Patrice (Léonce Francois Joseph) PRADEL – 1871-1939

Mendoza, 1922
« Le temps et la distance n’ont pas diminué l’affection Que je vous garde
et le dévouement qui m’anime envers vous. La Saint Joseph me procure le
plaisir de vous redire: Bonne
et sainte fête! Vous pourrez, mon cher Père, compter sur nos prières. Aussi
bien, depuis le jour de votre départ, nous n’avons cessé et ne cesserons
chaque soir de prier pour vous et pour l’Assomption. Les enfants ne vous
ont pas oublié et désirent vous revoir. Depuis mars dernier, je ne vous ai
pas donné des nouvelles de notre alumnat car cela revenait de droit au P.
Jean de Dieu
[Danset]. J’ai été peiné de voir que nos enfants n’ont pu entrer chez nous.
De l’aveu de tous, ils étaient pourtant bien bons. Nous aurions pu en
accepter quatre ou cinq. Nous restons avec seize. Ces temps derniers, il
s’est présenté un assez grand nombre de recrues. Mais je ne sais que faire.
Si on perd encore un an, c’est beaucoup. A la grâce de Dieu! Ne nous
oubliez pas non plus, mon cher Père, dans vos prières et assurez-vous que
nous prions bien pour vous.
Que Dieu vous bénisse et vous donne également forces et consolations.
Bénissez le plus petit de vos enfants toujours aussi dévoué ».
Patrice.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Bordeaux, en mission au Chili. Premiers parcours. Léonce François Joseph Pradel est né le 7 décembre 1871 à Niort (Deux-Sèvres). Il garde d’une chute faite à l’âge de cinq ans une légère claudication à la jambe droite. Après ses études primaires chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis au lycée Fontanes de Niort, il entre à l’alumnat de Roussas, dans la Drôme (18851887) où il fait ses classes de grammaire, puis il va pour ses humanités à Nîmes (Gard), de 1887 à 1889. Ayant opté pour l’Assomption, il entre au noviciat de Livry (Seine- Saint-Denis) où il prend l’habit le 10 août 1889, sous le nom de Frère Patrice. Après sa profession annuelle le 10 août 1890 à Livry, il est envoyé au Breuil (Deux-Sèvres) où il prononce ses vœux perpétuels le 15 août 1891. Il y commence ses études de théologie. À côté de l’alumnat, vit un embryon de scolasticat où peuvent étudier quelques philosophes et théologiens. Le scolasticat se transporte ensuite à Livry où le Frère Patrice poursuit ses études quelques mois. Après un séjour de deux ans à Phanaraki (Turquie d’Asie), de 1893 à 1894, où il est chargé d’une petite école dans la presqu’île, à côté du noviciat, il revient en France pour être employé comme professeur et économe à l’alumnat du Breuil (18941896). Il s’adonne à ses emplois avec entrain, aussi bien à l’étude qu’au travail manuel ou aux jeux, malgré son handicap. Le 31 mai 1896, il est ordonné prêtre à Poitiers (Vienne) par Mgr Pelgé. A la fin de l’année scolaire, il part pour Brian (Drôme) où il devient professeur et sous-prieur de la communauté dans cet alumnat d’humanités, jusqu’à la fermeture de la maison en 1903, suite aux perquisitions et à l’expulsion des Assomptionnistes de France. Il suit l’alumnat reformé à Mongreno, près de Turin en Italie, A.A où il reste deux ans (1903-1905), puis il passe une année en Belgique à l’alumnat de Bure (1905-1906), deux autres années à Vinovo, de nouveau en Italie (1906-1908), une dernière année à Elorrio en Espagne (1908-1909) avant de quitter le vieux continent pour l’Amérique du Sud. Au Chili. Le P. Patrice s’embarque à bord du Plata pour le Chili en novembre 1909. Après quelques années passées à Rengo comme économe, de 1909 à 1916, où il accomplit une deuxième temps de service entre 1923 et 1927, il est affecté à l’alumnat de Mendoza à deux reprises: de 1916 à 1922 et de 1927 à 1939. Il prend soin également des malades de l’hôpital et enseigne à l’école paroissiale de Rengo. C’est là que se parfait aussi son dévouement à la formation des vocations religieuses et sacerdotales. Econome, professeur d’humanités, il ne craint pas non plus de se livrer à un actif ministère pastoral. Malgré la courte existence d’une seconde phase de la vie de l’alumnat de Mendoza, quelque six années, plusieurs dizaines de prêtres diocésains et différentes vocations religieuses sont stimulés par lui dans l’affermissement de leur choix. Plus tard un troisième essai d’alumnat est tenté à Mendoza, après avoir cherché quelque temps un second souffle à Santiago. Le P. Patrice accepte de grand cœur de participer à cet apostolat d’éveil des vocations autochtones. Il S’adonne également à un service d’aumônerie auprès de communautés religieuses à Rengo, tant auprès des Sœurs de San José de la Misericordia qu’auprès de celles du Purissimo Corazon de Maria qui desservent un collège et une école. A la suite d’une blessure à l’œil qu’il s’est faite avec du fil barbelé et des complications qui s’ensuivent, la santé du P. Patrice s’altère rapidement en 1938. Il continue pourtant à faire classe, jusque dans sa cellule, jusqu’au bout de ses forces. En novembre 1938, il doit se résigner à son impuissance et garder le lit. On essaie bien de le soigner avec des applications de radium à la face, au moyen d’un masque de cire. Il s’éteint tout doucement le 25 mai 1939, à l’âge de 68 ans. Son corps repose au cimetière de Mendoza.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1939, n° 793, p. 393-394; n° 796, p. 418-421. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Lettre du Père Patrice Pradel au P. Joseph Maubon, Mendoza, 19 février 1922. Dans les ACR, du P. Patrice Pradel, quelques correspondances (1891-1935). Notices Biographiques