Matheus (Piet-C.) VAN HERKHUYZEN – 1915-1973

Rio Preto, 1949.
« Voici les photos que nous avons prises au champ d’aviation. Comment
allez-
vous? Ici tout va très bien. Nous sommes déjà en train de nous préoccuper
des élèves. Nous en avons recruté déjà 10 de sorte que nous avons
l’espérance d’arriver jusqu’au chiffre de 30 ou de 40 nouveaux. Cela va
donner un peu d’animation. J’ai donné au P. Ewald [Berg] les statistiques
de tous les séminaires de réguliers et de séculiers au Brésil. Les chiffres
sont de l’année 1945, cela prouve que les autres arrivent très bien à
recruter un bon quota d’élèves. Si les autres le
peuvent, nous aussi nous le pourrons. Nous vous souhaitons un bon voyage
(a) et une rentrée pleine de joie. Daignez accepter l’assurance de notre
soumission filiale ».
P. Matheus.
(a) Allusion au calendrier du P. Gervais Quenard qui a entamé en août 1948
son dernier grand voyage dans les deux Amériques, en commençant par le
Nord, une visite qui va durer près de six mois avec près de
13.000 km. Il termine par le Brésil en décembre 1948 où, après la visite
des religieux hollandais, il prend un peu de repos à Teresopolis. Le 17
février 1949, il prend le bateau à Rio pour Le Verdon.

Religieux hollandais de la Vice-Province du Brésil. Une vie de religieux missionnaire sur deux fronts. Piet-Canisius Van Herkhuyzen (1) est né aux Pays- Bas, à Nimègue, le 5 juillet 1915. Après ses études secondaires à Boxtel (1927-1933), il entre au noviciat des Assomptionnistes à Taintegnies en Belgique où il prend l’habit le ler octobre 1933 et où il prononce ses premiers vœux le 2 octobre 1934, sous le nom de Frère Matheus. Le P. Romanus Declerq est son maître des novices: « Ce religieux est encore jeune. Son caractère a été source de bien de périodes difficiles, notamment au contact de l’ex- Frère Thaddeus dont l’influence lui fut néfaste. Mais le Frère Matheus ne manque pas d’atouts: c’est un religieux très dévoué et très soigneux. Il a un peu hésité sur le cours de sa vocation, m’ayant demandé à partir et à rentrer dans le monde en juillet 1934. Après cette épreuve, il a repris confiance et pense maintenant pouvoir porter le joug de la vie religieuse. Même s’il s y est mis un peu tard, je crois que l’on peut faire fond sur sa sincérité absolue ». Le Frère Matheus prononce ses vœux perpétuels le 2 octobre 1937 à Louvain. Il étudie la philosophie à Saint-Gérard, de 1934 à 1937, la théologie d’abord à Louvain (1938), puis à Bergeyk jusqu’en 1942. Le 31 mai 1942, il est ordonné prêtre à Bergeyk. Ayant suivi à Nimègue des cours pour missionnaires, il part pour le Brésil en 1946. De 1953 à 1961, il travaille à la mission du Zaïre (ex-Congo), ayant été transféré pour six ans à la Province belge. Puis il retourne au Brésil où il collabore à la formation des séminaristes à Pinhal, tout en s’occupant de ministère paroissial dans les environs. Sa féconde vie sacerdotale est brutalement interrompue par un infarctus, un dimanche des Rameaux, le 15 avril 1973. Il est inhumé à Pinhal. Page :213/213 La joie de porter le Christ à tous. Le P. Matheus est mort relativement peu âgé. Il a accompli sa tâche jusqu’au soir du Dimanche des Rameaux, ressentant seulement le soir une douleur à la poitrine et pensant qu’il n’y avait là rien de grave. L’employée, Mme Santa, qui avait soigné pendant dix ans le curé, l’abbé José, souffrant d’une maladie de cœur, a pressenti qu’il y avait lieu d’avertir un médecin. Celui-ci a bien constaté que la pression artérielle et le pouls étaient tout à fait normaux et a cependant fait une injection pour calmer la douleur. C’est au matin qu’elle a entendu un bruit parvenant de la chambre du P. Matheus. Elle s’est précipitée vers lui pour constater qu’il était en train de mourir. Tout le monde arrive trop tard et la consternation est générale. Selon la loi, il doit être inhumé l’après midi même, mais à la demande de l’évêque on réussit à différer la cérémonie funèbre jusqu’au lendemain, lundi. Le maire décrète trois jours de deuil officiel. Mgr Tomas Vaquero préside l’Eucharistie des funérailles et toute la population suit le convoi funèbre à pieds jusqu’au cimetière des Assomptionistes, distant de 3 km de l’église. Le frère des PP. Matheus et Canisius [lesquels sont morts tous deux à cinq mois d’écart], Serafinus, ressent la présence réconfortante de ses aînés pour continuer à porter le poids de ses jours jusqu’au temps marqué. Le P. Matheus n’a-t-il pas écrit en 1967: ‘J’ai cherché à porter le Christ en toute sincérité, toujours avec joie’. Evocation de ses années de ministère au Congo. Le P. Matheus passe quelques années au Congo où travaille son frère, le Père Stefanus. Il arrive dans le pavs en 1953 et connaît plusieurs postes: Béni, Bunyuka, Kyondo, Luofu. Après 1957, il vient faire un intérim à la Procure. On repère vite son attitude: quand un religieux s’annonce et qu’il le voit arriver de loin, il quitte son bureau pour le rejoindre et s’informer de ce dont il a besoin. Après un congé, au début de l’année 1960, le P. Matheus estime qu’il vaut mieux éviter les troubles probables qui vont accompagner les manifestations en faveur de l’indépendance, accordée en juin 1960. Comme lui, son frère, le Frère Stefanus (2), après un quart de siècle passé au Congo, opte pour une nouvelle tranche de vie au Brésil. Le P. Matheus laisse au Congo le souvenir d’un religieux surnaturel, zélé, serviable, respectueux des plus petits. Il s’est montré très dévoué et ponctuel pour tous les services qui lui sont demandés. En communauté, c’est un confrère agréable. Cette réputation le suit au Brésil où ses paroissiens le nomment ‘le saint’. Sa tombe reste longtemps fleurie. (1) On trouve plusieurs transcriptions pour son nom: Van Herkhuyzen, Van Herkhuisen… De même son prénom se trouve parfois orthographié Mattheus ou Matheus ou Mateus ou encore Matteus, selon les époques et les lieux. Quant à son double prénom de baptême, on le rencontre tantôt sous la forme latine Petrus ou, parfois, celle de Canisius ou encore sous la forme néerlandaise Piet. (2) Cf la notice biographique suivante, Frère Stefanus Van Herkhuyzen (1912-1986). Page :214/214

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1974, p. 235. ART informations, 1973, n » 40, p. 5. Padre Mateus Van Herkuizen (sic) par le P. Emanuel Van Der Stappen, Sao Paulo, 25 mai traduction par le P. Manoel Messias Pereira martins) . Document du secrétariat provincial de Hollande, Boxtel, 17 april 1973 (K. Capray) . Marc Champion, Province du Zaïre, religieux défunts 1929-1994, Butemibo, 1994, p. 18. P. Lieven Bergmans, Cincluante ans de présence assomptionniste au Nord-Kivu 1929-1979, 1979, 195 pages. Lettre du P. Matheus Van Herkhuyzen au P. Gervais Quenard, Rio Preto, 20 janvier 1949. Du P. Matheus Van Herkhuyzen, dans les ACR, rapports sur Pernandopolis (1950-1953), correspondances (1947-1949). En 1997, le P. Emanuel Van Der Stappen a édité un fascicule ‘Nos Frères Défunts: 1935-1995’ contenant une notice sur les Assomptionnistes défunts clui ont participé à la mission au Brésil, depuis les origines (1935) , soit en 1997 36 religieux dont 27 Néerlandais, 7 Français, 1 Belge et 1 Espagnol.