Monulf (Wilhelmus Petrus) BASTIAENS – Congo.

Portrait d’un monument

‘C’est un monument qui s’en va. Il est un des premiers qui au château de
Stapelen se destine au sacerdoce.

Il est un religieux de la période initiale de l’Assomption néerlandaise et
la plupart de ceux qui l’ont connu n’ont de lui que l’image du religieux
missionnaire au Congo.

En revenant définitivement
aux Pays-Bas, son cœur reste en Afrique. Cinquante-deux années dans le
Continent noir et poussiéreux ne s’oublient pas si facilement, dit-il
pendant sa difficile période de transition. Le monde qui nous entoure
change tellement vite, que je n’arrive plus à suivre avec mes vieilles
idées.

Mais il garde son sourire et beaucoup de courage. Il se contente de peu.
jamais une parole de travers et jamais une gêne pour ses frères. Il croît
vers la plénitude de sa vie
avec une admirable résignation, en attendant la venue du Seigneur et de son
règne. Que le Père Monulf repose en paix!’.

Religieux de la Province de Hollande, missionnaire au

Jeunesse.

Quoique officiellement né à Maastricht (Hollande) le 21 juin 1902, le berceau du futur P. Monuif se trouve à Oud-Vroenhoven (Belgique) et il est appelé Wilheimus Petrus. En 1915, il devient un des premiers habitants du château de Stapelen à Boxtel (Hollande), récemment acheté, où il commence sa formation à l’Assomption. Il fait ses humanités aux Essarts en France (Seine- Maritime). Après son noviciat, il prononce ses premiers vœux sous le nom de Frère Monulf à Saint-Gérard (Belgique), le 1er novembre 1929. Pour ses études de philosophie et de théologie, il séjourne d’abord à Taintegnies, puis à Saint- Gérard et finalement à Louvain, toujours en Belgique, où il est ordonné prêtre le 9 juin 1929. Il est nommé professeur à Zepperen (Belgique), puis il étudie la médecine tropicale à Bruxelles. D’abord procureur des missions à Boxtel, il part pour le Congo, alors colonie belge, en septembre 1932. Il y est en qualité de missionnaire affecté à différents postes: curé, économe de l’évêché et maître des novices pour les frères coadjuteurs.

Les caractéristiques de sa vie.

Les caractéristiques dominantes sont le détachement et la disponibilité: aller là où le Seigneur l’envoie. Il fait jusqu’au sacrifice de quitter ses parents et sa famille pour aller missionnaire dans une autre partie du monde, œuvrer comme envoyé de Dieu. En Afrique, il doit quitter ses propres habitudes, les relativiser, s’ouvrir à une autre culture et à une autre conception de la vie, et rencontrer concrètement les Africains comme des hommes et comme des croyants. La deuxième guerre mondiale l’empêche de passer des vacances en Europe, ainsi il restera 14 ans sans rentrer en Hollande. Au Congo, il fait beaucoup de bon travail, et pour le diocèse, il en fait plus que le Congo ne peut l’imaginer.

1902-1996

Comme économe de l’évêché, il ose prendre des décisions en investissant dans des machines qui augmentent la productivité, ce qui permet de dépendre de moins en moins et des aumônes et des dons. Vient alors la rébellion de 1964: il faut encore tout lâcher. La rébellion le force à fuir et à quitter ce qu’il a édifié. Pendant deux années, il séjourne à Bruxelles comme procureur des missions (1964-1966).

Le procureur retourne au

Comme procureur, il continue l’œuvre à laquelle il s’est donné. Mais comme il le dit lui-même: « je ne peux pas vivre entre quatre murs ». Et en 1966, après la tourmente et dans l’espérance de la construction d’un nouveau Congo, il repart pour l’Afrique où il va rester jusqu’en 1984. Il doit la quitter à cause d’une maladie des yeux et il retourne à Boxtel. Une période de sa vie très difficile: beaucoup de mal à s’adapter au renouveau. Il se rend compte des nombreux changements du style de la vie religieuse. On peut dire que son corps est en Europe, mais que son esprit et son âme demeurent en Afrique.

Une fin pleine de résignation.

Son état de santé le force à quitter aussi la communauté du château, mais il le fait avec une admirable résignation. Sa santé s’affaiblissant, il accepte d’aller dans la maison de repos pour religieux âgés de Moienweide à Boxtel. Il y apprécie les bons soins qu’on lui prodigue. Le 1er juillet 1996, il reste au lit, se sentant trop faible pour se lever. Le lendemain vers midi, il décède pacifiquement, 94 ans. Le 5 juillet 1996, on lui fait des obsèques solennelles et il est inhumé au milieu de ses frères au cimetière religieux de Stapelen. La mort est l’accomplissement d’une vie à peine marquée par la maladie: un jour au lit, une nuit épuisante et un décès paisible. Tout cela caractérisé par une résignation et une acceptation admirables. Cette attitude de se détacher dans la paix et la sécurité ne s’acquiert pas en quelques jours, elle est le fruit mûri pendant toute une vie.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe VII (1996-1997), p. 29-31. De Schakel, juli 1996, n° 3, p. 201-209. Cinquantenaire de la mission assomptionniste au Zaïre (1929-1979). ART-Zaïre (Bulletin de la Province du Congo). Marc Champion, Province du Zaïre Religieux défunts 1929-1994, Butembo, 1994 (passim). Correspondances du P. Monulf Bastiaens dans les ACR: 1932-1964 (surtout la période troublée de 1964 oÙ le Père a raconté son odyssée).