Michael (Joseph-Marie) LE BEC – 1913-1991

Saint-Maur, 1962.

« Je suis heureux de vous adresser mes v?ux de fête pour la première fois.
Je mets tout mon c?ur à prier pour vous en ce 12 octobre (1), et toute la
communauté de Saint- Maur communiera à la même pensée. Comme elle est toute
dévouée au service des vocations, elle vous est reconnaissante d’encourager
son zèle en rappelant le rôle primordial du recrutement et en guidant ce
zèle par vos appels à la ferveur, à l’approfondissement de la vie
intérieure, à la charité ‘qui inspire et conquiert’.
Nos alumnistes aussi prieront pour vous. Ils veulent vous le dire
eux-mêmes. Ils sont cette année le ‘pusillus grex’, 65. C’est peu, mais
l’?uvre reste belle et incite à faire davantage. Ainsi c’est la prière de
tous qui montera pour vous ce jour et comme toutes nos prières, elle sera
portée par Notre-Dame et par le Père d’Alzon à toutes vos
intentions.

P. Michaël Le Bec au P. Dufault, 9 octobre 1962.
(1) 12 octobre, fête de saint
Wilfrid.

Religieux de la Province de France.

Jeunesse (1913-1946).

Joseph-Marie Le Bec naît à Ploudaniel (Finistère), le 30 décembre 1913. Après ses études secondaires à Saint-Maur dans le Maine-et-Loire (1926-1929), puis à Melle dans les Deux-Sèvres (1929-1931), il fait un essai de vie au séminaire de Quimper ( 1931- 1932), puis fait le choix de l’Assomption et entre au noviciat de Nozeroy (Jura) et prend l’habit le 2 octobre 1932, sous le nom de Frère Michaël. Il y fait profession le 3 octobre 1933. Il accomplit une année de philosophie à Saint-Gérard en Belgique (1933- 1934), deux années de théologie à Lormoy (Essonne), de 1937 à 1938. Le service militaire l’a requis au 48ème R.I. à Landerneau (1936). Le Frère Michaël retrouve ensuite la route de Lormoy jusqu’à la mobilisation. Le 4 mai 1939, il est admis aux v?ux perpétuels (1). En septembre 1940, il rencontre le P. Yvon Le Vern, compagnon d’infortune et de captivité au Stalag IV B en Saxe. En octobre, ils quittent le camp surchargé pour aller travailler comme charpentiers dans une entreprise du bâtiment à vingt kilomètres au sud de Leipzig. En 1945, il revient à Lormoy, après cinq ans de captivité, y termine sa théologie et est ordonné prêtre le 9 juin 1946.

Enseignement (1946-1970).

En 1946, le P. Michael est nommé au collège Jeanne-d’Arc de Tarbes (Hautes-Pyrénées) où il laisse le souvenir d’un professeur consciencieux et d’une grande culture, avec beaucoup de finesse retenue et un brin de malice. Il est supérieur de l’alumnat de Saint-Maur de 1958 à 1965. Une nouvelle année à Tarbes (1965-1966) et deux ans au collège Sainte-Barbe de Toulouse (Haute-Garonne), de 1966 à 1968 achèvent ce parcours de vie enseignante.

En 1968, il rejoint la communauté qui dirige le centre de formation agricole et horticole de Kerbernès près de Quimper (Finistère): il y reste deux ans (1968-1970).

Paroisses (1970-1991).

L’année 1970 marque un tournant dans la vie du P. Michaël: il entre dans la pastorale paroissiale, avec une totale disponibilité et quelque appréhension. Nommé à La Pallice, à La Rochelle (Charente-Maritime) dont la communauté à l’époque compte quatre Pères, il s’adapte vite à son nouveau ministère et s’y trouve heureux. En 1976, il quitte la ville pour oeuvrer dans le secteur de Villefranche-du-Périgord (Gers) où trois Pères, aidés du Frère René Lafanne au plan matériel, desservent une douzaine de clochers. Humble et proche des gens, il y vit jusqu’à ce début de juin 1991 où il se sent très fatigué: « je voudrais partir loin pour qu’on ne puisse pas me rejoindre ». Il s’en va se reposer chez des amis à Aire-sur-La-Lys (Pas-de-Calais). Le 13 juin, il y meurt subitement, sans doute d’une rupture d’anévrisme. Ses obsèques sont célébrées à Layrac (Lot-et-Garonne) le 18 juin. Le P. Raphaël Le Gleuher, alors vice-provincial de Bordeaux, lui-même en soin de santé, ne peut présider la cérémonie, mais il fait parvenir à l’assemblée un message de sympathie et de communion: « Confrère délicat et discret, le P. Michael savait relever chez les autres le côté positif et ignorait volontiers l’excès ou le défaut. Il n’aimait pas se mettre en avant. Il a tenu à se montrer toujours disponible en disant et en réalisant qu’il irait là où on le jugera le plus utile. Il a tenu cette ligne de conduite sans bruit, discret comme en tout ce qu’il faisait. Un frère ne disparaît jamais complètement. Du P. Michaël nous restera son exemple de discrétion, de simplicité, de disponibilité, comme un appel à nous convertir nous-mêmes » (2).

(1) Chronologie donnée sous toutes réserves, d’après le rapport d’admission. Mais à cette date, le Frère Michaël est-il encore à Lormoy? N’a-t-il pas déjà rejoint son régiment? (2) Message du P. Raphaél Le Gleuher pour la cérémonie des obsèques du P. Michaël Le Bec, le 13 juin 1991, à Layrac.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (V) 1991-1993, p. 24-25. Assomption France, Nécrologie année 1991, p. 211-212. Dans les ACR, du P. Michaël Le Bec, rapports sur le recrutement, l’enseignement dans les alumnats (1959, 1964), rapports sur Saint-Maur (1958-1963), correspondances (1936-1964).