Mgr CANONNE – 1911-1991

Mgr Michel, Ray amondreny.

« Ces termes malgaches, mot à mot ‘père et mère’, rendent
bien le souvenir du
bienfaiteur, du protecteur et du conseiller qu’a été ce pionnier de
l’évangélisation du Sud de la Grande-Ile.
En 1965, la Conférence épiscopale de Madagascar adopte La Croix du pays
comme son journal: Mgr Michel est l’évêque responsable de la Commission des
Moyens de communication sociale.
Ce journal est imprimé à Fianarantsoa, mais avec les difficultés que l’on
imagine: déficit annuel, tirage insuffisant. Jamais Mgr Michel n’accepte
l’idée émise
par d’autres d’arrêter le journal et de baisser les bras: il fait appel à
son savoir et à des bienfaiteurs pour trouver argent, matériel.
Son courage relève le moral parfois défaillant des journalistes qui
craignent détracteurs et persécuteurs tant à l’intérieur qu’à l’extérieur
du pays. Mgr Canonne défend et conseille avec affection.
Qu’il repose en paix et que Dieu lui accorde la récompense promise au
serviteur fidèle qui a étendu le Royaume de Dieu ».
Lakroa, 19 mai 1991.

Religieux français, évêque de Toliara (Tuléar) Madagascar de 1959 à 1974.

Jeunesse et formation- 1911-1943.

Michel Canonne naît au Cateau, diocèse de Cambrai (Nord), le 27 décembre 1911. Après ses études primaires à Séranvillers, au petit séminaire de Solesmes, puis aux alumnats du Bizet (Nord) en 1927-1928 et de Clairmarais (Pas-de- Calais) de 1928 à 1931, il prend l’habit aux Essarts (Seine-Maritime) le 7 octobre 1930 et fait sa première profession le 8 octobre 1931. Son maître des novices le P. Léonide Guyo note: « De bon jugement, nature bonne et forte, assez fermée; peut devenir quelqu’un, sait vouloir, sait prendre une certaine indépendance ». Le Frère Michel accomplit une année complémentaire d’études secondaires et fait sa philosophie au scolasticat Saint-Jean de Scy-Chazelles (Moselle) de 1931 à 1935 avec interruption pour le service militaire effectué à Commercy (Meuse) où sa santé fragile se consolide. En 1935, il est nommé professeur à l’alumnat du Bizet où il devient profès perpétuel le 28 février 1936 et gagne avec les alumnistes la maison de Chanac en Lozère à la déclaration de guerre (septembre 1939). Mobilisé quelques mois, il peut commencer sa théologie à Lormoy (Essonne) en 1940 où il est ordonné prêtre le 12 juin 1943.

En Ile-de-France: 1943-1953.

De 1943 à 1946, le P. Michel est professeur à l’alumnat de Soisy-sur-Seine (Essonne) où se révèlent « non seulement ses qualités spirituelles et humaines, mais aussi une étonnante passion pour les sciences naturelles, géologiques et botaniques. Cette curiosité toujours à l’affût sera plus tard un dérivatif précieux aux fatigues d’un apostolat très chargé. Un papillon de Madagascar portera même son nom ». Durant les 7 années qui suivent,

le P. Michel est économe de la Province de Paris et supérieur de la communauté provinciale avenue Denfert-Rochereau. En mission sur la Grande-ile 1953-1974. En novembre 1953, le P. Michel s’embarque avec deux autres religieux, les PP. Jean-Gabriel Chatelin et Jean-Louis Balme, pour Madagascar où la mission de Tuléar vient d’être confiée à l’Assomption. La mission est érigée en vicariat apostolique en 1957 et le Père est nommé administrateur le 29 novembre. Nommé évêque du nouveau diocèse le 29 avril 1959, il reçoit l’ordination épiscopale le 25 octobre de la môme année. Pendant vingt-ans de labeur apostolique, il déploie toutes ses qualités et met en œuvre toutes ses ressources avec ses confrères pour le développement spirituel, humain et économique de cette grande région, à l’heure de l’indépendance nationale de l’île: évangélisation, enseignement, soin des malades, projets économiques, presse. Il est l’évêque des débuts laborieux, des chantiers, des fondations et des démarches sans nombre. Un seul nuage: les temps ne sont pas encore mûrs pour la mise en route d’un séminaire comme il le rêve et l’essaie courageusement. Il a néanmoins la grande joie de voir comment quatre fondations religieuses féminines prennent solidement racine en terre malgache: les Sœurs de Saint-Paul de Chartres, les Sœurs de la Providence de Rouen et celles de Sainte-Thérèse d’Avesnes-sur-Helpe, le Carmel de Tuléar-Belemboka. Mgr Michel est également soucieux de la formation du clergé, des vocations et des catéchistes pour la scolarisation des enfants en brousse. Il visite en tous sens son diocèse, en 2 CV, en pirogue, à pied et même en charrette à bœufs. La France lui remet en 1967 la Croix de chevalier de la Légion d’Honneur et l’Etat Malgache la Croix de l’Ordre national, signes de reconnaissance de cette tâche de pionnier du Sud. En 1972, Mgr Michel obtient un coadjuteur, Mgr René Rakotondrabé lequel lui succède de plein droit à la tête du diocèse le 29 avril 1974. Une retraite active: 1974-1991. Rentré en France, Mgr Canonne réside d’abord à Paris et, à partir de 1984, gagne Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), près de l’ancienne abbaye chère à Mme de Sévigné, noviciat des Assomptionnistes à la fin du XIXème siècle. jusqu’au bout de ses forces, il assure divers ministères dans la banlieue parisienne, tout en restant fidèle à Madagascar. Devenu quasiment aveugle, il continue de correspondre en griffonnant quelques mots de travers, écrivant avec son cœur. Le 23 avril 1991, il est hospitalisé à Montfermeil où, très affaibli, il reçoit l’onction des malades et où il meurt le mardi 30 avril à la suite d’une hémorragie interne. Ses obsèques sont célébrées le lundi 6 mai en l’église Saint-Michel de Gargan, présidées par Mgr René Rakotondrabé, assisté de Mgr Albert Tsihaona, archevêque de Diégo-Suarez, président de la Conférence épiscopale malgache. Le P. Romain Ponsard, son collaborateur direct à Tuléar pendant vingt-ans, témoigne à l’homélie de la passion évangélisatrice du défunt. Le corps est inhumé au cimetière Montparnasse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe V, 1991-1993, p. 16-17. Assomption France, Nécrologie 1991, p. 199-205. Lakroa, 16 jiona 1991, p. 5. Témoignages des PP.Isidore Détré et François Neusch, 1974 (retour de Mgr Canonne en France). A partir de 1952, le P. Michel Canonne a donné dans les revues de l’Assomption des nouvelles et des articles d’information sur la mission assomptionniste fondée à Tuléar.