Martin (Hendrik Antoon) KLOMP – 1929-1986

Bergeijk, 1966.
«Il y a longtemps que je ne vous ai pas écrit. Je le fais parce qu’il y a
des choses qui me réjouissent et d’autres qui me tracassent. Il y a tant de
choses qui changent, ici dans la maison, en Hollande et dans le monde! Il y
a 15 ans, la chapelle était pleine, maintenant il n’y a plus que les
premiers bancs qui sont occupés. Le nombre des vocations diminue fortement.
Les dernières années j’ai un peu perdu la tête. Il y a 8 frères de v?ux
perpétuels ou temporels qui sont partis en quelques années. Cela me
perturbe, bien que pour eux ce soit peut-être la meilleure solution. Le
sens de la vie de frère convers se perd, qu’est-ce qu’on ne raconte pas
dans les médias! Même pendant une retraite, on disait:’Les frères convers,
on ne sait qu’en faire, ni Boxtel, ni à Bergeijk’. On nous posait la
question:’Que pensez-vous de votre vocation?’.C’est pourquoi je
me suis mis à écrire quelque chose sur le sujet. Je me servirai des textes
conciliaires sur l’Eglise, la liturgie, l’adaptation des couvents et le
renouveau de la vie religieuse, des prescriptions du chapitre de 1964. Une
chose me peine, le Frère Tini Van Beurden a été refusé aux v?ux. La
révision de son rapport est-elle possible».

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Un choix contrarié.

Hendrik Antoon Klomp voit le jour à Gemonde- Boxtel aux Pays-Bas, le 21 mai 1929. Après l’école primaire Sint-Lambert à Gemonde, une année au collège à Sint-Michielsgestel, il vient à Boxtel en 1942 pour y suivre le premier cycle du secondaire, puis entre, en 1944, à l’école apostolique Sainte- Thérèse à Boxtel. En août 1948, il doit interrompre ses études pour raison de santé. Après un an de repos et quelques mois de postulat à Halsteren, il reçoit l’habit assomptionniste et prend le nom de religion de Martin, par dévotion à sainte Thérèse Martin de Lisieux, le 7 mai 1950. L’année suivante, il prononce ses premiers v?ux le 8 mai 1951. « Le Frère Martin, à la suite d’une adoration prolongée, a eu le lendemain matin une petite crise de nature épileptique. Il a eu la même chose à Boxtel, par deux fois, durant les quatre ans qu’il y a passés, une fois au réveillon de la nuit de Noël et une seconde fois, le lendemain d’une grande promenade. Après consultation d’un médecin spécialisé et après une longue hésitation, on a conseillé au Frère de ne pas poursuivre ses études, ce qui lui a causé une grande souffrance. Le Frère Martin est une belle âme, je pense que sa santé ne présente pas d’obstacle à une vie de Frère coadjuteur »: cette observation du P. Domitien Meuwissen conduit le Frère Martin à voir son choix primitif modifié. Il est chaleureusement accepté aux v?ux perpétuels, le 9 mai 1954 à Bergeijk: « Le Frère Martin est un religieux extrêmement sérieux et dévoué. Dans l’impossibilité de devenir prêtre, il veut, tout comme sainte Thérèse de Lisieux, être utile aux prêtres et aux âmes par son effacement et sa prière. Malgré les apparences, le Frère possède une piété très réelle et mâle. Humble, obéissant et délicat, il est bien préparé à la profession perpétuelle.

Malgré les difficultés que nous a causées son mal, le Frère est appelé à devenir une vraie source de grâces pour la Congrégation » souligne le P. Albertus Boeckhorst, assistant provincial de Hollande en 1954.

Services et résidences.

D’abord affecté à la maison d’Alzon de Nimègue où il est portier et sacristain, le Frère Martin qui reprendra par la suite son prénom usuel d’Antoon, est attaché, à partir de 1952, au scolasticat de Bergeyk (1). Il est chargé des services de la porte, du parloir et du ‘Pain de la journée’. De 1966 à 1968, il assume une tâche d’administration auprès du P. Frans Heijnis qui assure à la radiodiffusion des causeries religieuses hebdomadaires. Puis on retrouve le Frère Antoon à Boxtel, château de Stapelen, comme sacristain. Il se dépense avec c?ur à la décoration de la chapelle, à la polycopie de textes et à l’accompagnement des cérémonies. Il s’intéresse en outre à la paroisse de Gemonde, à ses activités et publie un opuscule sur l’histoire de son village natal. Victime d’une hémorragie cérébrale et transporté à l’hôpital de Zeist, le Frère Antoon y décède le lendemain, 3 juin 1986, à l’âge de 57 ans accomplis. Ses obsèques sont célébrées à Gemonde.

Du Frère Martin et de la vocation de Frère.

« Ma tâche c’est d’écrire la vocation du Frère convers dans une Congrégation cléricale, la place et la tâche de cette vocation dans l’Eglise, les possibilités d’apostolat du Frère en Hollande et en pays de mission. Je prends pour point de départ septembre 1966. Je ne sais pas si tous les Frères seront d’accord et suivront mes conseils. Je n’ai pas la prétention d’être complet et je respecte toute critique pourvu qu?elle soit constructive. Ce ne sera pas de la théorie, mais du concret partant de la vie, puisque ce sera en partie ma propre vie. Ce propos suffit comme introduction ».

(1) On trouve en effet deux orthographes de ce nom de lieu : Berjeijk Bergeyk.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 125-126. De Schakel, 1986. Dans les ACR, du Frère Martin Klomp, correspondances (1954-1967), un texte de 18 pages non daté mais dactylographié et signé de sa main, intitulé ‘De Broeder in een Priestercongregatie? (Du Frère dans une Congrégation de prêtres). Lettre du Frère Martin Klomp au P. Domitien Meuwissen, Bergeijk, 22 septembre 1966 (traduction du P. Louis Augustijns). La notice relève que le Frère Martin a publié un opuscule sur l’histoire de son village natal dont nous n’avons pas trace dans les ACR.