Pargoire (Jules-Pascal-T.) PARGOIRE – 1872-1907

Kadi-Keuï, 1903.
«Permettez-moi de rompre avec le silence que je garde depuis trop
longtemps. J’ai renoncé et je renonce à vous apprendre quoi que ce soit de
neuf depuis le voyage du P. Alfred [Mariage] et Louis
[Petit] à Jérusalem, du P. Ernest [Baudouy] ici et des deux derniers
pèlerinages. Je viens vous demander des instructions pour les futurs
clichés de votre étude topographique sur Jérusalem. Que pensez-vous des
quatre déjà parus? En envoyant les plans au P. Petit, vous écriviez qu’on
pourrait les réduire tant qu’on voudrait, mais qu’il
fallait les insérer. En les transmettant à la rue Bayard, nous n’avons
souff lé mot des réductions à faire, bien sûrs qu’il n’y avait pas à
encourager ces artistes dans ce sens. A la réception des Echos, il nous a
paru que l’on n’avait que trop réduit les dimensions primitives. Etes-vous
de mon avis? Certes on peut encore suivre sur le tracé toutes les
indications de votre très intéressant article, mais ce tracé, mis au double
de sa grandeur actuelle n’en serait que plus clair. Au dernier moment, sur
les épreuves, nous avons changé le titre de votre article parce qu’il était
trop modeste ». P. Pargoire au
P. Germer-Durand.

Notices Biographiques A.A

Religieux français. Un jeune savant. Jules-Pascal-Théodore Pargoire est né le 7 septembre 1872 à Saint-Pons-de-Mauchiens (Hérault), village qui se trouve à quelques km de Lavagnac. Jules fait ses premières études à Plaissan, près de Gignac, puis dans les alumnats de l’Assomption: Alès (Gard), Roussas (Drôme), de 1884 à 1887, enfin à Nîmes (1887-1889). Il prend l’habit le 6 août 1889 à Livry (Seine-Saint-Denis) où il prononce ses premiers vœux le 6 août 1890, sous le nom de Frère Pargoire. Envoyé au noviciat de Phanaraki (Turquie d’Asie), il y prononce ses vœux perpétuels le 16 septembre 1891. Son premier emploi est pour l’enseignement dans les maisons d’Orient, à l’école de Koum-Kapou (1891-1892) et à l’alumnat de Phanaraki (1892-1893). Ses études ecclésiastiques se partagent entre Jérusalem (1893- 1895) et Kadi-Keuï (1895-1898) où il est ordonné prêtre le 10 octobre 1897. C’est à Jérusalem que le P. Pargoire a acquis une connaissance approfondie de la langue grecque qui va lui être si utile, à tel point qu’il est choisi pendant ses années d’études comme professeur de grec de ses propres condisciples. Le P. Germer-Durand, fier de son élève surdoué, n’a pas de meilleur guide que lui pour les travaux d’érudition archéologique. L’élève est toujours aux côtés du maître quand, au retour des fameuses expéditions, les religieux étudiants reviennent chargés d’antiques milliaires, stèles, linteaux. Le P. Germer s’enferme alors dans son musée pour déchiffrer les textes ramenés en butin, le P. Pargoire l’aide à compléter les mots tronqués, soit abrégés soit effacés de la pierre, redressant tout seul un distique sur ses pieds au nom de la prosodie. Il prélude ainsi à ses futurs travaux de byzantiniste et à sa future cueillette d’inscriptions grecques chrétiennes sur le mont Athos. A.A En 1897, le P. Pargoire est nommé rédacteur à la revue des Echos d’Orient et travaille à Kadi- Keuï aux côtés du P. Louis Petit, chef d’équipe. Avec l’épigraphie grecque et l’histoire de l’Eglise byzantine, c’est sans doute la plus belle et féconde partie de la vie du P. Pargoire qui s’écoule à Constantinople (1897-1907). Par son travail, par la vivacité de son esprit et par sa conscience rigoureuse dans la recherche, le P. Pargoire est l’un des meilleurs et des plus talentueux ouvriers de cette cellule de savants byzantins à Kadi-Keuï. Appelé dès la première heure à fournir son concours à la rédaction d’une revue à naître, le P. Pargoire s’y distingue tout de suite par son information sure, par l’art de montrer une connaissance profonde de l’Eglise byzantine, par l’art d’élucider avec un rare bonheur un problème de critique littéraire ou de topographie. Ses articles, très étudiés et bien ciselés quant à la forme, attirent très vite l’attention de Mgr Duquesne qui écrit en 1900 à propos de lui: « Il y a dans les Echos d’Orient tel article signé Pargoire ou autrement que je voudrais avoir écrit », bel hommage d’un savant à un nouveau-né de la science orientale. Un autre article du P. Pargoire sur les homélies de saint Jean-Chrysostome lui vaut les félicitations de Dom Baur, O.S.B., auteur d’une thèse remarquée sur le patriarche de Constantinople: « je considère l’article de M. Pargoire comme un véritable modèle de critique chronologique. Les preuves sont concluantes et avec les travaux de M. Haidacher, cet article, si petit soit-il, est ce qu’il y a de mieux dans la masse des écrits modernes sur saint Jean Chrysostome ». Pendant 10 ans, le P. Pargoire fournit à la revue des Echos d’Orient des articles documentés qui comptent pour sa notoriété grandissante. Homme de travail et d’exigence, le P. Pargoire est connu en communauté par ses confrères comme un religieux plein d’esprit, doux et même tendre habituellement, même si douceur et tendresse peuvent se colorer d’ironie, aimant la poésie et le charme de la recherche intellectuelle. L’institut archéologique russe de Constantinople est honoré de le compter parmi ses membres, ce qui ne nuit en rien à la simplicité du religieux. Il meurt à 35 ans, brutalement enlevé par une méningite foudroyante, le 17 août 1907 à Saint-Pons de Mauchiens. Il y est inhumé. Un monument funéraire est élevé à sa mémoire, sur l’initiative de Mgr de Cabrières, en octobre 1907.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Polyeucte Guissard, Portraits Assomptionistes, p. 254-261. L’Assomption, 1907, no 131, P. 165-166; no 132, p. 189; 1908, no 134, p. 30; no 143, p. 170-172. La Chronique diocésaine de Montpellier, 1907, p. 660-662. Missions des Augustins de l’Assomption, 1907, no 138, p. 145-148; 1908, no 44, p. 61-62; no 151, p. 161- 164; 1925, no 274, p. 8-9. Le Correspondant des Alumnats, 1907, no 8, p. 129- 132. Vers l’Autel (Scherwiller), 1922, no 8, p. 122-123. Echos d’Orient, septembre 1907. On trouve des articles du P. Pargoire Pargoire dans les Echos dlOËient, le Dictionnaire de théologie catholique, la Byzantinische Zeitschrift, la Revue d’histoire et de littérature religieuses, le bulletin de l’Institut archéologique russe de Constantinople, le bulletin de Correspondance hellénique, la Revue des questions historiques. Bibliographie du P. Pargoire dans Dictionnaire d’archéoogie chrétienne et de liturgie (D.A.C.L.), t. XIII B, col. 1695-1696. Notices Biographiques