Norbert (Albert-Henri-Joseph) ROLUS – 1920-1968

Saint-Gérard, 1956.
« Suite à notre dernière entrevue en novembre 1955, permettez-moi de vous
rappeler la question capitale que je vous ai soumise, de vive voix. Entré à
l’Assomption pour y devenir prêtre, j’ai suivi en entier le cycle des cinq
années d’humanités, trois années de philosophie et 2 années de
théologie. Durant cette période de 11 ans passés à l’Assomption, de 1935 à
1946, aucun professeur ni supérieur n’a relevé de déficience dans mon état
de santé qui aurait entravé mon travail
intellectuel et même manuel. Mais une surprise des plus malheureuses m’a
été réservée à la fin de ma deuxième année de théologie. En mai 1946, m’est
survenue une crise nerveuse, ayant pour antécédent une fatigue générale.
Mon mal étudié par un neurologue a été qualifié d’épileptique. Cela se
manifeste par des crises d’absence de courte durée, se produisant
irrégulièrement. Elles ont été moins fréquentes pendant mon séjour à
Lorgues
(1948-1951) et après ma rentrée en Belgique. Le train de vie que je mène
depuis 10 ans m’est des plus pénibles. Mon idéal s’est estompé. Serait-il
possible d’envisager à nouveau une solution qui corresponde à mon idéal ?
».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Belgique-Sud. Une vie marquée très tôt par l’épreuve. Albert Rolus est né le 13 août 1920 à Noville, petit village ardennais de la commune de Hollange, situé au Sud de Bastogne, le long de la frontière luxembourgeoise. Ses parents exploitent à Honville une modeste ferme. Il est le deuxième enfant d’une famille qui en comptera six. Très jeune, il connaît l’épreuve. Il n’a pas encore 11 ans accomplis quand son père, Joseph, meurt le 15 janvier 1931. Albert suit tout le cycle des études primaires jusqu’à 14 ans. Comme il s’est montré un élève appliqué, on l’envoie à Bastogne à l’école des Frères des Ecoles Chrétiennes où il suit les cours comme externe une année. Comme il désire devenir prêtre, il entre au Prieuré de Sart-les-Moines en 1936 où il poursuit tout le cycle des études secondaires jusqu’en 1940. Le 29 septembre 1940, il prend l’habit au noviciat de Taintegnies et y prononce ses premiers vœux, l’année suivante, sous le nom de Frère Norbert. Cette année de noviciat et les trois années de philosophie qui suivent à Saint-Gérard (1941-1944) comptent parmi les plus paisibles de la vie du Frère Norbert, malgré la situation précaire créée par l’occupation allemande et les privations imposées par la guerre. De bonne volonté, appliqué sans grands moyens intellectuels, il passe assez inaperçu. Timide de caractère, il possède les qualités qui forment à la vie religieuse du temps, la docilité, le sérieux et le travail. En 1944, le Frère Norbert commence ses études de théologie. On signale simplement qu’il souffre souvent de maux de tête, mais la deuxième année se manifestent les premiers symptômes d’une maladie nerveuse que les docteurs consultés déclarent de nature épileptique. Eprouvante en elle-même, surtout sur le plan moral, cette maladie constitue à l’époque un empêchement canonique pour accéder à la prêtrise. A.A C’est à travers bien des combats que le Frère Norbert finit par comprendre et accepter cette situation qu’il n’a pas choisie. Durant l’année 19461947, il demeure à Saint-Gérard, mais sans poursuivre ses études de théologie. En 1947, il est envoyé à Bure comme professeur, mais il doit renoncer à cet emploi. Le P. Provincial de Belgique décide alors de le faire admettre à la maison de Lorgues en France (Var). L’intention sans doute bonne se révèle en pratique désastreuse. Au bout de trois ans, en 1951, le Frère Norbert rentre en Belgique. Rattaché à la communauté de Hal, il revient à Saint-Gérard en 1952. Il y rencontre le P. Adhémar Merckx, vétéran de la mission en Roumanie, qui l’initie à l’apostolat oecuménique. C’est ainsi que peu à peu le Frère Norbert s’occupe du petit bulletin ‘L’Unité chrétienne’, fondé par le P. François- Joseph Thonnard. A partir de 1938, il collabore à la revue Unitas dirigée par le P. Jérôme Cornélis. On relève dans cette revue, de 1958 à 1962, une vingtaine de petits articles signés par le Frère Norbert. En 1962, ce dernier est envoyé à Tamines (La Praile), puis, après la suppression de cette résidence en 1965, il rejoint la communauté de Haine-Saint-Paul. Il revient fréquemment à Saint-Gérard où habite sa mère, son état de santé rendant de plus en plus difficile pour lui la vie en communauté. Il trouve aussi près d’elle une sorte de refuge. Avec l’accord de ses supérieurs, il finit par résider habituellement chez elle, surtout à partir de 1967. C’est vers cette époque que l’on remarque un amaigrissement et un affaiblissement inquiétants au point qu’il doit être envoyé à la clinique Sainte-Elisabeth à Namur. Il y subit une première intervention chirurgicale. Le diagnostic des médecins est sans équivoque: le Frère Norbert souffre d’un cancer aux intestins. Soulagé après l’opération, il revient auprès de sa mère à Saint- Gérard, mais le mal poursuit inexorablement sa progression. Le cancer se généralise en avril 1968, les poumons sont atteints. Le 28 avril, il est transféré à l’infirmerie de Saint-Gérard, la maman elle-même âgée et souffrante ne pouvant continuer à le prendre en charge. A partir du 14, le Frère Norbert sombre dans le coma. Il meurt le 15 mai au matin. Il est inhumé dans le cimetière du village.

Bibliographies

Bibliographie et documentation : B.O.A. juin 1969, p. 311-312. Belgique-Sud Assomption, octobre 1968, n° 30, p. 987-991. Lettre du Frère Norbert Rolus au P. Wilfrid Dufault, Saint-Gérard, 29 janvier 1959. Le Frère Norbert a apporté sa contribution à la rédaction des deux revues, L’Unité chrétienne et Unitas (1952-1962). Notices Biographiques