Marie-Roch (Pierre Sylvain) CHANIAL – 1912-1992

Supérieur démissionnaire.
« Je vous envoie ma démission de supérieur de l’alumnat de Davézieux. Ce
n’est pas par lâcheté, bien que cette charge soit lourde à porter pour
quelqu’un qui n’a pas 4 ans de vie religieuse dans les œuvres, les 6 autres
s’étant passées à la guerre et en Allemagne, et qui est le plus jeune de la
communauté. C’est pour protester contre un abus manifeste qui met l’alumnat
de Davézieux dans une situation impossible. Cet abus consiste en ce que les
supérieurs des collèges, soucieux de la bonne marche de leur œuvre,
imposent leur volonté pour la nomination
des religieux. Il est constant que les collèges accaparent les meilleurs
éléments, les alumnats de grammaire devant se contenter ‘de ceux qui
restent’, quelles que soient leurs capacités, leurs incapacités ou leurs
tares, tout ceci au détriment du bien général, les alumnats étant et
restant pour longtemps encore sans doute l’unique source de recrutement
pour le noviciat. Le système est devenu:
‘débrouillez-vous comme vous pourrez’. La formation des alumnistes doit
passer avant celle des vignerons du Midi!…
».
P. Chanial 26.08.1947.

Religieux de la Province de France.

Années de formation.

Pierre Sylvain naît à Barges, dans la Haute- Loire, le 16 octobre 1912. Il fait ses études secondaires de 1923 à 1928 à l’alumnat Saint- Roch de Poussan (Hérault), alumnat ouvert en 1922 avec 3 élèves, transféré en 1933 à Vérargues (Hérault). Le jeune Pierre entre au noviciat de Scy-Chazelles (Moselle) le 28 octobre 1928 et fait sa première profession, sous le nom de Frère Marie-Roch, au noviciat des Essarts (Seine-Maritime) le 1er novembre 1929, noviciat dirigé alors par le P. Léonide Guyot. Il revient à Scy-Chazelles l’année suivante pour une année complémentaire, puis se rend en Belgique, à Saint-Gérard, pour deux ans de philosophie et une année de théologie. Après son service militaire à Lille (1934-1933), il termine ses études ecclésiastiques à Lormoy (Essonne) où il est profès perpétuel le 21 novembre 1933 et ordonné prêtre le 21 février 1937.

Au service des alumnats.

Peu après, il est envoyé à l’alumnat de Vérargues pour remplacer, d’avril à juin, le P. Modeste Perié, professeur de seconde. Frappé de congestion cérébrale, ce dernier va mourir le 14 février 1938, âgé de 42 ans. Après ce remplacement provisoire, le P. Marie-Roch, à la fin de l’été 1937, est nommé à l’alumnat de grammaire de Davézieux (Ardèche) où depuis une dizaine d’années l’Assomption a implanté un petit séminaire pour les départements en bordure du Massif Central. Il y est professeur de 6ème. Nommé supérieur en 1939, il ne peut entrer en fonction qu’en 1945: il connaît la mobilisation et surtout une longue captivité en camp dans la Prusse-Orientale. Il est ensuite affecté à Vérargues (1953-1954), puis supérieur de l’alumnat de Soisy-sur-Seine (1954-1956).

Partisan de méthodes plus modernes dans l’éducation, notamment pour initier les jeunes au mystère de la vie, il se met dans une situation difficile et même dangereuse. Bien que tout à fait innocent moralement et soutenu par les religieux de la communauté, le P. Chanial de lui-même présente sa démission et demande à être éloigné des lieux pour ne pas nuire à l’œuvre. Après avoir passé les fêtes de Noël aux Joncherolles, près de Saint-Denis, il est envoyé comme recruteur pour l’alumnat de Chanac (Lozère) les années 1956-1957, puis repris comme professeur à Davézieux de 1957 à 1962 et enfin éducateur à l’orphelinat d’Arras de 1962 à 1963.

Dans la vie pastorale.

C’est ensuite le grand virage vers la pastorale paroissiale. Le P. Marie-Roch est désigné comme vicaire à Sainte-Thérèse de Montpellier de 1963 à 1965. Revenu à Davézieux, il est nommé curé de la paroisse et le reste 23 ans. Il est en outre supérieur de l’alumnat jusqu’à sa fermeture en 1970, puis supérieur de la communauté jusqu’en 1977. Homme méthodique, vigilant et ouvert, il aime le travail d’équipe. Jovial et plein d’entrain, il surprend par sa grosse voix, se montre dévoué dans les missions confiées et soucieux de renouvellement. En 1977, les infirmités l’ont déjà atteint depuis plusieurs années, sans entamer son courage. Elles nécessitent cependant des opérations à la suite desquelles il est jugé approprié pour lui de rejoindre la maison de repos de Saint-Sigismond (Savoie). Nous sommes au printemps 1992. Il n’y fait pas souche puisqu’il meurt le 27 décembre, peu après minuit. Le P. Joannès Dufaud, ancien élève et ancien compagnon du P. Marie-Roch, célèbre les obsèques le 29 décembre. Le corps du défunt est transféré à Davézieux où il repose au cimetière, sous la croix des pasteurs, auprès des PP. Damascène Dhers, Symphorien Terraz et du Frère Jean-Baptiste Lagarde, autres religieux qui ont travaillé au bénéfice de la paroisse de Davézieux.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologie (V) 1991-1992, p.80-81. Assomption France, Nécrologie 1992-1993, p. 261-262. Les ACR conservent les rapports du P. Marie-Roch Chanial sur Vérargues (1953-1954), Davézieux (1945-1953), Soisy (1954-1956).