Maurice (J.J. Berchmans-M.) GAGNON – 1909-1983

Fraternité assomptionniste.

« Notre petite communauté de Beauvoir n’a pas oublié la St Wilfrid
aujourd’hui! Nous avons demandé à Dieu qu’il vous donne toujours davantage,
comme à Salomon la ‘sagesse et la science’ pour que la petite famille
religieuse que votre cœur de père et d’homme de foi vous permet de guider
avec tellement d’esprit surnaturel et de vision, sache répondre aux
nouvelles exigences de la vie chrétienne et religieuse, dans le monde
d’après Vatican II. Je profite de cette circonstance qui m’est donnée de
vous écrire, pour vous dire toute ma gratitude personnelle pour ce geste si
noble que vous avez fait
d’aller toujours saluer ma vieille mère chaque fois que vous êtes passé par
Québec. Vous ne vous imaginez pas l’importance qu’elle attache à cette
visite, et la source de bienfaits qu’elle représente pour elle. Je vous
remercie aussi de la marque de confiance que vous m’avez donnée, en
confirmant ma nomination à la tête de Beauvoir. Tout va très bien ici. Même
si cet humble message de bonne fête vous arrive en retard, vous saurez que,
en ce jour de votre
onomastique, vous n’aurez pas été oublié sur la colline de Beauvoir ».
P. Maurice Gagnon.

Maurice (J.J. Berchmans-M.) GAGNON

1909-1983

Religieux canadien de la Province d’Amérique du Nord.

A l’école du P. Marie-Clément Staub.

Joseph-Jean-Berchmans-Maurice Gagnon naît le 25 octobre 1909 à Québec (Canada), rue Lachevrotière près de la Grande-Allée. Le frère de son père, l’abbé Cyrille Gagnon le baptise le lendemain, 26 octobre. Quatrième de 8 enfants, Maurice fréquente l’école paroissiale, puis le pensionnat Saint-Louis de Gonzague (1917-1919). Il entre au petit séminaire de Québec (1920-1929). Le 25 juillet 1929, il demande son admission à l’Assomption, à Sillery. Il prend l’habit le 29 septembre 1929 sous le nom de Frère Maurice et prononce ses premiers vœux le 30 septembre 1930. C’est là qu’il fait la connaissance du P. Marie-Clément Staub auquel il voue une grande admiration. Le 12 octobre suivant, il s’embarque pour Louvain où il va étudier la théologie (1930-1934). Il devient profès perpétuel le 30 septembre 1933 à Louvain et est ordonné prêtre le 4 août 1934 à Sillery par le cardinal de Québec Mgr de Villeneuve.

Ministères.

Le P. Maurice commence son ministère sacerdotal au noviciat de l’Assomption à Sillery, en compagnie du P. Léocade Bauer, des PP. Hyduiphe Mathiot et Hermès Fuchs. Il est chargé des cours sur l’histoire de l’Assomption, les Psaumes, l’Evangile et les formes religieuses. Ce service ne dure que trois mois! Il devient alors recruteur de vocations, visitant collèges et petits séminaires du Québec. Le 28 août 1939, le P. Maurice est nommé aumônier et économe du noviciat. En août 1942, il est chargé d’un groupe de Noëlistes. En octobre 1946, le voici maître spirituel et régent des étudiants. On le connaît aussi comme prédicateur de retraites à des religieuses. L’Assomption au Québec lui doit aussi de nombreuses démarches en faveur de l’autorisation d’ouverture d’une seconde maison A.A.,

Beauvoir, durant l’été 1948. Ces courses, ces fatigues ne sont pas sans effet sur la santé du P. Maurice. En Belgique, il a déjà été victime d’une pleurésie; en 1943 il doit même être hospitalisé à l’hôpital Lavai de Québec. Resté fragile, le P. Maurice accepte un poste d’enseignement en Californie, le climat de cette région pouvant favoriser une guérison complète. Il est agréé comme professeur d’Ecriture sainte au grand séminaire El Cajon (août 1947) et y reste trois ans. Il revient à Québec durant l’hiver 1950-1951. Ses supérieurs l’affectent de nouveau au noviciat à Sillery, en qualité de maître spirituel des étudiants et sous- prieur (1951-1952). Toujours dans l’espoir de se remettre sur le plan de la santé, le P. Maurice accepte un ministère à Mexico (1953-1965): il Y est supérieur et curé de 1955 à 1961. Il réalise, dans ce lieu pour lui enchanté, un profond ministère de grande proximité auprès des gens, il en garde par la suite un excellent souvenir et aime en parler. En 1965, le P. Maurice est nommé supérieur à Beauvoir. La communauté religieuse est restreinte à 3 religieux. Supérieur pendant trois ans (1965-1968), il accepte en août 1968 le poste d’animateur spirituel auprès des communautés religieuses d’hommes et de femmes du diocèse de Sherbrooke. A nouveau supérieur à Beauvoir (1972), économe même, il est relayé en 1973 par le P. Claude Grenache. Il cumule encore des fonctions de directeur des pèlerinages (1971-1973). Après le départ de Beauvoir des Filles de la Charité du Sacré-Cœur en 1971, il obtient le concours, pour le sanctuaire, des Sœurs de la Charité de Saint-Louis (1974). Fatigué, le P. Maurice reste sur place à Beauvoir, mais en novembre 1977 il est terrassé par un infarctus. En août 1978, il est nommé aumônier de St-Brigid’s Home à Sillery où il reste 5 ans. En 1983, il obtient une obédience pour le Mexique où est resté son cœur. Mais opéré en novembre 1983 de calculs biliaires, il est emporté par un nouvel infarctus, le 21 décembre 1983, à l’âge de 74 ans. Très bon compagnon en communauté, jovial, travailleur et sensible, il laisse à ses confrères le souvenir d’un religieux attaché à sa charge, plein de bon sens et de tempérament profondément pastoral.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption Nécrologe (11) 1981-1983, p. 110-111. Yves Garon, Maurice Gagnon AA (1909-1983), 11 pages (22.12.1984). Yves Garon, Les Assomptionnistes au Canada, Sillery, 1997, 163 pages. Assumptionists Deceased in North America, p. 27. Dans les ACR, correspondances du P. Maurice Gagnon (1934-1965), rapports sur Mexico (1955- 1960), homélie sur le P. Marie-Clément Staub (1976). Lettre du P. Maurice Gagnon au P. Wilfrid Dufault, Beauvoir, 12 octobre 1965. Notices Biographiques