Octavien (Jules-Louis-Joseph) CARON – 1873-1960

Un économe diligent et fraternel.
« J’ai le plaisir de vous annoncer que comme économe, j’ai expédié avec le
plus grand des plaisirs 125 imprimés de réclame pour votre livre sur la
Théologie
des Eglises séparées à tous les bibliothécaires de toutes les Universités
d’Angleterre, d’lrlande, d’Écosse et du pays de Galles, sans préjudice de
ceux des séminaires et autres collèges catholiques ou institutions de
renom. J’ai conscience d’avoir fait comme si c’était pour moi, et si 50
pour cent d’entre eux ne vous envoient pas leur commande, ce ne sera pas
notre faute. Comme économe aussi, je vous avouerai que cela m’a coûté en
1ivre d’adresses,
enveloppes, frais de poste etc.. environ 75 francs de monnaie française au
change d’il y a quelques jours, J’espère que vous voudrez bien dire six
messes, à l’honoraire de
12frs50 chacune à notre intention ou plutôt aux intentions nobisdantium
quandvous le pourrez, pour nous défrayer car nous allons bâtir incessamment
et nous ne sommes pas riches. Croyez bien à mon amitié qui date de
1894! ».

Lettre du P. Octavien au P. Martin Jugie.

London, 18.06.1925.

Religieux français de la Province d’Angleterre.

Le benjamin de la ramille à l’Assomption.

Jules-Louis-Joseph est né le 18 février 1873 à Radinghem, près d’Haubourdin dans le Nord. Comme ses frères, il est passé par le petit séminaire de Cambrai d’où il obtient le baccalauréat complet, mais, à la différence d’eux, il commence des études supérieures aux facultés catholiques de Lille. Le P. Emmanuel Bailly dans le rapport aux examinateurs généraux du 14 septembre 1892 décrit son itinéraire vers la vie religieuse: « Le Frère Octavien, âgé de 20 ans, tonsuré, bachelier ès- lettres complet, et pour lequel on a l’espoir de l’exemption du service militaire, est le dernier des frères Caron. C’est un très bon sujet, intelligent et plein de cœur. Il préparait sa licence à la faculté catholique de Lille quand la mort de son frère aîné, l’abbé A. Caron, l’a décidé à nous venir sans retard. C’est une bonne vocation à tous les points de vue et c’est avec bonheur que je demande son admission au noviciat ». En ayant donc ainsi décidé, Jules- Louis entre au noviciat de Livry sous le nom de Frère Octavien le 18 septembre 1892. Il y prononce ses premiers vœux le 18 septembre 1893 et ses vœux perpétuels l’année suivante à la même date. Il reste sur place comme professeur au noviciat jusqu’en 1900. Entre- temps il a poursuivi brillamment ses études de philosophie et de théologie à Rome de 1894 à 1897 où il a obtenu le doctorat en théologie. Il est ordonné prêtre à Livry le 6 septembre 1896. Au noviciat il est chargé de cours mais aide aussi son frère à la rédaction de la Vie des Saints. Ses fonctions d’enseignant précisent qu’il donne aussi un cours de liturgie et de cérémonies. Quand Livry est exproprié, il continue ses fonctions à Gemert puis à Louvain jusqu’en 1905. Puis il est affecté à l’enseignement dans l’alumnat de Taintegnies de 1905 à 1912.

Avec son frère, affecté à la mission d’Angleterre (1912-1960).

En 1912, le P. Octavien qui a déjà passé à plusieurs reprises des vacances en Angleterre pour se familiariser avec la langue, est nommé vicaire à Richmansworth où il fait une excellente impression par son zèle et son esprit religieux. Pendant la guerre de 1914-1918, il remplace comme curé le P. Julien, ce qui l’aide à surmonter une certaine timidité naturelle. Il est ensuite affecté au collège de Hitchin et, à part quelques années passées à Clairmarais (Pas-de-Calais) comme curé de 1932 à 1939, c’est en Angleterre que le P. Octavien donne le meilleur de sa vie et de son apostolat, manifestant une excellente adaptation au pays, à sa langue et à ses coutumes. Religieux d’une grande ponctualité et d’une régularité exemplaire, le P. Octavien montre un fort attachement aux pratiques monastiques qu’il a reçues au temps de sa formation: le silence, l’amour de la liturgie et de l’office au chœur, la récitation du chapelet les bras en croix. Chaque jour, il s’astreint pour les âmes du Purgatoire à des exercices religieux supplémentaires, usant de la discipline. En communauté, il se montre charmant confrère, riant aux bons mots et drôleries dont l’esprit anglais n’est pas avare. Doux, affable, charitable, délicat dans ses relations avec les autres, il fait preuve d’une grande sensibilité. Il montre une véritable admiration pour les pères fondateurs de l’Assomption, aimant rappeler à table ou en récréation les souvenirs des années de sa formation. Il se fait d’ailleurs une grande joie en 1959 d’aller déposer son témoignage à Paris pour la cause du P. Vincent de Paul Bailly. De 1941 à 1960, le P. Octavien est attaché au noviciat d’Angleterre pour lequel il laisse son cours et ses notes: histoire de la congrégation, hagiographie, cours sur les psaumes. Depuis 1957, le P. Octavien est astreint à un régime sévère et il paraît essoufflé. En mai 1960, il montre de grands signes de fatigue à Brigthon où il remplace le P. Alfred Moors. Le 18 mai, il est admis à l’hôpital français de Londres. On diagnostique un cancer aux poumons. Il meurt le 26 mai 1960, le lendemain de la fête de l’Ascension, assisté aux derniers moments par le P. Augustin Danby. Les obsèques sont célébrées le mercredi 2 juin à Bethnai Green. Le P. Octavien repose au caveau de l’Assomption à Leytonstone, près de son frère, le P. Benedict (Benoît-Labre).

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. octobre 1961, p. 143. Lettre à la Famille 1961, n° 308, p. 47-48. Notes on Fr. Octavian, R.I.P. (27 may 1960). Le P. Octavien est l’auteur d’un commentaire sur les ‘Ouvrages de l’Esprit’ de La Bruyère. Sa correspondance déposée dans les ACR est étendue de 1896 à 1957: elle est constituée surtout de nouvelles des champs apostoliques confiés.