Merry (Paul) SUSSET – 1900-1963

Paris, 1951. « Je vous remercie de votre lettre et de l’assurance de prière
que vous voulez bien me donner. En effet, cette fonction que j’occupe
distrait beaucoup et par ailleurs a besoin de beaucoup de grâces. Ce sont
choses divergentes et il est nécessaire que d’autres prient pour moi. Notre
Province marche assez bien. Autant que l’humaine prudence peut en juger,
l’avenir se prépare bien. Nous atteignons presque 300 alumnistes. Le
noviciat et la maison d’études font
excellente impression. J’ai bien, de-ci de-là, quelques petits soucis, mais
dans l’ensemble je ne dois pas me plaindre. Il y a certainement plus
malheureux que moi. L’anniversaire de la Toussaint
1950 est très présent à mon esprit. Je revis la cérémonie grandiose et
aussi la découverte de Rome, sous la conduite expérimentée du P. Bernardin
[Bal-Fontaine]. Depuis ce jour, j’ai souhaité refaire ce pèlerinage. A mon
tour, je vous assure de ma prière afin que Notre-Seigneur vous garde, vous
donne aussi toutes les lumières nécessaires en ces grands jours de
l’Assomption qui se préparent. Je n’ai pas l’intention de demander le P.
J.R. Hené. S’il vient, il sera bien reçu et je l’emploierai facilement.
S’il ne vient pas, je me passerai de lui
».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Paris, Provincial de Paris (1948-1952). Formation. Paul Susset est né à Paris le 24 avril 1900. Après ses études primaires à l’orphelinat du P. Halluin à Arras (Pas-de-Calais), ü fait ses études secondaires à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), de 1915 à 1919. Il prend l’habit le 29 septembre 1919 à Louvain (Belgique), sous le nom de Frère Merry. Il prononce ses premiers vœux à Saint-Gérard le 29 septembre 1920. Appelé au service militaire, il se rend au service de la mission d’Orient, en qualité de professeur à Plovdiv (Bulgarie), de 1920 à 1922. Démobilisé, il peut achever son parcours de formation religieuse, étudiant la philosophie à Taintegnies (1922-1923), puis à Louvain (1923- 1924) où se déroule également le temps de ses études théologiques (1924-1928). Profès perpétuel le ler décembre 1925, il est ordonné prêtre à Louvain, le 29 juillet 1928. Apostolats et responsabilités. Le P. Merry inaugure en 1928 une longue carrière de professeur: au Bizet, sur la frontière franco-belge (1928-1930), à Pontlevoy (Loir-et-Cher), de 1931 à 1932, à Scy-Chazelles (Moselle), de 1932 à 1933 et de nouveau au Bizet, de 1933 à 1937. Il arrive alors à Vérargues (Hérault) où il est nommé supérieur de la communauté en 1941. Il doit y affronter la dure situation créée par l’occupation allemande dans une région où l’on est proche de la famine. Ses confrères trouvent dans le Père Merry un pédagogue et un entraîneur. En juin 1948, le Père Merry est nommé supérieur Provincial de Paris, succédant au P. Rémi Kokel. Un long passé dans les alumnats lui donne la conviction qu’il est nécessaire d’œuvrer pour la qualité et le renforcement de leur recrutement. Il s’adonne avec cœur et courage à cette tâche, fondant la maison de Lambersart (Nord). A.A Au chapitre général de 1952, percent de nombreux dissentiments, notamment quant à sa manière de diriger la Province de Paris où on lui reproche de se passer trop facilement de son conseil. Il est alors déchargé de sa fonction pour prendre la direction des Essarts (Seine- Maritime) où il ne reste qu’un an (1952-1953). Il est dorénavant affecté à la cure de Villeneuve- sur-Bellot (Seine-et-Marne), au diocèse de Meaux. Pendant dix ans, le P. Merry donne à ses paroissiens le meilleur de lui-même dans un poste difficile que son dévouement lui conquiert. Avec le Père Victorius Verbist et le P. François d’Assise Becquante, curé de Verdelot, il forme un groupe pastoral dynamique, apprécié par l’évêché et la population locale. Le P. Merry ne s’accorde guère de vacances. En décembre 1962, une grande fatigue l’oblige à réduire ses activités. On pense qu’un repos va suffire à lui redonner toutes ses forces, mais le médecin traitant se montre inquiet. Il ordonne une hospitalisation à Meaux afin de procéder à des examens approfondis. Le diagnostic révèle un taux de diabète sérieux qui perturbe l’état général du malade. Une opération chirurgicale procède à l’ablation d’une partie de l’intestin. Le 28 février 1963, le P. Merry part en convalescence à Notre-Dame-de-Laguet, sur la Côte d’Azur. Là une grave crise de diabète le fait conduire d’urgence à la clinique des Augustins de Nice (Alpes-Maritimes). Il demeure plusieurs jours dans un demi-coma. Le médecin ne cache pas son inquiétude. Le P. Bernard Ract, aumônier à Nice, le visite tous les jours et lui confère le 12 mars le sacrement des malades. Le P. Provincial de Paris, le P. Paul Charpentier, reste trois jours auprès du malade, réconforté aussi par la visite des religieux de Menton et de Lorgues (Var). Mais atteint par un cancer, le P. Merry décède le 28 mars 1963. L’inhumation, d’abord prévue au caveau de Lorgues, se fait à la paroisse de Villeneuve-sur-Bellot, sur les instances de son frère-prêtre, l’abbé Susset, curé en Corse, et sur celles de la paroisse. Les obsèques y sont célébrées le 3 avril au milieu d’une affluence recueillie. La Semaine Religieuse de Meaux exprime en termes délicats les sentiments de foi et d’affection qu’ont suscités dans le service paroissial les preuves de dévouement apostolique, d’humilité sacerdotale et de dynamisme ministériel donnés à tous par le défunt.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. mars 1964, p. 230. Lettre à la Famille, août 1963, n° 358, p. 456-457. Paris-Assomption, mai 1963, n° 85, p. 17-19. Du P. Merry Susset, dans les ACR, rapports sur la Province de Paris (1949-1952), circulaires (1950-1952), rapport sur Vérargues (1947), Lambersart (1948-1949), Montpellier (1948-1951), Le Bizet (1951), Longpont (1951), Tuléar (1952), Les Essarts (1952), Villeneuve-sur-Bellot (1953-1955), correspondances (1922-1953). Lettre du P. Merry Susset au P. Gervais Quenard, Paris, 28 octobre 1951. Notices Biographiques