Paschal (Thomas) CASSERLY – 1909-1995

Echo d’un jubilé.
« Samedi 9 décembre 1967. Le P. Paschal a consacré son sacerdoce en grande
part à la formation intellectuelle et spirituelle des alumnistes de Soisy.
La veille au soir, des sentiments de reconnaissance et de joie sont
exprimés. Les grands élèves de Viry-Châtillon sont aussi de la fête
puisqu’ils bénéficient de l’enseignement
du Père. Une messe d’action de grâces est célébrée. Le lendemain, dimanche,
la messe réunit un nombre imposant de religieux venus des maisons de la
région parisienne. La messe est chantée: ceux qui connaissent le Père
Paschal savent les difficultés pour ses cordes vocales à vibrer sur des
airs et des paroles qui ne leur sont pas innés. Il faut reconnaître que des
répétitions lui permettent ce jour-là de chanter oraisons et dialogues. Le
P. André Hooghe exalte, après l’Evangile, le sacerdoce dans la vie
religieuse et il peut
se permettre de raviver quelques souvenirs de l’ordination de
1942. Le déjeuner de midi est ce qu’il est traditionnellement à
l’Assomption aux grandes fêtes de famille: tout a été disposé, embelli,
choisi par l’Econome,
le régal est aussi pour l’esprit et le cœur: guitare, toast, poésie du P.
Guilhem ».

Thomas Casserly est né le 3 novembre 1909 à Fairymount, au diocèse d’Elpin dans le Comté de Roscommon, en Irlande. Il appartient à une famille de modestes agriculteurs à la santé fragile qui perdent trois enfants en bas âge. Survivent avec Thomas, un frère qui part aux U.S.A. vers 1927 et une sœur qui garde la ferme. Après ses études secondaires à Sligo puis à Galway, Thomas entre en 1928 au St Patrick’s College de Carlow où, cinq années durant, il suit cum laude les cours de philosophie et de théologie. En 1933, il part pour Salamanque en Espagne achever sa formation, mais il ne finit pas l’année. Souffrant de troubles nerveux et d’anxiétés, il renonce à l’espoir d’entrer dans le clergé séculier d’Irlande et confie sa vocation à Thérèse de Lisieux. Sa santé s’améliore. Un Père trappiste l’oriente vers l’Assomption. En 1938, il est postulant à la maison des vocations tardives de Montéchor (Pas-de-Calais) et s’initie à la langue française qu’il maîtrise au bout de six mois. A Pont-l’Abbé d’Arnoult (Charente- Maritime), il prend l’habit le 29 septembre 1939 et fait profession le 30 septembre 1940. Les éphémérides du noviciat indiquent qu’il doit ensuite rejoindre le collège Saint-Caprais d’Agen (Lot-et-Garonne), mais ne peut franchir la ligne de démarcation. En France, dans l’enseignement: 1940-1970. Le voici à Soisy-sur-Seine (Essonne) enseignant l’anglais et les mathématiques aux alumnistes. Tonsuré en février 1942, profès perpétuel le 15 octobre, sous-diacre et diacre les 22 et 29 novembre, il reçoit l’ordination sacerdotale à Soisy le 12 décembre 1942. Religieux mobile et disponible, il quitte Soisy en 1944 pour enseigner aux Essarts (Seine-Maritime) de 1944 à 1946, puis à Clairmarais (Pas-de-Calais) de 1946 à 1949. Il prépare ensuite les frères philosophes au baccalauréat, aux Essarts pendant un an, puis à Lormoy (Essonne) où il ne passe que quelques mois. Au cours de l’hiver 1950-1951,

il rejoint sa famille, sans se douter qu’il va y rester près de quatre ans. En août 1951, il- perd sa mère. En septembre, il obtient un induit d’exclaustration pour soigner son père et tenir la ferme. Il est alors rattaché à la maison provinciale de Paris, av. Denfert-Rochereau. A Fairymount, il regrette la vie de communauté et remplace souvent le curé, âgé de 85 ans. Son père meurt vers 1954. Revenu à Soisy à l’automne 1954, il reste préoccupé par la santé de sa sœur qu’il va souvent aider pendant l’été. L’année 1970 lui apporte deux nouvelles épreuves: la fermeture de Soisy en juin, la mort de sa sœur à l’automne. Dans la solitude de Fairymount, il passe le Noël le plus triste de sa vie, en attendant de vendre les dernières bêtes et de louer les terres. Depuis longtemps il s’interroge sur son avenir: craignant d’être inutile en France, il envisage, non sans appréhensions, d’œuvrer dans la Province d’Angleterre à laquelle il est finalement transféré ad tempus le 9 février 1972. Il laisse en France le souvenir d’un religieux pieux et régulier, d’un confrère agréable, d’un professeur éminent et tout dévoué à ses élèves.

Au service du ministère paroissial en Angleterre: 1971-1994.

Avant de s’engager dans un nouvel apostolat en terre anglaise, le P. Paschal passe à la paroisse londonienne de Brockley un temps d’acclimatation. En 1972, il est nommé à la paroisse de Hitchin (Hertfordshire) où il va travailler vingt ans. Depuis 1992, il est aumônier d’une maison de repos à Letchworth dans le même comté. « A Hitchin, Paschal se trouve chez lui dans le ministère paroissial. Il se consacre aux visites des foyers, à la célébration des sacrements, aux confessions et à la direction spirituelle. Il appartient à l’ancienne école: l’œcuménisme, la collaboration avec les laïcs, la théologie de Vatican Il ne sont pas son genre. Dans son ministère, il est déchiré entre ses sentiments humains l’affection pour les gens et la théologie plutôt rigide et légaliste qui lui a été inculquée pendant sa jeunesse. Il n’est pas rare de l’entendre tonner contre les péchés de la chair au cours des messes matinales dont l’assistance est composée de pieuses vieilles dames. Pourtant, bien des paroissiens ont témoigné de sa compréhension et de sa douceur dans son ministère pastoral. Même ceux qui n’aiment pas sa théologie reconnaissent que sa vie est motivée par un profond amour de l’Eglise, par un zèle pastoral vif pour le salut des àmes. Il aime beaucoup la vie en communauté et observe scrupuleusement tous ses règlements. Mais après avoir vécu tant d’années dans des communautés plus nombreuses et plus impersonnelles, il a du mal à s’adapter au style de vie plus familier du presbytère. Paschal aime son travail, le sport, le large réseau de sa famille, il aime boire un verre, bavarder avec des amis, plaisanter aussi. Par-dessus tout, il aime son pays natal avec une bonne dose de chauvinisme. Prêt à rassurer les âmes inquiètes, il reste préoccupé de son salut. En novembre 1994, il est hospitalisé à Stevenage dans le Hertfordshire au nord de Londres. Amputé d’une jambe, il se remet de son opération mais est emporté le 12 janvier 1995 par une broncho-pneumonie. Ses obsèques sont célébrées le 16 janvier dans la paroisse d’Hitchin. Son corps est transporté selon son désir à Fairymount, son pays natal pour y être inhumé le 19 janvier.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (VI) 1994-1995, p. 57-60. Assomption France, Nécrologie 1995, p. 299-301. Notice biographique par le P. Robert Henshaw, complétée par une note du P. Brendan O’Malley (1995). Paris-Assomption 1968, n° 110, p. 33-34.