Pascal (Jean) COLLIN – 1923-1983

Don pour la Colombie.
« Avec l’autorisation du P. Général, j’ai placé en Colombie tout ce que
j’ai reçu pour héritage avec l’intention de le destiner à une œuvre sociale
ou d’évangélisation au moment de mon décès. Actuellement le Supérieur
régional, le P. François Lenglez, voudrait disposer d’une partie de cet
argent afin d’organiser la maison d’accueil pour les vocations à Bogota. I1
s’agirait de 50 à 70.000 pesos pour un ou deux ans. I1 me semble que si
j’autorisais personnellement cette transaction, ce serait manquer à mon vœu
de pauvreté. Je m’adresse donc à vous P. Hervé [Stéphan] pour
connaître votre décision. Nous voici à la veille des élections
présidentielles qui déchirent la France et font craindre pour demain, dans
une solution comme dans l’autre. Mon apostolat pour l’instant se réduit aux
actes sacramentels et à une étude sociologique. I1 faudrait susciter des
groupes charismatiques chez les
jeunes, il faudrait des ‘fous’ du Christ pour lui faire de la place dans
nos cœurs. J’ai lu les appels en faveur de Madagascar et du Zaïre, je
m’offrirais volontiers sans l’obstacle de ma santé ».
P. Pascal au P. H. Stéphan, mars 1978.

Religieux de la Province de Belgique Sud.

Curriculum vitae.

Jean Collin est né le 16 avril 1923 à Halleux dans les Ardennes belges. Il est le frère cadet du P. Jean-Louis. Il accomplit ses études primaires ;à l’école communale de Halleux, puis commence ses humanités à l’alumnat Sainte- Marie Médiatrice de Bure en 1936, les poursuit au prieuré Saint-Michel à Sart-les-Moines jusqu’en 1942. Il entre au noviciat de Taintegnies le 27 septembre 1942, y prend l’habit sous le nom de Frère Pascal et y prononce ses premiers vœux le 28 septembre 1943. Après les études de philosophie au Bizet (1) et à Saint- Gérard (1943-1946) où il prononce ses vœux perpétuels le 28 septembre 1946, il fait sa théologie également à Saint-Gérard et à Hal (1946-1930). Il est ordonné prêtre le 27 décembre 1949 à Louvain.

Missionnaire un quart de siècle en Colombie. Quelques mois après, le Père Pascal part pour la Colombie ou il va œuvrer tant à Bogota qu’à Cali. Douè d’un esprit fortement analytique, il aime aller au fond des choses, en démonter les mécanismes, peser les avantages et les inconvénients des propositions faites avant de prendre une décision murie ? Comme réalisations, l’Assomption colombienne lui doit l‘aménagement du collège de Bogota, la construction du ollège actuel, la construction de l’église Sainte-Sophie, la reconstruction de San Nicolas à Cali –la précédente église ayant été démolie par une explosion – la prédication d’une grande mission populaire. Il accepte les responsabilités de supérieur régional de 1969 à 1972. Nous pouvons juger, d’après l’abondant courrier, recu à l’annonce de son décès, su’il se montre aussi un guide spirituel apprécié. Intelligent, débrouillard, tenace, dévoué et généreux, le Père Pascal s’ingénie à résoudre pour ses confrères

Don pour la Colombie. « Avec l’autorisation du P. Général, j’ai placé en Colombie tout ce que j’ai reçu pour héritage avec l’intention de le destiner à une œuvre sociale ou d’évangélisation au moment de mon décès. Actuellement le Supérieur régional, le P. François Lenglez, voudrait disposer d’une partie de cet argent afin d’organiser la maison d’accueil pour les vocations à Bogota. I1 s’agirait de 50 à 70.000 pesos pour un ou deux ans. I1 me semble que si j’autorisais personnellement cette transaction, ce serait manquer à mon vœu de pauvreté. Je m’adresse donc à vous P. Hervé [Stéphan] pour connaître votre décision. Nous voici à la veille des élections présidentielles qui déchirent la France et font craindre pour demain, dans une solution comme dans l’autre. Mon apostolat pour l’instant se réduit aux actes sacramentels et à une étude sociologique. I1 faudrait susciter des groupes charismatiques chez les jeunes, il faudrait des ‘fous’ du Christ pour lui faire de la place dans nos cœurs. J’ai lu les appels en faveur de Madagascar et du Zaïre, je m’offrirais volontiers sans l’obstacle de ma santé ». P. Pascal au P. H. Stéphan, mars 1978. Notices Biographiques A.A en communauté ou pour des personnes à l’extérieur un ensemble de petits problèmes qui rendent parfois la vie difficile. Dès sa jeunesse, on a fait remarquer son enjouement, sa délicatesse, son esprit de reconnaissance, son intérêt pour rendre la vie plus agréable autour de lui. J’entends à l’oreille cette exclamation si spontanée et si pleine de conviction de Mrne Delbeck, responsable du bureau de Ste Rita à la Madeleine [Bruxelles].’Le P. Pascal, il est si gentil, si bon, si délicat’. Dans son testament, il note: ‘Avant tout, avec l’aide de Dieu, je v eux mourir fidèle à mon sacerdoce auquel je suis arrivé grâce à ma famille et à l’Assomption. Je remercie toute la parenté pour sa gentillesse et pour l’aide qu’elle m’a apportée dans mon apostolat’. Pour lui, le mot apostolat prime. De sa vie, il veut faire un témoignage, un apostolat. Notes du P. Pierre Charon, le 27 décembre 1983.

Retour au pays.

Le Père Pascal rentre en Europe en 1975 et offre ses services au diocèse de Nîmes en France où il est nommé curé de Fons-outre-Gardon. En 1982, se sentant décliner, il retourne en Belgique et fait partie de la communauté de la rue Duquesnoy à Bruxelles, assurant de multiples services à l’église de la Madeleine et auprès de ses frères. Pourtant lui, l’Ardennais, à l’âme fortement campagnarde, qui garde toujours un grand amour de la nature et dont les mots de gibier, chasse, truite et pêche illuminent à coup sûr le visage, il semble assez peu pensable de le voir venir travailler en plein centre de Bruxelles. Il répond présent, pensant encore pouvoir servir dans cette forme d’apostolat de proximité en zone urbaine. Cependant, avec les années, la santé défaille, quelques troubles de comportement provoquent une visite chez un spécialiste qui exige le repos complet. La communauté de Saint-Gérard accueille le P. Pascal en septembre 1983. Il y trouve la chaleur d’une grande affection fraternelle et la vigilance d’une attention méritée. Il s’éteint le 24 décembre 1983 et est inhumé le 27 suivant à Saint-Gérard.

(1) Rappelons la situation particulière de cette maison du Bizet, alumnat français de la Province de Paris sur le territoire belge.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 112-113. Belgique-Sud-Assomption, 1984, n° 87, p.2033-2035. Le P. Pascal a laissé dans les ACR un peu de correspondance (1951-1978), quelques articles sur la Colombie et un rapport sur Cali (1963).