Odilon (Claudius) DUBOIS – 1886-1954

Une déclaration d’intention.

« Véritable enfant de l’Assomption, je suis heureux de déclarer que
j’accepte d’esprit et de cœur, avec une entière et filiale docilité, toutes
les décisions et directions concernant les études de philosophie et de
théologie, que mon Supérieur général, le T.R. Père Emmanuel Bailly, a jugé
opportun de prendre et de donner dans le cours de ces dernières années, ou
qu’il jugera devoir prendre et donner à l’avenir, ainsi que les méthodes et
l’esprit de ces études, conformément aux vraies traditions de ma
Congrégation dont mon Supérieur général est l’interprète authentique
légitime et autorisé ».

Jérusalem, le 24 janvier 1914. Frère Odilon Dubois.

Cette déclaration demandée aux religieux étudiants et enseignants dans les
maisons d’études de l’Assomption est à comprendre dans le contexte de la
crise générale du modernisme qui secoue toute l’Église. On sait qu’à
Louvain, le corps professoral fut profondément remanié.

Odilon (Claudius) DUBOIS

1886-1954

Religieux français de la Province d’Amérique du Nord.

Premières années.

Claudius Dubois est né le 15 mai 1886 à Chilly, près de Frangy en Haute-Savoie, dans une région, le Chablais, qui revendique fièrement le patronage de Saint-François de Sales. A 12 ans, il entre à l’alumnat de Notre-Dame des Châteaux (Savoie) où il étudie de 1898 à 1901. Passé à Brian (Drôme) de 1901 à 1902, il revient aux Châteaux pour soigner ses yeux (1902- 1903). La maison étant fermée à la suite de l’expulsion, il achève ses humanités à Mongreno (Italie), de 1903 à 1904. Il entre le 18 septembre 1904 au noviciat à Louvain, sous le nom de Frère Odilon. Il est désigné pour être du petit groupe de novices qui vont faire l’essai d’un noviciat à Jérusalem, sous la direction du P. Léonide Guyo. C’est à Gethsémani qu’il prononce ses premiers vœux, le 24 octobre 1905. En 1906, le noviciat de Jérusalem étant fermé, il revient à Louvain. Professeur un temps à Vinovo où s’est transporté l’alumnat de Mongreno, il vient prononcer ses vœux perpétuels à Gempe (Belgique), le 19 septembre 1906, entre les mains du P. Benjamin Laurès. L’alumnat d’Elorrio (Espagne) le requiert de 1907 à 1909. De 1909 à 1912, ce sont les études de philosophie à Louvain et de 1912 à 1914 celles de théologie à Jérusalem, poursuivies à Rome en 1915 où il est ordonné prêtre le 3 mai 1913 par Mgr Cepetelli. Le Père Odilon, à cause de sa mauvaise vue, ne monte pas au front pendant la guerre mais est affecté au contrôle postal jusqu’en juillet 1918. À Louvain, il achève enfin ses études de théologie (1918-1919). Après cette existence vagabonde, il va trouver la sédentarité.

A Worcester pendant 35 ans.

A 33 ans, le P. Odilon est envoyé comme professeur à Worcester,

aux U.S.A. d’où il ne bougera plus. Il se spécialise dans l’enseignement du latin, de l’histoire de la liturgie et de la religion. Préfet des études et de discipline, sous-prieur, chargé de la direction de l’école apostolique, il a conscience de représenter plutôt le passé que l’avenir de l’institution scolaire, avec parfois cette représentation idéalisée et nostalgique du temps imaginaire de l’âge d’or. Ses qualités maîtresses sont cependant reconnues par tous dans ses différents emplois: précision, clarté, rigueur. Exigeant pour lui-même, refaisant chaque année ses cours, changeant volontiers de manuel pour se renouveler, il ne recherche pas auprès de ses élèves la popularité mais la perfection du travail sans cesse repris. L’Assomption américaine lui doit la formation de nombreuses vocations religieuses auxquelles il inculque le goût de la tradition. Tôt levé, minutieux et ordonné, il aime converser avec ses confrères, échangeant volontiers bons mots et anecdotes piquantes. Il s’entretient intellectuellement grâce à de solides lectures et cultive sa passion pour l’histoire. Champion des idées de l’Action Française avant leur condamnation par Rome, pas du tout sportif, il reste assez étranger à son milieu ambiant, ne parlant qu’avec difficulté l’anglais. Il a conscience d’être dépassé devant les évolutions inévitables et nécessaires de la vie. Lorsqu’il consent enfin à consulter un médecin, c’est pour découvrir dans son organisme un taux de diabète élevé; ce qui l’astreint à un régime sévère. Il doit être amputé en 1952 de la jambe droite. Appareillé d’une prothèse, il peut reprendre ses activités habituelles. La tornade qui souffle le collège en 1953 le trouve à la chapelle. Il n’est que blessé légèrement grâce à la présence d’esprit d’un Frère qui le couvre. Mais la mort de son compagnon de vie pendant 45 ans, le P. Engelbert Devincq, provoque en lui un ébranlement profond, malgré l’attention que lui portent les Soeurs Franciscaines chez lesquelles il est accueilli pendant toute la période de reconstruction du collège. il ne réintègre la communauté qu’en mars 1954 pour ôtre hospitalisé en mai. Il meurt le 30 mai 1954 à 68 ans, seul, sans un mot, sans une plainte. Ses obsèques sont célébrées le 2 juin. Il est inhumé dans le petit cimetière des religieux à Worcester, aux côtés du P. Engelbert.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1955, p. 107. Lettre à la Famille, 1954, n° 169, p. 55-57. Assumptionists Deceased in North America, p. 3. Correspondance dans les ACR (1905-1947). Le P. Odilon Dubois a donné des articles dans la revue Assomption (Worcester) , notamment en 1936-1937 (historique du collège, publié en français) ainsi de que nombreuses chroniques de sa vie tant aux U.S.A. que pendant la grande guerre en France dont plusieurs ont paru dans la Lettre à la Dispersion. Notices Biographiques