Maurice BERGE – 1910-1964

Portrait du P. Dergé par le P. Marie-Xavier Marmont.
« Une très vieille et très chère amitié a vu son terme sur la tombe du cher
P. Maurice, une amitié de près de 42 ans liée sur les quais d’une petite
gare de Montpellier et mûrie par 26 années de sacerdoce.

Tel j’ai rencontré le P.
Maurice le 20 novembre 1922, tel je l’ai toujours retrouvé. Nous étions
cinq à oublier
notre chagrin d’avoir quitté nos parents. Il ne fut jamais doué pour les
études, la
spéculation n’était pas son fort, mais il possédait de grandes qualités de
cœur et sa forme d’intelligence savait trouver
son plein épanouissement dans les contacts directs et dans la solution des
problèmes pratiques. Il n’aimait pas les jeux violents, il jouait
admirablement les rôles féminins dans nos soirées théâtrales. En 1928 c’est
lui
qui vint me chercher le 14 août pour aller ensemble au noviciat à
Scy-Chazelles. Nous nous sommes suivis en théologie et jusqu’au jour de
prêtrise où nous accompagna
notre vieux maître de Poussan, le P. Couderc, et la lingère Elise que nous
avions plaisir à faire enrager. Discrétion, finesse, gentillesse,
sympathie, ce sont ses armes apostoliques
… ».

Religieux de la Province de Paris.

Un enfant du Midi.

Né au Pin dans l’Hérault, le 27 septembre 1910, Maurice fait ses études à l’alumnat de Poussan de 1922 à 1928. Il accomplit son noviciat d’abord à Scy-Chazelles (Moselle) pour le terminer aux Essarts (Seine-Maritime) de 1928 à 1929 sous le nom de Fr. Achille. Il prononce ses premiers vœux le 28 octobre 1929, accomplit ses études de théologie à Saint-Gérard en Belgique (1930-1932), commence sa théologie à Louvain (1933) et la termine à Lormoy (1934- 1937). C’est là qu’il prononce ses vœux perpétuels le 21 novembre 1934 et qu’il devient prêtre le 21 février 1937. Son passage dans ces communautés ne passe pas inaperçue à cause d’un accent remarqué, mais aussi son goût pour la liturgie, son soin de la sacristie.

Le temps du ministère.

Ses supérieurs l’envoient d’abord à Chanac- alumnat (Lozère) de 1937 à 1948: son dévouement à la formation de futurs jeunes prêtres ne compense pas ses difficultés d’enseignement. De là il passe supérieur à Vérargues, alumnat dans l’Hérault, de 1948 à 1933, mais il se sent plus à l’aise dans le ministère pastoral et son rêve se réalise quand il est nommé prêtre de la paroisse de Soisy (Essonne) de 1953 à 1960. C’est là qu’il donne la pleine mesure de ses capacités sacerdotales: amabilité, disponibilité de tous les instants, facilité de parole. Il est heureux d’accueillir chez lui et il sait créer une ambiance de sympathie bénéfique aux échanges. Mais l’épreuve de la maladie ne lui est pas épargnée: malgré les apparences de sa corpulence, le P. Maurice, miné par le diabète, n’est pas fort de santé et il doit se faire soigner à l’Hôtel-Dieu de Paris.

C’est la raison pour laquelle ses supérieurs jugent préférable de l’éloigner de la région parisienne et de lui confier l’aumônerie des Religieuses Augustines du Saint-Coeur de Vendôme (Loir-et-Cher) de 1960 à 1964 où il va laisser un excellent souvenir.

Témoignages de foi et de Fraternité.

Les archives conservent le faire-part de décès du P. Maurice Berge de la Communauté du Saint-Cœur de Marie, à Vendôme:

« Le P. Maurice Bergé s’est éteint aujourd’hui, 6 janvier 1964, fête de lepiphanie, vers midi. Depuis deux mois, son état de santé n’a pas empiré gràce aux bons soins quïl recevait et à son excellent moral. Le Père espérait se remettre et comptait répondre lui-même aux nombreuses lettres qu’il recevait chaque jour. Cependant il dut interrompre la célébration de la messe il y a trois semaines et se contenter de la communion. Ce matin, vers onze heures, il déclara qu’il se sentait très oppressé et quand le prêtre se rendit auprès de lui, il lui dit J’ai du mal à respirer. Veuillez bien me renouveler l’absolution’. La Sœur infirmière lui place alors un tube d’oxygène. Il en aspira un peu, sembla mieux, mais déclara qu’il ne sentait rien. Puis il éprouva un mouvement brusque de tout le corps. Ses yeux, large ouverts, se fixèrent et le visage sïmmoblisa. Le cher malade expira imperceptiblement ». Sentant ses forces décliner, le P. Maurice a dicté ces quelques lignes au P. Provincial, le P. Bal-Fontaine:

« Mon état ayant subitement empiré, je viens de recevoir les derniers sacrements en toute tranquillité dàme et confiance. Je tiens à vous redire, par la plume du P. Vassel, que je meurs en véritable fils de l’Assomption et que j’offre ma vie pour la Congrégation et le futur chapitre général. Je vous remercie de toutes vos bontés à mon égard et je demande à Dieu de vous rendre cela en grâces de toutes sortes. Je vous prie d’agréer mes sentiments bien affectueux et bien religieux ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A. juin 1985, p. 80. Lettre à la Famille 1964, n° 372′, p. 570; n° 378, p. 623-624. Paris-Assomption, avril 1964, n° 88 (témoignage du P. Marmont). Les archives de Rome conservent quelques correspondances, peu nombreuses, du P. Maurice Bergé, entre les deux guerres.