Norberto (Luis Salvador) DE LA – 1911-1970

Une prise de contact décontractée.
« Le premier contact du Frère Norberto avec l’Assomption cadre bien avec
l’original !té de sa personne. A la fin de
l’année 1931,le Supérieur de la maison centrale, sise à Saenz Pena y
Venezuela, avant son transfert à San Martin de Tours, fut appelé pour
rencontrer un jeune homme souriant, inclinant gracieusement sa tête ronde
et tendant une main large à son interlocuteur. Ces expressions franches
sans embarras donnent une impression favorable de vitalité et de jovialité.
La conversation est heureuse et le Supérieur invite le jeune homme à
recevoir la bénédiction du Saint- Sacrement qui a lieu dans la petite
chapelle. L’assistance
est peu nombreuse. Les chants grégoriens accompagnés par l’harmonium et
quelques voix de sœurs ne sont pas connues du visiteur. Mais au Tantum
ergo, notre jeune homme a l’occasion de faire entendre sa voix à pleine
gorge. Les Sœurs ne peuvent contenir un fourire irrésistible qu’en prenant
le large. Nous reprenons après la cérémonie notre
conversation… ». P. Pémoulié.

Norberto (Luis Salvador) DE LA TORRE

1911-1970

Religieux argentin de la Province d’Amérique du Sud.

Une enfance bercée par le chant monastique.

Luis Salvador De La Torre est né le 19 août 1911 à Flores (Buenos Aires), d’une famille d’ascendance andalouse, pratiquant une activité commerciale, établie à proximité du monastère des Visitandines. Le jeune Luis fréquente assidûment les offices, se familiarisant très tôt avec le chant grégorien et percevant les coutumes de la vie monastique, intrigué par la clôture et le ‘tour’. Il fait ses études primaires chez les Frères Maristes de Flores et entre dans leur juvénat d’où sa famille le fait revenir sans que l’on en sache bien le motif précis. En 1931 il prend contact avec l’Assomption et est admis au noviciat de Santos Lugares, le 4 avril 1932. Il prend le nom de Frère Norberto des mains du P. Antoine Silbermann, accomplit son temps de noviciat comme religieux convers sous la conduite du P. Francois de Paule Blachère (1932-1933). Il est particulièrement chargé du soin du P. Silbermann qui devait mourir le 15 novembre 1933. Le 5 avril 1933, le Frère Norberto prononce ses premiers vœux en présence de la communauté: les PP. Antoine Silbermann, Georges Neusch, Gedefroid Pierson, Aloys Foliard et François de Paule Blachère. Le 5 avril 1936, il est reçu à la profession perpétuelle par le P. Antoine Berthou.

Un serviteur original et efficace de la communauté. Presque toute la vie religieuse du Frère Norberto se passe à Santos Lugares, à part deux brefs séjours au Chili, pour lui permettre de changer de milieu. Son occupation essentielle est d’être le sacristain du sanctuaire où il donne un éclat particulier au culte de Saint Antoine de Padoue. Pour les grandes fêtes, il se lève de grand matin, court au marché central de fleurs et transforme tous les autels en de véritables jardins.

Sa spécialité, ce sont les cérémonies des funérailles. Il déploie des énergies toujours nouvelles d’inventivité pour orner les catafalques de fleurs, de bougies et de voiles, soigner les morceaux musicaux principaux (Marche de Chopin) et frapper l’émotion de l’auditoire. Un jour, une de ses constructions illuminées prend feu et la veuve qui n’a pas grande illusion sur les vertus conjugales de son feu mari se met à crier de toutes ses forces que ce sont les flammes de l’enfer. Le Frère qui éteint l’incendie a beaucoup de peine à les transformer dans l’esprit de la veuve déchaînée en flammes du Purgatoire! Au Congrès eucharistique international qui a lieu à Buenos Aires en 1934, il déploie des trésors d’énergie et de ‘toupet’, en accompagnant le P. Zénobe Goffart aux manifestations, au rang des invitations spéciales. Le Frère Norberto sait forcer les barrières et autres barrages qui réservent les places de choix aux ‘officiels’, en sachant appuyer la qualité des personnes recommandées! Ne l’a-t-on pas vu une autre fois, dans le cadre d’une réception officielle, s’approcher audacieusement du président de la République argentine Dr. Videla, recevoir l’accolade et trinquer avec lui en présentant ses félicitations! Il travaille aussi à la construction du sanctuaire de Santos Lugares, en recherchant des bienfaiteurs aidé en cela par une audace peu commune. Il possède une sorte de charisme pour susciter des dons de toute espèce. Ne reçoit-il pas un jour en plein hiver plus de 150 poussins, à peine sortis de la couveuse! C’est ainsi qu’il ne peut parler avec un commerçant – lui-même est un fils de commerçants – sans faire découvrir à celui-ci comment il peut venir en aide aux besoins de la communauté. Personnellement très désintéressé, le Frère Norberto a le sens du bien communautaire commun, tout en restant très ouvert aux besoins des pauvres et des malades qu’il se préoccupe toujours d’aider. Toute sa vie, il porte une grande dévotion au culte de la Vierge et du rosaire. Atteint de diabète, ne s’astreignant guère à un régime suivi en dehors des moments de crise le Frère Norberto tombe dans un coma diabétique le 7 juillet 1970. Il n’a que 57 ans quand il meurt trois jours après, le 10 juillet dans une clinique. Le Frère Norberto est inhumé au caveau de Santos Lugares.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. novembre 1970, p. 147-148. Notice biographique par le P. Carmelo Pémoulié s.d. Santos Lugares 6 pages. Lettre du P. Solano, Rome 19 juillet 1970. Notices Biographiques