Michael (Bernardus Joannes) LINDEMAN – 1912-1969

Boxtel, 1954.
« Au nom du P. Johannes
[Sibum], du P. Xaverius
[Palienberg] et de moi-même, merci pour tes vœux et pour l’image du
bienheureux Pie X, à l’occasion de nos 12ans1/2 de prêtrise. Hier le P.
Johannes a célébré une messe solennelle avec le P. Xaverius et moi, diacre
et sous-diacre.
Après la messe, nous avons bu une tasse de café à la salle de récréation,
suivie d’un apéritif entre nous durant lequel le P Marius a fait un
discours.
Nous apprécions notre supérieur, l’actuel comme l’ancien. Après, les
alumnistes ont lu un compliment et chanté. Le P.Johannes y est allé d’un
discours sur la vocation sacerdotale, j’ai ajouté un petit mot et la
cérémonie a pris fin avec le chant populaire:’Qu’ils vivent encore
longtemps’. Le soir, le
P. Bertrand Van Harsel nous a donné une conférence sur le Congo,
accompagnée de diapositives. Il est agréable à écouter. Pour moi, je me
porte bien, je suis recteur à Saint- Antoine, content de pouvoir rendre
service à ces petits enfants devant lesquels je me sens pêcheur comme
devant des anges. Les garçons font du patinage. Je te transmets les
salutations cordiales de tous, Pères et Frères, notamment du Frère
Bernard». P. Michaël.

Religieux de la Province des Pays-Bas.

Formation.

Bernardus Joannes Lindeman voit le jour avec son frère Corneille (1912-1977), le 24 août 1912, à Zwolle (Pays-Bas) dans le diocèse d’Utrecht (1). Après sa formation à l’école primaire de Zwolle, il retrouve Corneille à l’école apostolique de Boxtel (1928-1933). Le 1er octobre 1933, il prend l’habit assomptionniste, sous le nom de Frère Michaël, au noviciat de Taintegnies (Belgique) où il prononce ses premiers vœux, l’année suivante, le 2 octobre 1934. Sa formation philosophique se déroule au scolasticat de Saint-Gérard (1934-1936). Jovial, ouvert, il manifeste quelques sautes d’humeur dont son supérieur d’alors, le P. Polyeucte Guissard, ne s’émeut guère, faisant fond sur ses réelles qualités d’équilibre et de jugement, ses sentiments de piété, ses dispositions foncières de ‘bon vivant’, à l’aise dans son choix de vie à l’Assomption: sens des initiatives et assiduité au travail intellectuel, malgré quelques propensions au bavardage ou à l’étourderie. Le 2 octobre 1937, le Frère Michaël a la joie de prononcer ses vœux perpétuels à Louvain où il étudie la théologie (1937-1941), achevée, en raison, de la guerre, au scolasticat de Bergeijk (Pays-Bas). C’est là qu’il est ordonné prêtre le 20 juillet 1941.

En responsabilité.

Le Père Michaël est nommé professeur à l’école apostolique de Boxtel (1941-1959) où il se retrouve son frère Bernardus pour un long temps de vie religieuse commune. De 1952 à 1959 lui est également confiée la charge de la maison d’enfants Saint-Antoine à Boxtel. En 1959, le P. Michaël est désigné pour la mission des Pères Hollandais en France, à Revigny-sur-Ornain (Meuse): il y dessert plus particulièrement la paroisse voisine de Brabant- le-Roi.

Il meurt prématurément le 11 juillet 1969, à 57 ans, à la clinique de Zwolle où il a été hospitalisé. Il est inhumé le 15 juillet au cimetière de la communauté de Boxtel, à Stapelen.

Personnalité

Le P. Michaël a témoigné, durant le temps de sa vie religieuse, des sentiments que lui ont connus ses confrères à l’époque de sa formation: de nature ardente et même impulsive, souvent idéaliste, mais toujours simple et de bonne composition en communauté, il exerçait sur ses confrères une influence bienveillante. Il vivait un peu à l’image de son saint patron, l’archange Michel (2). On reconnaît au P. Lindeman les qualités de la gaieté, de la spontanéité et d’un caractère primesautier qui lui valaient un abord facile et de bonnes relations avec la population. D’humeur égale, il vivait sa vie sans complication, adonné à son ministère paroissial, dans un milieu naturel pourtant peu porteur sur le plan religieux. Mgr Boillon (3), évêque de Verdun (Meuse), tint à célébrer, le 18 juillet, en personne, une Eucharistie à la mémoire du P. Michaël dans l’église Saint-Pierre de Révigny, en présence des autorités civiles locales. Il releva l’enthousiasme apostolique de ce religieux sans problème, sa charité très grande avec les plus défavorisés et les malades. Il sut dire aussi l’amour du Christ et de l’Assomption qui animait le P. Michaël en toute circonstance.

(1) Zwolle est la ville principale de la province néerlandaise d’Overijssel, sur 1’Ijssel, connue pour ses activités industrielles électriques. (2) Michaël ou Michel est l’un des sept Anges qui, selon l’Ecriture, se tiennent en présence de Dieu que la tradition désignent comme chefs de l’armée céleste combattant les puissances infernales. L’art représente saint Michel en grande armure, avec glaive et balance, transperçant un dragon de sa lance. (3) Mgr Pierre Boillon, né en 1911, est l’évêque, d’abord coadjuteur, de Verdun, nommé en 1962, démissionnaire en 1986. En 1962, il travaille aux côtés de Mgr Georges-Marie-Paul Petit, titulaire (1942-1963): c’est ce dernier qui a traité avec le Provincial des Pays-Bas l’insertion de communautés assomptionnistes dans le diocèse.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 144. De Schakel, numéro spécial Pater Michagl B. Lindeman, s. d. (1969). Lettre du P. Michaël Lindeman au P. Domitien Meuwissen, Boxtel, 1er février 1954 (traduction du P. Louis Augustijns). Du P. Michaël Lindeman, dans les ACR, quelques correspondances (1952-1954).