Patrick (Mathew) DUFFY – 1905-1953

Vers l’Assomption anglaise.
La mission assomptionniste en Angleterre est fondée à partir de
1901, au moment de la dispersion des religieux français
hors des frontières de l’Hexagone. Jusqu’en 1946, l’Angleterre
forme un vicariat de la Province de Paris. Elle devient
Province le 26 décembre 1946. Voici la liste de ses
Supérieurs Majeurs des origines à nos jours:

P. James Whitworth, (1946-
1952).
P. Austin Treamer, (1952-
1961).
P. Walter Robinson, (1961-
1964).
P. Paul Mc Nicholas, (1964-
1968).
P. Kieran Dunlop, (1968-
1971).
P. Bernard Rickett, (1971-
1974).
P. Andrew O’Dell, (1974-
1983).
P. Aldan Furlong, (1983-
1988).
P. Andrew O’Dell, (1988-
1994).
P. Robert Henshaw, (1994-
2000).

Patrick (Mathew) DUFFY

1905-1953

Religieux irlandais de la Province de Paris.

Un religieux irlandais.

Mathew Duffy naît à Blacksod, Kelmore Erris, (Irlande du Sud) le 17 septembre 1905 dans le diocèse d’Aithim-Killala. Par la suite, ses parents viendront habiter Dublin, la capitale. Il fait son alumnat à Bethnal Green à Londres (1921-1925) et passe sur le continent pour faire son noviciat à Taintegnies (Belgique). Il y reçoit l’habit le 22 novembre 1925, sous le nom de Frère Patrick. Ses premiers vœux de religieux convers sont datés du 23 novembre 1926: « Religieux très docile, parfois un peu impatient, le Frère Patrick fait une excellente impression. Il se dévoue, non sans succès, dans le rude métier de cuisinier. Son dévouement est admirable ». En octobrel929, le P. Léonide Guyo le signale depuis deux mois aux Essarts (Seine-Maritime) où il est venu au noviciat de la Province de Paris se préparer à sa profession perpétuelle. De 1926 à 1929, il s’est dévoué au service de la communauté de Bethnal Green (Londres) notamment pour l’entretien de la maison. D’un caractère doux, aimant la régularité et la piété, parfois un peu oublieux, le Frère Patrick est présenté à la profession perpétuelle pour le 3 décembre 1929 aux Essarts où il donne toute satisfaction, selon l’appréciation du maître des novices. En 1934, il repasse la Manche et se trouve affecté successivement aux différentes maisons de formation en Angleterre: Notthingham, BindonHouse et Capenor. Ces deux dernières communautés servent de noviciat pour la Province d’Angleterre, à partir de la seconde guerre mondiale qui interdit les communications des deux côtés de la Manche. Le Frère Patrick a le grand mérite, toute sa vie active, de remplir la charge de cuisinier. Il donne aux jeunes un exemple vécu de piété, d’humilité, de dévouement et de résignation à la volonté de Dieu quand vient l’heure de la maladie.

Il ne se fait guère d’illusion sur les risques qu’il encourt quand il apprend qu’il souffre d’un cancer « je puis guérir, mais je ne vois pas comment cela pourra s’arranger ». Il meurt à l’hôpital d’une d’embolie, le 29 mars 1953, à loge de 48 ans. Il est inhumé à Londres, au cimetière Saint Patrick, dans la tombe où reposent déjà trois religieux assomptionnistes, Florentin Bourdu (+1949), Wilfrid Manser (+1950) et Benedict Caron (+1950).

La résidence de Bethnal Green à Londres.

C’est en 1913 qu’est construit le ‘priory’ à Bethnal Green, après bien des résidences provisoires pour les premiers religieux venus de France. Le P. Emmanuel Bailly a tenu fortement à ce qu’il y ait une place prévue dans ses murs pour un alumnat, mis sous le patronage de l’Immaculée Conception, un peu à la manière des anciennes écoles presbytérales à l’ombre des paroisses. Le lieu ne manque pas d’atouts: une maison saine, aérée, à proximité du grand Victo,ria Park qui compense largement l’absence de jardin ou de terrain de détente dans les limites de la propriété située en pleine ville. La difficulté vint de ce que cette implantation assomptionniste en terre anglaise ne fut pas dès le départ suffisamment anglicisée. L’enseignement à l’alumnat se fait au départ en français, faute de professeurs parlant correctement l’anglais. D’autre part, se posa très vite la question du recrutement: le catholicisme anglais offre une base assez restreinte sur le plan démographique, en dehors de l’immigration irlandaise, regardée comme étrangère. Les familles n’aiment pas voir leurs enfants partir à l’étranger pour leur formation, après les années passées à l’alumnat. Prirent alors la relève avec bonheur pour le recrutement de l’Assomption anglaise les collèges d’Hitchin et de Nottingham, avec des programmes anglais. Le P. François Mathis qui fut à l’origine de cet alumnat anglais à Bethnal’Green fit le calcul que de 1913 à 1920, il ne reçut pas plus de 48 jeunes, c’est-à-dire à peine une moyenne de 5 par année.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1954, p. 69. The Assumptionist, 1953, vol. X, n° 2 p. 21-22. News of the Province, 29 mars 1953 (numéro spécial ‘Brother Patrick). Notices Biographiques