Germain Broc’h – 1921-2017

Le Père Germain Broc’h est né à Saint-Frégant, petite commune du Nord Finistère, le 28 mars 1921. Sixième enfant d’une famille de dix, prénommé Ernest, il entre à l’école primaire du Sacré-Cœur, à Guissény, comme élève-pensionnaire. À l’institutrice qui lui demandait ce qu’il ferait plus tard, il répond : « Je serai prêtre ». En 1935, il a 14 ans, un « prêtre habillé d’une drôle façon, écrit-il, : une soutane, une ceinture de cuir et un camail avec capuchon » – qui n’est autre que le Père le Jéloux, recruteur – entre dans la classe. À sa proposition, Ernest répond « Oui, à condition d’avoir la possibilité de retourner au diocèse pour devenir prêtre comme son oncle et deux cousins. » Ses parents le verront partir à l’alumnat de Saint-Maur, sans enthousiasme, par crainte qu’il ne revienne pas au diocèse.

Il fera ses études secondaires et entrera chez les Pères assomptionnistes :
– 1935-1938, à Saint-Maur
– 1938-1940, à Prigonrieux-Cavalerie
– 1940-1941, à Blou.
Durant cette période, « il a vu vivre les religieux et appris à les connaître. Leur vie l’a attiré », il entre au noviciat de Pont-l’Abbé-d’Arnoult, en 1941, prononce ses premiers vœux le 17 octobre 1942. Suivent les études de philosophie : 1942 – 43, 1re année de philosophie à Lormoy.
Il évite le STO, en 1943. Rentre à Layrac en 1944 pour la deuxième année de philosophie. Revient à Lormoy en 1945 pour commencer sa théologie et retrouve Layrac de 1946 à 1949 où il sera ordonné prêtre le 12 mars 1949.

Le reste de sa vie peut se découper en trois périodes :
– une période éducative à Agen de 1949 à 1988 ;
– une période pastorale à Pont-l’Abbé-d’Arnoult de 1988 à 2012 ;
– la maison de retraite de Layrac de 2012 à ces jours : 2017.
À Agen, le Père assure différents ministères. L’économat de la communauté au Collège Saint-Caprais de 1949 à 1970. La tâche est lourde : le collège vit de ce que payent les familles. Il faut le rappeler à certaines d’entre elles. Les Pères professeurs ne sont pas payés. Ils sont 15 religieux à vivre en communauté…

Germain est aussi surveillant, professeur de collège, préfet de discipline durant la même période. Période qui connaîtra les remous de « 68 », la nouvelle législation des écoles-collèges avec leur réorganisation et dans la vie religieuse la naissance de « petites communautés. »

De 1970 à 1988, Germain sera nommé professeur de collège à Agen Sainte-Foy et économe dans la petite communauté des « Augustins ».
Puis Germain rejoint l’équipe pastorale de Pont-l’Abbé-d’Arnoult, tout en résidant à la Chaume. Il exerce ce ministère pastoral de 1988 à 2012. L’évêque, Mgr David, admire avec quel zèle il est entré en pastorale paroissiale après une si longue expérience de professorat. Il aimera cette charge, se rendra très proche des familles qui sauront le lui manifester. En même temps, il assurera un gros travail d’entretien dans la propriété, et s’occupera avec goût des parterres et des fleurs devant la maison.

L’obédience qui lui demande de venir à Layrac en 2012 fut un moment de transition difficile à accepter. La communication avec les supérieurs ne fut pas des plus sereines et ce départ de la communauté fut pour lui un arrachement à La Chaume. Ici, le manuel qu’il était, trouva à s’exercer dans la propriété jusqu’au jour où une chute abattit ce travailleur sans repos.

Depuis un an et demi, il se mit à souffrir de cette épreuve de santé et à s’affaiblir petit à petit jusqu’à ce vendredi 22 décembre, jour de sa mort à la clinique Saint-Hilaire d’Agen. À travers ces trois étapes de sa vie, le P. Germain aura été un pédagogue, mais aussi un serviteur par la Parole et le travail, œuvrant sans cesse, sans relâche et sans fatigue, s’appliquant en toutes choses et cherchant à faire au maximum dans tout ce qu’il entreprenait.

P. Noël Le Bousse

Bibliographies