Maxime (Joseph-Alexis) VIALLET – 1859-1894

Les Châteaux, 1893.
« Vous voilà de retour de Lourdes avec les bénédictions de la Sainte
Vierge. Il faut être
pratique et ne pas commencer sa tour sans compter si on aura de quoi la
finir. Vous voulez commencer une nouvelle tour
en novembre prochain, mais avez demandé à l’éminent architecte, le Père
Bailly, jusqu’à quelle hauteur vous vouliez mener cette tour? Vous cherchez
un expédient pour novembre, il en faudra un pour décembre, puis pour
janvier, pour février et jusqu’à quand? En octobre prochain se termine la
Vie des Saints pour chaque jour de l’année publiée par livraison mensuelle.
Or avant
que nous ne puissions servir une seconde vie de saints pour chaque jour de
l’année, il se passera plusieurs années. Les saints n’ont pas jugé à propos
de mourir tous à des jours
différents pour la consolation des rédacteurs de calendrier. Nous avons
déjà publié 4 vies de saints intéressantes pour le
27 novembre tandis qu’on a eu de la peine à en trouver une pour le 14
novembre. A mon avis, il faut renoncer à publier une seconde vie des
saints, ce n’est pas pratique. Mais on peut envisager de publier un
supplément en attendant d’avoir une brochure mensuelle … ». Maxime.

Religieux français. Un enfant des Châteaux, rédacteur de La Vie des Saints. Joseph-Alexis Viallet est né à Bersend, un village près de Beaufort-sur-Doron (Savoie), le 8 octobre 1859. Il est l’un des premiers enfants reçus à Notre- Dame des Châteaux par le P. d’Alzon, lors de la fondation des alumnats sur la colline du sanctuaire, le 28 août 1871 (1). La proximité du foyer paternel tout proche lui fait abandonner un moment l’alumnat. Deux jours après, tout saisi de remords, il vient solliciter sa réadmission. Le regard limpide et son repentir sincère le font recevoir à nouveau, même s’il doit encore lutter plus d’un an contre le charme de la vie familiale. Il connaît les premiers essaimages du berceau: Nîmes et l’Espérou dans le Gard en 1874, puis Nice (Alpes-Maritimes) en 1875. Il doit soutenir une nouvelle lutte, cette fois contre ses parents, pour obtenir leur consentement à entrer dans la vie religieuse où lui-même semble hésiter à s’engager. Le 24 octobre 1876, il prend l’habit au noviciat de Paris, rue François ler, au noviciat de l’Assomption, sous le nom de Frère Maxime. Il a pour compagnons de vie et d’études les futurs PP. Alfred Mariage, Edouard Bachelier, Timothée Falguerette. Toujours souriant et prêt à payer de sa personne aux fêtes de famille, il charme l’auditoire de ses poésies et de son admirable voix, bien timbrée et suavement expressive. Pendant les temps de récréation, il confectionne des chapelets et des disciplines pour ne pas rester inoccupé, tout en donnant à son esprit le délassement indispensable. (2). Profès annuel l’année suivante, il commence ses études de philosophie sous la direction du P. Géry Delalleau, puis il est envoyé à Nîmes (Gard) en 1878 pour ses études ecclésiastiques, où le réclame avec insistance le P. d’Alzon qui pense d’ailleurs utiliser les services de ce jeune religieux comme secrétaire. Page :317/317 Le P. d’Alzon reçoit les vœux perpétuels du Frère Maxime à Nîmes le 31 décembre 1878 (3). En décembre 1880, le Frère Maxime est envoyé pour ses études à Osma en Espagne (1880- 1882). Il rejoint la communauté étudiante de Rome où il est ordonné prêtre le 22 décembre 1882. Il revient alors à Osma (1882-1886) où il collabore à la formation des jeunes novices et à la rédaction des Vies des Saints. Il enseigne l’hagiographie, science dans laquelle il s’est spécialisé, et l’Ecriture Sainte. De 1886 à 1893, il aide à la formation des novices en France, au noviciat de Livry (Seine-Saint-Denis). Il retrouve la communauté de Paris, rue François ler, en, 1893 où il s’adonne au ministère de la confession et de la direction spirituelle. Il y meurt de la tuberculose le 9 février 1894, à 35 ans, avec une véritable réputation de sainteté (4). On lui applique avec bonheur le mot de saint Thomas d’Aquin à propos de saint Bonaventure: C’est un saint écrivant la vie des saints. Il est inhumé à Livry. Ses restes sont transférés en 1907 au cimetière parisien de Montparnasse. (1) Cf la première lettre écrite par le P. d’Alzon aux premiers alumnistes des Châteaux avec le titre de ‘ravissantes cruches’: Lettres d’Alzon, tome IX, p. 256 et note. Par la suite, le P. d’Alzon écrit plusieurs fois personnellement à Alexis Viallet, devenu Frère Maxime: t. XI, p. 42 9, 442. (2) D’après les Portraits Assomptionnistes du P. Polyeucte Guissard, p. 280. (3) D’après le texte même de la lettre du P. d’Alzon au P. Alexandre Chilier, 31 décembre 1878: « Nous avons eu une profession d’un bien ravissant jeune religieux, Frère Maxime, que vous avez dû connaître à votre passage ici. Il sera, je l’espère, un jour un très saint et utile ouvrier ». D’après Lettres d’Alzon, tome XII, p. 652 et n. 2. « Le P. d’Alzon l’aimait beaucoup: frappé des vastes connaissances de ce jeune homme de vingt ans, il entrevoyait en lui l’historien de l’Église qu’il aurait pu devenir. Il était plus frappé encore de la vertu de ce religieux qui était une bénédiction pour le collège et pour le noviciat. Il le reprenait souvent de ses lenteurs à table et de son accent nasillard avec cette vigueur qu’il employait avec ceux qu’il aimait le plus et dont il attendait davantage. Le Frère Maxime prenait toutes ces observations avec une aimable docilité, sans jamais se plaindre d’un reproche. Quand il n’avait pas pu terminer le repas avec les autres, il se contentait de dire en souriant. ‘La suite au prochain numéro…». D’après Polyeucte Guissard, o. c., p. 281. (4) Sa sœur Oblate, Sr Maxima de l’Enfant-Jésus, est décédée le ler février 1894. Page :318/318

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Souvenirs 1894, n° 162, p. 29-30, n° 164, p. 41-48. P. Polyeucte Guissard,Portraits Assomptionistes, p. 275-289. L’Assomption et ses (Euvres, 1939, n° 451, p. 412-414; n° 452, p. 429; n° 453, p. 444-445; n° 454, p. 456-461. Circulaires du P. Picard et du P. Vincent de Paul Bailly, 9 février 1894. Bulletin du SacréCmur de Taintegnies, 1894, n° 11, p. 82-84. Lettres d’Alzon, tome XIII (1996), p. 465-466. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du P. Maxime Viallet au P. Germer-Durand, Notre-Dame des Châteaux, 27 août 1893. Du P. Maxime Viallet, dans les ACR, poésies, articles variés, cahiers de cours du noviciat, notes sur des cours de théologie, notes sur Notre-Dame des Vocations (1892), notes intimes, souvenirs sur Notre-Dame des Châteaux, correspondances (1874-1894).