Noud (Stéphan) Smulders – 1931-2014

Noud Smulders est né à Eindhoven (Pays-Bas) le 18 décembre 1931. Pendant  la guerre, les Allemands avaient occupé l’école apostolique de Boxtel, c’est pourquoi il dut retarder son entrée au séminaire, mais dès l’armistice il fut l’un des premiers à intégrer l’école apostolique pour commencer ses études ; depuis l’enfance en effet  il voulait se faire missionnaire. Après Boxtel il a fait son noviciat à Halsteren où il a pris le nom de Stéphan. C’est là qu’il a vécu de près le désastre de la grande inondation de 1953 qui a frappé toute la région. À Bergeijk, il fait connaissance avec Kant et saint Thomas, mais il préfère la pastorale à la réflexion. Ordonné prêtre le 13 décembre 1959, il termine ses études de théologie, et en 1960 il prend le bateau  à Anvers avec deux confrères, en route,  « linea recta », pour le Congo devenu indépendant depuis peu.

Le voici arrivé au pays de ses rêves. C’est là qu’il travaillera pendant près de trente ans dans une douzaine de  postes : missionnaire en brousse, enseignant à l’école de catéchèse (il a composé en swahili plusieurs cours de catéchisme), curé de paroisse, etc. Il s’entendait très bien avec les jeunes et savait encourager ceux qui avaient des talents spéciaux. Lui-même était artiste. Dans un style africain, il a créé de belles statues qui embellissent encore bon nombre d’églises. Et ses chants ont longtemps réjoui la jeunesse.   

De 1978 et 1984,  il a rempli la lourde charge de provincial de la jeune province congolaise. Pour organiser le noviciat et lancer la philosophie à Butembo, ce ne fut pas une sinécure ! Surtout pour quelqu’un qui n’était pas un grand organisateur et détestait les conflits.  

En 1990, il revient définitivement au pays natal, dans la communauté du château de Stapelen. Peu après il est nommé  assistant dans la grande paroisse de Saint-Pierre où il travaillera avec succès jusqu’en 2014. Il y est très aimé pour sa simplicité dans les contacts, et son esprit de foi. Après sa mort le journal local a publié un article intitulé: «un missionnaire au caractère aimable ».

Il fut quelque temps  secrétaire de la province, et à partir de 2006 supérieur de la communauté. Souhaitant être soutenu dans sa charge par un assistant, il reçut l’aide de son ami Freek Claasen, un des premiers non-religieux au service de l’Assomption néerlandaise.  Noud conduit la communauté avec cœur et chacun y est à l’aise.

Trouvant dans les greniers du château beaucoup d’objets d’art, dont quelques-uns de grande valeur,  il sut mobiliser des volontaires et former une équipe pour créer un véritable musée consacré à l’histoire de l’Assomption et à l’art africain. Le musée  fut officiellement ouvert par le bourgmestre de Boxtel en 1994. Avec son équipe il a accueilli des centaines de visiteurs, avec succès, pendant une dizaine d’années ; mais même un ancien missionnaire ne rajeunit pas ! Il fallait refaire l’exposition, et n’ayant pas de relève, la congrégation décida de fermer le musée en 2005.  

Ces dernières années, Noud a eu de graves problèmes de santé : il a notamment subi une opération du coeur. Il a été fraternellement soigné au couvent où il s’est éteint  le 6 novembre 2014.  Les obsèques ont  été célébrées le 11 novembre dans  l’église paroissiale. Des centaines de fidèles ont assisté à la cérémonie. À la demande de Noud, la chorale au grand complet a chanté : “de steppe zal bloeien », « la steppe fleurira », exprimant ainsi sa confiance dans l’avenir. Il est enterré au cimetière du couvent. 

P. Arnold Castro

Bibliographies