Marius (Marius-Louis) DUMOULIN – 1887-1972

Un jubilé d’or.
« J’ai bien reçu cette semaine vos vœux anticipés et les images du P.
d’Alzon qui y étaient inclus et je vous en remercie de tout cœur. Les
images du vénéré fondateur célébrant la messe ont fait la joie de la
communauté autant que la mienne. Il a fallu les faire partager à tous, et
elles ont disparu de la salle commune avec une rapidité de bon augure.
Honneur au bon goût de l’artiste qui en a eu
1’inspiration! La fête jubilaire a été fixée au 4 mai’, fête de Sainte
Monique, circonstance accidentelle qui réjouit ma piété, et un samedi jour
férié,
ce qui permettra aux intéressés et à nos religieux des maisons voisines de
prendre part sans grand dérangement à la messe et aux agapes qui suivront.
La messe aura lieu à 10h30 et c’est le P. Marcellin Parent qui fera le
sermon de
circonstance. Ma joie serait grande à l’approche de cet anniversaire, si je
n’avais vraiment quelque chose à offrir à Dieu (sic). Mais je me sens si
vide, si dépourvu de tout, que j’ai honte de me regarder moi-même. Du
moins, j’ai à offrir au Seigneur Celui qu’il nous donne, Jésus- Christ, et
je suis sûr de l’indulgence du Père.
P. Marius, Worcester, 11 mars
1963.

Marius (Marius-Louis) DUMOULIN

1887-1972

Religieux français de la Province d’Amérique du Nord.

Un Savoyard sur les routes de l’Assomption.

Marie-Louis Dumoulin naît le 11 juillet 1887, dans un petit village savoyard du massif des Bauges, La Compôte, au diocèse de Chambéry: là altitude, climat, traditions ancestrales tout contribue à former des corps robustes et des âmes saines. Une des sœurs est religieuse dans la Congrégation de Chavanoz. A onze ans, il est admis à l’alumnat de Notre-Dame des Châteaux (Savoie) où il passe 4 ans (1897-1901), sous la direction du P. Théodore Defrance, ancien chartreux devenu assomptionniste; de là il va à Brian (Drôme) achever ses humanités (1901-1903). A l’été 1903, à l’âge de 16 ans, il entre au noviciat de Louvain où il prend l’habit le 18 octobre et le nom de Frère Marius. Au terme de son année canonique de noviciat, il prononce ses vœux simples, le 18 octobre 1904. De 1905 à 1908 il étudie la philosophie, toujours à Louvain où il est reçu profès perpétuel le 7 juin 1907. On lui demande un service d’enseignement dans une maison d’œuvres, Bure de 1908 à 1910. Il revient ensuite commencer ses études de théologie à Louvain, de 1910 à 1912, la 3ème année se faisant à Jérusalem où il est ordonné prêtre le 13 juillet 1913, et la dernière à Rome (1913-1914). Il est prêt pour l’apostolat. Son premier ministère est pour Vinovo (Italie) comme sous-maître des novices du P. Léonide Guyo. En 1915, il enseigne la littérature à Ascona en Suisse. En 1916 il est mobilisé comme brancardier et son dévouement sur les champs de bataille lui vaut une citation en 1917. Il est fait prisonnier le 28 mars 1918, détention qu’il va subir dans le Hanovre, alors que, retournant chercher des blessés, il s’arrête pour donner l’absolution à un camarade mortellement touché. Il ne sera libéré que le 6 janvier 1919, après 9 mois d’une rude captivité.

Un demi-siècle en Amérique, professeur de latin.

Les Supérieurs l’envoient, après un temps de repos en famille, au collège de Worcester aux U.S.A. où il arrive le 6 janvier 1919. On lui confie les classes d’éléments et l’initiation des jeunes élèves au latin. Professeur consciencieux et remarquable, il réussit à faire aimer les matières de son programme, un peu aride pour des jeunes parfois tentés de ne considérer que les matières plus ‘utiles’. Un de ses grands mérites, c’est d’inculquer dans de jeunes cerveaux un certain enthousiasme pour ces exercices parfois austères de déclinaisons, d’exceptions, de nomenclatures ou de vocables éloignés de la langue courante des élèves. Il les initie à l’art des thèmes et des versions. Professeur chevronné, il connaît la valeur de la répétition, des reprises, des corrections qui, comme la goutte sur la pierre, finissent par l’emporter. Il ne s’énerve pas, il garde toute sa patience et, avec ce sourire qu’on lui connaît, il reprend année après année le dur apprentissage pour les débutants, cela pendant presque 50 ans. C’est parce qu’il aime la jeunesse qu’il peut apporter à son travail quotidien la volonté, la persévérance et l’application nécessaires. Il sait aussi qu’en éducation, tous les âges comptent et qu’il ne faut surtout pas négliger les commencements, pour ne pas handicaper le parcours ultérieur des jeunes élèves… Le 2 juin 1957, il peut chanter avec fierté la messe de la Pentecôte et célébrer au milieu des élèves et des membres de la communauté du collège ses 50 ans de vie religieuse. Fidélité pour lui se conjugue aussi bien sur le mode de la vie religieuse ou sacerdotale que sur le plan de l’activité professionnelle. En 1963, il récidive avec la célébration de ses 50 ans de vie sacerdotale.

C’est au collège de Worcester qu’il meurt le 25 juillet 1972, à 85 ans. Il y est inhumé.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 239. L’Assomption Worcester, décembre 1955, p. 162-164; août 1957, p. 354. P. Marius Dumoulin, héros de guerre, professeur de latin par le P. Richard Richards et récit de sa capture par les Allemands, 5 pages. Assumptionists Deceased in North America, p. 8. Correspondances du P. Marius Dumoulin dans les ACR (1904-1963). Pendant la première guerre mondiale, le P. Marius a donné de nombreuses chroniques de sa vie militaire et de prisonnier, dont plusieurs ont parues dans la Lettre à la Dispersion. Le Père Dumoulin a donné plusieurs articles également dans la revue du collège de Worcester ‘Assomption’ revue qui devient plus tard Assumption. Notices Biographiques