Oscar (Oscar-Emile) GOREUX – 1909-1980

Dire la messe …

« Prêtre à 47 ans!

Vingt ans cette année.

Vingt ans que je dis la messe, que je dis la messe pour moi et pour mes
frères. Chaque jour dire la messe, c’est faire en sorte que le Christ soit
présent dans le monde d’aujourd’hui.

Pour dire la messe, il m’a fallu une longue préparation.

Souffrances.

Si je devais recommencer, j’accepterais encore tout cela pour dire, ne
fut-ce qu’une seule messe, parce que dire la messe, c’est faire
l’Eucharistie, c’est rendre présent le Christ au monde…

0. Goreux, né le 18.05.1909, deux ans de vœux temporaires comme choriste
(1940-1942) deux ans de philosophie

3 ans de vœux temporaires comme convers (1942-1945)

Profès perpétuel 28 octobre
1945.

Prêtre le 15.07.1956.

P. Oscar G., traces manuscrites recueillies d’après un bloc-notes, 1976.

Oscar (Oscar-Emile) GOREUX

1909-1980

Religieux de la Province de Belgique-Sud.

Une vocation persévérante.

Oscar-Emile Goreux est né le 18 mai 1909 à Châtelineau dans une famille d’ouvriers modestes. Il travaille très jeune puis devient mineur dans un charbonnage de sa région natale. Très vite il en vient aux actions et aux engagements sociaux: la J.OC. le connaît dans ses rangs, ainsi que le secourisme à la Croix-Rouge. Il est au Bois-du-Cazier, de triste mémoire. Il entre à la maison des vocations tardives à Sart-les-Moines (1934-1939) pour commencer des études secondaires. Le 24 septembre 1939, il prend l’habit au noviciat à Taintegnies, sous le nom de Frère Oscar. Il prononce ses premiers vœux, comme frère convers, le 28 octobre 1942 et ses voeux perpétuels le 25 octobre 1945. Il sert dans les communautés de Bruxelles (1943-1944), du Bizet (1945-1947) et de Bure (1947), avec quelques séjours intermittents dans des sanatorium (Hynsdalle, Mont-sur-Meuse, Montana en Suisse). Il obtient un induit en 1954 lui permettant de passer frère de choeur et de pouvoir entreprendre des études ecclésiastiques. Il refait donc sa profession perpétuelle comme choriste, à Bruxelles, le 14 octobre 1955 et il est ordonné prêtre à Saint-Gérard le 13 juillet 1956, après des études de philosophie avalisées et des études de théologie entreprises et contrôlées pendant des séjours en sanatorium, petit à petit, traité après traité. Le P. Constant Gilson le suit pour cette assimilation toute personnelle des cours; il a aussi l’occasion de compléter son parcours chez les Pères du Saint-Esprit. Tout aussi à l’aise pour faire passer quelque chose de la bonté de Dieu pour les hommes sur les planches d’un théâtre que sur les marches de l’autel, on ne croirait pas, lui qui est rayonnant de simplicité et de bonne humeur, qu’il ait eu tant de mal pour réaliser son idéal sacerdotal.

Mais ce sacerdoce, concrétisé à 47 ans, il sait le monnayer dans un service joyeux et une forme de présence chaleureuse auprès des plus petits dont il a longtemps partagé la vie.

En service pastoral, un homme universel.

Le Père Oscar est d’abord nommé vicaire à Châtelineau au quartier de La Floche où, dans un quartier qu’il connaît bien, il fonde un patronage (1957-1961). Il devient ensuite administrateur à Maison-Saint-Gérard (1961-1969) et en 1969, jusqu’à son dernier accident, il reste le curé de Furnaux (1969-1980). Partout il sait être l’ami de tous, le père de tous, fréquentant croyants et incroyants, pratiquants et éloignés, gens de toutes conditions sociales, surtout les enfants, ‘les agneaux les plus attachants de son troupeau’. A l’occasion des kermesses, on le voit leur offrir un tour de carrousel, à la Saint-Nicolas récompenser ses enfants de chœur, organiser pour eux des excursions pendant les vacances. Il n’oublie pas de pousser la chansonnette wallonne pour agrémenter l’atmosphère des réunions des personnes âgées, telles celles des ‘Soupers de Sainte- Cécile’ ou du troisième âge. On se souvient de son chant-fétiche, ‘L’Accordéoneux’. Il aime décorer son église, l’orner comme un parterre de fleurs. Sous son impulsion, une grande ‘fancy- fair’ est organisée à Furnaux pour financer l’installation du chauffage central et la sonorisation. Le 6 février 1979, au cours de la célébration eucharistique, le P. Oscar est atteint d’un premier malaise qui l’oblige d’abord à l’inactivité puis, après une rechute, à la retraite, à Fosses-la-Ville. Sa dernière paroisse de Furnaux veut encore lui témoigner sa reconnaissance en lui offrant, le 28 octobre 1979, un appareil de télévision. Le 8 décembre 1979, le P. Oscar fait une mauvaise chute et se retrouve à l’hôpital. Il meurt à Saint-Gérard, le 12 février 1980. Le P. Oscar dont les obsèques sont célébrées à Saint-Gérard, repose au petit cimetière de Furnaux comme il l’a souhaité. Tous ses amis du pays de Charleroi l’accompagnent, malgré un froid intense, au lieu du dernier repos. Les enfants viennent déposer chacun une rose sur son cercueil, dans un moment d’émotion contenue, geste accompagné au son de la fanfare royale de Saint-Hubert.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 91. Belgique-Sud Assomption, 1980, p. 1743-1746. Le Rappel (journal de Charleroi) 20 février 1980. Notices Biographiques