis Vivien et attendant la relève par le P. Romain Ponsard. Il retrouve le travail pastoral qui lui plaît au Mesnil-Longpont près de Montlhéry (Essonne). Depuis 1981, il réside à Longpont, près de la belle basilique et fait partie de l’équipe pastorale du secteur de Montlhéry. Atteint d’un cancer, il meurt le 27 mars 1987, à l’âge de 60 ans. Les obsèques, présidées par l’évêque de Corbeil, Mgr Guy Herbulot, sont célébrées le lundi 30 mars 1987 en la basilique de Longpont- sur-Orge.

Un homme proche des siens.

On ne dispose pas, malheureusement, de beaucoup de renseignements écrits plus personnels sur le P. Marie-Raymond. Religieux cultivé, lucide et prudent, il est un conseiller très estimé dans les communautés, de bonne compagnie, d’un caractère heureux, accueillant et compréhensif, sachant travailler en équipe pastorale dans ses lieux d’insertion tout en veillant à l’équilibre des exigences d’une vie religieuse communautaire. En juin 1963, il demande à son provincial, le P. Paul Charpentier, d’entourer sa famille éprouvée: « Pouvezvous me donner l’autorisation de partir un mois, le mois d’août en Bretagne à Ploucour-Trez avec maman [Emilie Nagels] dont la santé et le moral ont été très atteints par la mort de mon père [Auguste Bourré] cette année. Le P. Supérieur de Javel [Tharcisius Santu] m’a déjà donné son accord ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (IV) 1987-1990, p. 5. Le Passeur, organe de la paroisse St Christophe de Javel (Paris XV), avril 1966, n° 97, p. 12-13. Assomption-France, Nécrologie, 1987, p.126.