Michel-Ange (Michel) GOMEZ – 1901-1996

Une opinion à propos du
Charisme …
« La préparation de l’Année Sainte (1975) est axée sur le retour aux
sources, concrètement pour notre Chapitre Général un essai de définition du
‘Charisme du P. d’Alzon’. C’est une tentative vaine. Forme vivante de
l’action du Saint-Esprit, le charisme est essentiellement indéfinissable.
Comme tout ce qui est vivant, il agit surtout par contagion. L’action du
charisme du P. d’Alzon est très sensible chez ses disciples immédiats:
Picard, Bailly, Pernet, Cela a été cerné par les meilleurs biographes. Mais
après, ce sont les brumes. Notre idéal, c’est un simple troufion de la
piétaille assomptionniste, le P. Jean de la Croix Laurent, mort en
1923, qui, à mes yeux, le réalisa le mieux. Lamarque qu’il imprima à ses
fils spirituels m’a fait pressentir ce charisme. J’ai à l’époque insisté
auprès du P. Saint- Martin pour qu’il publie ses souvenirs sur notre ancien
Maître. A la demande du P. Alype Pétrement, il a, semble- t-il, rédigé un
petit mémoire. Qu’en est-il? Le thème du charisme est la ‘tarte à la crème’
de la 31ème congrégation générale des
Jésuites (1965-1966). Résultat décevant d’après le P.
Aucagne lui-même… ». P. Michel-Ange.

Michel-Ange (Michel) GOMEZ

1901-1996

Religieux français de la Province de Belgique-Sud.

Un homme, un siècle, quatre continents, mille idées.

Il est difficile d’écrire la vie de ce religieux, sinon à grands traits, en nous restreignant à évoquer seulement rapidement ses principales étapes.

Michel Gomez est né à Ascq (Nord), le 17 novembre 1901. Il entre au Bizet (Belgique) en 1913 pour commencer ses études d’humanités. La guerre l’oblige à les poursuivre à Marcq-en-Baroeul, à Lille, au collège Saint-Joseph des jésuites. Il revient à l’Assomption en 1919 en gagnant les alumnats de Zepperen et de Vinovo (Italie). Il prend l’habit religieux le 24 septembre 1920 à Saint-Gérard et prononce ses premiers vœux le 23 septembre 1921 sous le nom de Frère Michel-Ange. Il enseigne deux ans au collège Saint-Augustin à Philippopoli-Plovdiv (Bulgarie). Il rentre en Belgique, à Taintegnies, pour les études de philosophie qu’il termine à Louvain (1924). Il est alors envoyé à Rome (1925-1929) et y conquiert une licence et un doctorat en théologie. Profès perpétuel le 1er novembre 1926, il est ordonné prêtre le 7 juillet 1929.

Un professeur brillant et inquiet (1929-1951).

Après être passé deux ans à Saint-Edme à Sens (1929- 1931) et une année à Pontievoy (1931-1932), il va enseigner au collège de Nîmes (1932). Le P. Michel- Ange relève alors de la Province de Paris. Dynamique, travailleur et exigeant, il prépare en même temps une licence ès-lettres à Montpellier. Travaillé par un désir de vie érémitique, il fait un essai chez les Pères Chartreux (Beaulieu-les- Fontaines, 1932-1934). Il enseigne encore à l’alumnat de Chanac (1933-1936) où sa sévérité pose problème, puis au collège Saint-Louis de Gonzague à Perpignan (1936-1945). Il élabore un plan de réforme de la pédagogie.

En 1946, le voilà saisi par la préoccupation d’une vie missionnaire: assez instable, il a épuisé toutes les maisons de la Province de Paris (Les Essarts, Clairmarais, Saint-Denis, Montéchor). Intelligent mais instable, le P. Michel-Ange donne l’impression de vivre plusieurs vies à la fois.

Sous toutes les latitudes, dans un salmigondis d’initiatives.

En septembre 1948, il obtient son exclaustration pour le diocèse de Lille. Deux ans plus tard, il fait sa demande de réintégration et en 1951 il est transféré à la Province de Bordeaux. Il est alors envoyé, selon son désir, en mission, en Amérique Latine: Argentine (Santos Lugares), Chili (Valparaiso,1952), Eugénopolis au Brésil (1954-1962), avec un induit pour être détaché aux missions de l’intérieur. En 1962, le voilà enseignant à Bury au Québec dans l’hémisphère Nord (1962-1965), puis à nouveau au Brésil où il enseigne l’anglais (1966-1968). Il revient en France, pour des services pastoraux: Fumel, Chaville (Carmel). En 1971, il cherche à perfectionner son anglais pour aller fonder en Irlande. Il se présente à Gosselies en Belgique, voulant s’inscrire pour des cours de langue à Mons, cours qu’il n’a jamais suivis. Le Provincial de Belgique-Sud, le P. Pierre Charon, régularise sa situation en obtenant son affiliation (1980). Il reste 20 ans au collège Saint-Michel, toujours poursuivi par de nombreux projets, pédagogiques, agricoles, tiers-mondistes, linguistiques, à l’image de sa vie, éclectique, parfois ésotérique, toujours originale. En 1978, il publie un ‘Chemin de Croix vivant’ avec des reproductions de René de Cramer. Végétarien, lecteur infatigable, autodidacte en tout, y compris pour ses remèdes, il pense que le climat de Lorgues sera plus favorable au soin de ses articulations douloureuses. Il demande son transfert. Il y arrive le 14 septembre 1991. Il échafaude à nouveau des projets d’édition, tout en répétant à qui veut l’entendre qu’il est bien soigné dans ce ‘mouroir cinq étoiles’. il finit par y mourir, à 95 ans, le dimanche 15 septembre 1996. Il est ‘adjoint à ses pères’, le 17 septembre, mettant ainsi un terme à une existence assez originale, toujours en mouvement sur le plan géographique comme sur le plan des idées, avec une générosité incontestée, mais d’une fécondité problématique et pour le moins embarrassante.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VII) 1996-1997, p. 38-40. Belgique-Sud Assomption, novembre 1996, n° 254, p. 3244-3249. Assomption France, Nécrologie 1996, p. 368-375. Lettre du P. Gomez au P. Paul Charpentier, Gosselies, 13 octobre 1974. Dans les ACR, du P. Michel-Ange Gomez, correspondances (1918-1994). On trouve dans la revue du Montmartre Canadien, ‘L’Appel du Sacré-Coeur’, des articles du P. Michel-Ange Notices Biographiques