Norbert Biger – 1918-2007

Fils d’un marin pêcheur et d’une ouvrière d’usine de Lesconil; Norbert est né le 1er Janvier 1918. ; Ses années d’enfance l’ont profondément marqué, du fait de la pauvreté du milieu marin et de ses luttes !

En 1930, à l’âge de 12 ans il rentre à l’alumnat de st Maur et poursuivra ses études, secondaires à Melle­. Puis en 1935 il s’engage dans la vie religieuse et fera sa première profession en mars 1937. Quand l’a guerre éclate en 1939, il est mobilisé mais très vite réformé.

La débâcle de 1940 le ramène à ses études de philo et de théologie, jusqu’à la ‘libération’. Avec quelques étudiants, il crée un noyau de Résistance dans la banlieue sud de Paris jusqu’en août 1944… Ordonné prêtre en 1947 à Lormoy, sa première nomination sera la Bayard Presse, comme journaliste à ‘La Croix’ de 1947 à 1950. Il est alors brutalement mêlé aux problèmes complexes d’un pays qui sort de guerre, et d’une église en recherche d’identité

En 1950 il tente même une expérience de prêtre-ouvrier à Laleu ; mais cette initiative sera suspendue. Commence alors pour Norbert une nouvelle mission: l’enseignement de 1951 à 1968. Dans nos collèges de Toulouse, Fougère, Tarbes-; Agen»9591968Y il- sera en même temps préfet de discipline et professeur d’histoire. L’histoire jusqu’au bout fut sa passion, elle le conduisit aux sources des grandes civilisations de l’Égypte, de la Grèce et d’Israël.

Les turbulences de Mai 68 le ramènent à Lormoy près de Montlery comme supérieur d’un centre de formation et de sessions pour des ‘Jeunes responsables d’Eglise’.

Après cette expérience de trois ans, de 1971 à 1979 Norbert est appelé à la pastorale paroissiale dans l’Essonne à Bièvres et à Arpajon comme curé et curé doyen. Contacts et relations humaines lui sont indispensables.

Mais en 1979 une grande épreuve de santé et un accident le soumettent durant 3 ans à des soins intensifs et douloureux. Un accident de moto provoque une paralysie et une aphasie. De plus un cancer exige une lourde chimiothérapie. A travers ces épreuves, le tonus de Norbert aide parfaitement sa guérison. Entre les traitements, le passionné d’histoire se convertit en guide et accompagne des groupes de NDS pour des voyages culturels et des pèlerinages, à travers les pays d’Orient, Israël, Syrie, Jordanie, et en Égypte. Ce furent des années inoubliables pour lui. C’était une seconde thérapie.

Après cette lourde épreuve, il est nommé en 1983 curé de Layrac. Le pasteur et l’historien retrouve toutes ses possibilités, et avec le maire d’alors organise des festivités sur le passé historique de la ville. Il connaît bien tous ses paroissiens, et ils sont heureux de le rencontrer régulièrement dans leur quartier et dans leurs demeures.

En 1990 le temps est venu de penser à la retraite, ou du moins à une semi retraite. Norbert va une année à Pont l’Abbé. Puis en 1991 il lui est demandé d’assurer l’aumônerie de la maison de repos des PSA à Mérantais. Mais là encore son souffle missionnaire trouve une nouvelle expression dans l’accompagnement de- ‘jeunes handicapés’ à la ‘fondation Anne de Gaulle’ et à l’Arche de Jean Vanier à st Rémy les Chevreuses.

En nov. 2000 il rejoint la communauté des Orantes de l’Assomption au Vigan comme aumônier. Mais la fatigue est quand même là et en Mars 2002 Norbert rejoint notre communauté de Layrac. En octobre 2003 il me disait: « Dans notre maison: valide, handicapé, malade, chacun a sa place au même titre. Depuis que je suis ici, j’ai mieux pris conscience de ta place de nos frères malades, aucun ne nous est indifférent. Mes propres épreuves de santé m’ont préparé à vivre cette présence de solidarité, à être présent auprès d’eux par les promenades, en les accompagnant en fauteuil, visite, prière etc. »

Le décès de sa sœur unique est aussi une épreuve qu’il a longuement partagée avec la communauté. Puis il y a une quinzaine de jours Norbert doit lui aussi accepter de se laisser accompagner en fauteuil. La fatigue se fait plus présente et il me disait la semaine dernière : « Je crois qu’il faut que je me prépare, mais je suis très serein ».

Effectivement en quelques jours tout s’accentue… hospitalisé… il nous quitte ce mardi matin 29 mai. Nous garderons aussi de lui son sens de l’accueil et sa disponibilité pour faire découvrir l’histoire de notre ‘Prieuré’ à tout visiteur qui entrait dans la cour d’honneur.

P. Jean Exbrayat

Bibliographies