Michel (Paul-Auguste-Roger) NADIN – 1920-1976

Butembo, 14 août 1968.
« Je tiens à vous remercier bien sincèrement pour vos vœux et pour l’image
souvenir que vous avez bien voulu me faire parvenir à l’occasion de mon
jubilé d’argent de profession (1). Soyez assuré que je prierai plus
spécialement pour vous en ce jour qui est aussi le jour de fête de notre
Père, le P. d’Alzon. J’espère, avec la grâce de Dieu, pouvoir continuer de
longues années encore mon travail ici,
en y mettant en pratique les mots de votre image-souvenir:
‘hardi, surnaturel, désintéressé’
(2). Veuillez agréer avec ma filiale reconnaissance
l’assurance de mon dévouement et de mes prières ».
Fr. Michel Nadin.
(1 ) De quel anniversaire de profession s’agit-il? La correspondance est
datée du mois d’août. Or la première profession religieuse du Frère Michel
comme Frère coadjuteur a eu lieu le 21 novembre 1943:
il s’agit en fait de son deuxième essai de vie religieuse puisqu’il est
entré d’abord comme Frère de chœur dans la Congrégation en 1939 et qu’il
s’est engagé une première fois dans les vœux le
27 octobre 1940.
(2) C’est là une variante de la formule plus traditionnelle:
‘Hardi, généreux et désintéressé’.

Notices Biographiques A.A

Religieux belge de la Province du Zaïre. Un parcours accidenté ou entravé. Paul-Auguste-Roger Nadin est né le 7 juillet 1920 à Saint-Hubert, en Belgique. Il accomplit ses études secondaires au séminaire de Bastogne dans les Ardennes, de 1932 à 1936, et à la maison des vocations tardives de Sart-les-Moines, de 1936 à 1939. Il demande à entrer à l’Assomption et prend l’habit le 24 septembre 1939, sous le nom de Frère Michel, comme religieux de chœur. Il prononce ses premiers vœux le 27 octobre 1940 à Taintegnies. Il va suivre ensuite les cours de philosophie à Saint- Gérard de 1940 à 1942. On lui demande alors de se retirer (1), mais il obtient de continuer dans la vie religieuse comme Frère coadjuteur. Il recommence donc un noviciat à Taintegnies au terme duquel il est admis à la profession religieuse, le 21 novembre 1943. Il prononce ses vœux perpétuels le 21 novembre 1946 à Bruxelles. Le P. Jean Marie Decorte, son supérieur, se porte garant de lui: « Pendant les deux années que le Frère Michel a passées à Bruxelles, il a fait vraiment preuve de dévouement, malgré une santé délicate. Il s’est acquitté avec beaucoup de soin de ses différents services: porterie, entretien de la maison, aide au procureur pour les missions Depuis que je connais ce Frère, je souscris à ce que peut en dire le P. Damien Swennen [de Taintegnies]. Le conseil de la maison est unanime dans son acceptation du à la profession perpétuelle ». De 1944 à 1954, le Frère Michel seconde en effet le Père Procureur à Bruxelles (2) pour les missions. Il est envoyé ensuite au Zaïre (1954) où l’on vient d’ouvrir une procure à Butembo et il en est pour longtemps la cheville ouvrière, tandis que se succèdent les religieux responsables: P. Monulphe Bastiaens, Alexis Collard, Mattheus Van Herkhuyzen, Gisbert Cleuren, Vedastus Geerdens et Johan Boon. Page : 19/19 Quand le Frère Michel arrive à ses 25 ans de profession, en 1968, le Frère Maurice Hex, son compagnon et ami fidèle, témoigne en sa faveur: « Le Frère Michel est la vraie maîtresse de maison qui prend soin de tout, se montre discret et effacé, demande à chacun de rendre compte de ses dépenses pour que le livre de comptabilité soit bien tenu. Il vit sur place avec régularité et fidélité et il passe de longs moments à la chapelle ». Pour la Procure du diocèse de Butembo, il est nécessaire de confier la tâche à d’autres mains. Elle est confiée à la responsabilité du clergé diocésain. Il est dur au Frère Michel, après 23 ans de travail sur place, de quitter son milieu, ‘sa’ procure. Mgr Emmanuel Kataliko lui propose alors d’envisager l’appel au sacerdoce, comme couronnement de sa vie donnée au Seigneur. Grâce à l’amitié fraternelle de Maurice Hex, le Frère Michel entreprend avec courage ce nouveau chemin dans sa vie. Il passe à Kyondo. Il s’ouvre aux mentalités nouvelles,’dépasse certaines de ses étroitesses et travaille comme secrétaire à l’hôpital, avec Sœur Pilar Nunez, tout en se remettant à l’étude de la théologie. Le Frère Michel est ordonné prêtre le 24 août 1975 à Butembo, en l’église de Kitatumba, par Mgr Kataliko. Souffrant de maux de tête continuels, il rentre en Belgique pour se faire soigner. Il meurt chez sa sœur à jette, le 25 mai 1976. Il y est inhumé le 28 mai suivant, entouré par la prière de quelques anciens missionnaires et d’autres en congé. (1) Le Frère Michel qui réussit dans les études, échoue dans les matières enseignées en néerlandais. Il semble victime d’une mesure qui impose le bilinguisme et d’un ostracisme peu justifié en cette période de vie rendue déjà difficile par les conditions de guerre. D’autres opinions semblent accréditer l’idée que le Frère Michel était peu doué pour les études… (2) A l’époque, la Procure des Missions à Bruxelles ne bénéficie pas d’une résidence propre, mais utilise les sous-sols de la maison provinciale, rue Duquesnoy. Le P. Procureur en question trompe la confiance de son adjoint, en prenant la clé des champs et de la caisse. Le Frère Michel subit cette nouvelle épreuve dans sa vie, lui si méthodique et si consciencieux dans son travail, avec beaucoup de sens surnaturel, comprenant surtout que sur terre il ne faut mettre sa confiance qu’en Dieu seul. On peut dire que cet événement l’a beaucoup marqué et a dû jouer dans sa demande d’une vie missionnaire. Page : 20/20

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 28-29. Marc Champion, Province du Zaïre, religieux défunts 1929-1994, Butembo, 1994, p. 25-26. Dans les ACR, du P. Michel Nadin, trois correspondances (1965-1968), dossier en vue de l’ordination. Notices Biographiques