Maurice (Mamert) DESTOUCHES – 1882-1942

Option de Province,
« Vous auriez depuis longtemps reçu ma feuille d’option pour la province
d’Orient si des obligations particulières ne m’avaient obligé à ne pas
manifester cette préférence. Vous savez déjà que je dois aider mes parents
très âgés, dans la mesure du possible. Vous comprendrez aussi que je ne
voulais pas affliger leurs dernières années par un éloignement qui, pour
eux serait définitif. Mais puisque l’échéance arrive et que vous voulez
bien laisser à chacun la liberté de manifester un désir, j’en profite pour
vous dire que mes préférences sont toujours pour la Province d’Orient. Par
mon diocèse d’origine, Tours, j’appartiendrais à la Province de l’Ouest,
mais je ne connais pas l’espagnol qui est la langue de ses missions. Par ma
situation, il y a deux ans,
j’étais de fait dans la Province du Centre, mais ses pays de langue
anglaise n’ont pour moi aucun attrait. Vous ferez donc ce que vous jugerez
bon pour m’assigner ici ou là, cela n’a pas d’importance eu égard à la
valeur de la recrue ».
P. Maurice Destouches au P. Gervais Q., Bourville, 3 mars
1925.

Maurice (Mamert) DESTOUCHES

1882-1942

Religieux de la Province de Lyon.

Une mémoire desservie, par suite des circonstances.

Les circonstances du décès du P. Maurice Destouches ne sont guère favorables à sa mémoire: il meurt ;à Marseille le 25 décembre 1942: les nouvelles circulent mal, les bulletins de l’Assomption ne paraissent plus ou sont réduits à de mini-feuilles. Cependant, à partir de son dossier personnel, il est possible quand même de reconstituer le cadre chronologique minimum de son existence.

Curriculum vitae.

Mamert-Arthur-François Destouches est né le 30 novembre 1882 à Manthelan (Indre-et-Loire), au diocèse de Tours. Il fait ses études secondaires au Breuil (Deux-Sèvres) de 1894 :à 1897 et à l’alumnat de Clairmarais (Pas-de-Calais), de 1897 à 1899. Il prend l’habit à l’abbaye de Livry-Gargan (Seine-Saint- Denis), le 8 septembre 1899, sous le nom de Frère Maurice. Le Père Ernest Baudouy ne le ménage guère sur son rapport d’admission: « Le Frère Maurice parait pouvoir être admis au noviciat malgré les défauts de son caractère: égoïsme, fierté, suffisance, jalousie, hargne ». On a l’impression de lire le catalogue paulinien des vices des Corinthiniens! Le Père Félicien Vandenkoornhuyse, plus positif, admet le Frère Maurice à la première profession, le 10 septembre 1900, à Gemert (Hollande): « Ce novice a certainement fait des efforts pour améliorer son caractère, mais il a encore besoin d’être encouragé dans cette voie. la profession annuelle pour laquelle je le propose produira ce résultat ». C’est au couvent de Notre-Dame de France à Jérusalem que le Frère Maurice entreprend ses études ecclésiastiques, de 1901 à 1910, interrompues de 1903 à 1905 par un premier service d’enseignement à Koum-Kapou (Istanbul),

de 1905 à 1906 par un second à Plovdiv-Philippopoli (Bulgarie) et encore un troisième à Varna de 1906 à 1907. Le 29 septembre 1901, il est reçu à la profession perpétuelle. C’est le 17 décembre 1910 que le Frère Maurice devient prêtre à Jérusalem.

Une forte mobilité et une dernière incertitude.

Les états de service du P. Maurice se composent ainsi: de 1911 à 1914, il est professeur à l’alumnat de Vinovo, près de Turin (Italie); de 1914 à 1916, il enseigne au collège d’Ascona en Suisse. De 1916 à 1919, il remplit les fonctions d’aumônier à Lyon auprès d’une communauté religieuse de Petites-Sœurs des Pauvres. Nous le trouvons, de 1919 à 1923, au Havre (Seine- Maritime) en qualité de préfet de discipline dans l’institution scolaire Saint-Joseph. Il passe ensuite une année à Nîmes (Gard), au collège de l’Assomption (1923-1924). L’année suivante, il se trouve à Bourville, près de Dieppe en Seine-Maritime. L’Assomption française ne se préoccupe guère alors des frontières géographiques que va imposer la constitution de 3 Provinces dans l’hexagone, décidée en 1923. Ayant été affecté selon son désir dans la Province de l’Est ou de Lyon, il est envoyé à l’alumnat de Sainte-Jeanne d’Arc à Scy-Chazelles (Moselle), de 1925 à 1929, puis à celui de Miribel-les-Echelles (Isère), de 1929 à 1935. Enfin son dernier poste est Marseille (Bouches-du-Rhône), de 1933 à 1942, où il est spécialement chargé de l’aumônerie à l’école militaire Courbet et où il meurt, d’après le nécrologe, le 25 décembre 1942. Nous nous fions plutôt à la date indiquée par le P. Gervais Quenard: « On a prié pour nos 4 défunts du mois de décembre, dont deux tombés au lendemain de Noël: le P. Maurice Destouches, emporté à Marseille par une pneumonie, après une fervente communion ». La fiche biographique du P. Maurice le fait décéder le 26 février 1942, le Registre des religieux mentionne son décès au 26 décembre 1942, ce qui concorde de façon exacte avec l’allusion du P. Gervais. Nous ignorons pourquoi le nécrologe maintient la date du 25 décembre. En l’absence de toute autre précision écrite, nous supposons également que le P. Maurice a été inhumé à Marseille.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Nouvelles de la Famille occupée, 15 janvier 1943, n° 14, p. 1. Dossier personnel (ACR). Correspondances dans les ACR (1905-1935). Notices Biographiques