Oswald (Adelin) PIRLOT – 1906-1982

Ottignies, 1969.
« Merci de m’avoir expédié la liste des éligibles. Vous avez même souligné
mon nom, ce n’était pas la peine: je ne suis pas candidat! Le Saint Esprit
suscitera bien les hommes
qu’il faut pour maintenir et pour faire progresser la Congrégation. Et il a
du travail le Saint Esprit, il est demandé partout dans l’Eglise, même dans
le Benelux! Je viens de recevoir un questionnaire à remplir, c’est
effarant: il
émane d’un collectif de prêtres, anonymes, avec 30 questions en faveur de
la laïcisation pour l’Eglise belge,
demandant:’Etes-vous d’accord pour ceci, cela?’. Je leur ai fait une petite
réponse qu’on ne publiera certainement pas! Il faut dialoguer,
restructurer, ressourcer et génuflecter [?], mais il ne faut pas nous
prendre pour des naïfs tombés de la dernière pluie. A propos de pluie,
c’est de la neige qui tombe, le pays en est couvert. J’ai d’ailleurs vu à
la TV qu’à Rome aussi c’est l’hiver. Vous devez avoir du travail avec la
préparation du chapitre, les Petites Sœurs terminent le
leur. Il avait été très bien préparé, j’ai suivi cela un peu et j’ai été
édifié. Si, après, vous avez quelques jours, ce me serait agréable de
passer quelques jours ensemble, on pourrait se ressourcer! ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Belgique-Sud. Un homme de confiance. Né le 3 février 1906 à Anthée, dans le canton de Florennes et la province de Namur (Belgique), Adelin Pirlot fait ses études secondaires à Zepperen (1919-1922) et à Sart-les-Moines (1922-1924. Le 31 octobre 1924, il prend l’habit au noviciat de Taintegnies, sous le nom de Frère Oswald, et il y prononce ses premiers vœux le ler novembre 1925. Le P. Savinien Dewaele, son maître des novices, le présente. « Le Frère Oswald a fait son noviciat de façon très consciencieuse. Sa piété est franche, simple, son dévouement à toute épreuve. R en a donné plus d’une preuve dans l’exercice de sa charge de pré-chantre et de sacristain. Sa santé m’a donné quelques inquiétudes, mais le docteur m’a assuré qu’il n’a rien de grave du côté de la poitrine ». Le Frère Oswald va étudier la philosophie à Saint- Gérard (1925-1927) et la théologie à Louvain (1928-1931), avec une année de service militaire à Beverloo (1927-1928). Il prononce ses vœux perpétuels à Louvain le ler novembre 1929. Le P. Sidoine Hurtevent l’apprécie ainsi. « Le Frère Oswald aime l’esprit et les oeuvres de la Congrégation. Il est prêt à se dévouer avec obéissance. La vie de communauté ne lui est pas pénible et il ne fait pas souffrir les autres. Il est soigné et remplit bien les tâches qui lui sont confiées. Ses aptitudes intellectuelles sont bonnes, ses résultats satisfaisants, et il sait la musique. Le conseil est unanimement favorable pour le présenter à la profession perpétuelle ». Le Frère Oswald est ordonné prêtre le 31 mai 1931. Sitôt affecté au noviciat de Taintegnies, il y demeure dix ans, d’abord comme professeur (1931-1932), puis économe (1932-1934), enfin, à partir de 1935, comme supérieur (1935-1940). Pendant la guerre, il est vicaire à Fays-les-Manage et Jolimont. A.A Après une année à Froyennes comme aumônier de la maison des Oblates, il est appelé à Paris par le P. Gervais Quenard qui le nomme supérieur de la nouvelle communauté de la rue François ler (1946-1953), où réside également la curie généralice lors de son séjour parisien, avant son retour à Rome. Adjoint à l’économe général, le P. Eudes Hanhart, le P. Oswald l’est aussi, tant à la rue François ler qu’à l’Avenue Bosquet (1953-1958) et à Rome (19581960), sous le générant du P. Wilfrid Dufault. En 1960, le Père Oswald regagne la Belgique et demeure vingt-deux ans à Ottignies comme aumônier des Petites Sœurs de l’Assomption. C’est là qu’il décède le 21 février 1982, à l’aube de sa 77ème année. Il est inhumé le 25 février suivant au cimetière de Blocry. Souvenirs fraternels par le P. Domitien Meuwissen et le P. Hubert Pirlot. « L’amour de Dieu était le sens de sa vie et le moteur de son idéal. Tout au long de sa vie religieuse et sacerdotale, le Père Oswald a cherché à répondre à cet idéal parla confiance et l’accueil à l’égard des autres, par l’attachement à l’Eglise, au Pape et aux évêques, à la Congrégation, par une préoccupation presque méticuleuse de la Règle, par le souci de la santé de ses frères, par la bonne tenue de la maison, du jardin et de la propriété. J’ai vécu avec lui à Taintegnies de 1935 à 1939 et la nouvelle de son décès me fait de la peine. Il a porté avec éclat les valeurs d’honnêteté, de droiture dans sa vie, avec une certaine candeur, de la gaieté, de l’humour en résumé, c’est une vie toute empreinte de charité ». Le neveu du P. Oswald, le P. Hubert Pirlot, présente lui-aussi son témoignage, le jour des obsèques: « Le P. Oswald aimait s’extasier, au cours de ses longues promenades, devant les beautés de la nature, une fleur, un arbre. Ce qu’il admirait le plus, c’était le bel ouvrage, même modeste, une belle photo, un montage audio-visuel réussi, un meuble, un bâtiment, parce quels exprimaient le travail d’autrui et parce quels révélaient le cœur d’autrui. Il aimait répéter devant le travail d’un ouvrier. ‘Oui, il a mis tout son cœur!. Il a vécu le renouveau conciliaire et les changements liturgiques avec joie et enthousiasme lorsqu’il y voyait de nouvelles occasions de fortifier J’attachement des chrétiens au Christ, parfois avec peine lorsqu’il craignait le moindre désarroi chez les fidèles. Combien de nos discussions ne se sont-elles pas terminées par ce mot. ‘Tu as beau dire ce que tu veux, mais les gens ne s’y retrouvent pas toujours! ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation’: Documents Assomption, Nécrologe (11) 1981-1983, p. 39-40. Belgique-Sud Assomption, mars-avril 1982, n° 129-130, p. 1859-1865. Lettre du P. Oswald Pirlot au P. Domitien Meuwissen, Ottignies, 19 février 1969. Du P. Oswald Pirlot, dans les ACR, correspondances (1936-1961), rapports sur Taintegnies (1935- 1969). Notices Biographiques