Paul-Auustin (Paul-Aug.) DOMON – 1898-1978

Un distrait légendaire.
« Passe encore d’oublier sa canne dans un train ou sa montre sur une table
de nuit chez un curé où l’on ne dort qu’une nuit, ses lunettes abandonnées
dans un coin, son béret dans un autre, son bréviaire au…. mais il est des
distractions d’une autre taille, fabuleuses même, que l’on ne peut oublier:
se méprenant sur le jour et l’heure fixés pour un mariage d’un neveu ou
d’une nièce, le Père Paul arriva après la cérémonie! Devant se
rendre un autre jour pour prêcher à la paroisse de Saint- André,
Velle-le-Châtel, il se rend sans sourciller à Dompierre-sur-Linotte, à 20
km. de distance et rien ne peut le faire démordre, même l’appellation
innocente de
‘linotte’. Encore une autre fois, revenant par le car d’une visite dans sa
famille, il s’arrête un soir chez un prêtre, à Noidans- le-Ferroux, auquel
il veut faire la surprise de sa visite. En fait, la surprise est pour lui,
le curé n’y est pas. Le P. Paul entre dans l’église et inspecte les lieux.
Il trouve dans un coin
un drap mortuaire, s’enroule dedans, accommode le tapis de l’autel et
s’endort du sommeil du juste, en attendant celui de l’éternité ».
Testes.

Paul-Auustin (Paul-Aug.) DOMON

1898-1978

Religieux de la Province de Lyon.

Un novice au noviciat, déjà formé par la vie.

Paul Domon est né à Damprichard (Doubs),Ie 16 août 1898, le troisième garçon d’une famille qui comptera 11 enfants dont 4 meurent en basàge. En 1899, la famille Domon quitte le HautDoubs pour Beaucourt, dans le Territoire de Belfort où le père trouve un emploi aux usines Japy. Paul est élève au petit séminaire Saint-Colomban à Luxeuil-les-Bains (1910- 1916), au grand séminaire de Faverney pour la philosophie, en 1916 et de 1920 à 1921, puis au grand séminaire de Besançon (Doubs) pour la théologie, de 1921 à 1923. Entre 1917 et 1920, Paul s’engage dans le service actif de l’armée. Il va guerroyer au Proche- Orient, en Syrie, d’où il revient avec les pieds et les mains gelés et une moisson de médailles. Le retour au séminaire est très dur: humour et esprit critique, après cette forte expérience de vie, s’expriment sur des dessins qui n’ont pas l’agrément des professeurs! Paul se fait renvoyer pour ‘mauvais esprit’. L’Assomption lui ouvre alors ses portes: il prend l’habit le 4 mai 1924 à Saint-Gérard, sous le nom de Frère Paul- Augustin. Il est pour les plus jeunes un conteur inépuisable, agréable, malicieux et déjà un confrère célèbre pour ses distractions. Le noviciat se déroule à Taintegnies sous la conduite du P. Savinien Dewaele: Frère Paul-A. y fait profession le 5 mai 1925 et, tout de suite après, il est envoyé professer à l’alumnat de Saint-Sigismond (Savoie) les sciences naturelles qu’il aime tant, de 1925 à 1927: des champignons aux oiseaux, de l’observation des constellations à la baguette du sourcier ou du radiesthésiste, le P. Paul- Augustin se livre avec gourmandise à son art de passionner la jeunesse. Il prend ensuite le chemin de sa formation pour terminer ses études de théologie (Louvain, 1928-1929): il est ordonné prêtre le 9 juin 1929.

Devant lui, s’ouvrent les portes de l’enseignement auquel il entend bien être affecté.

Aux extrêmes de la Province de Lyon.

Le P. Paul-Augustin est envoyé à Varna en Bulgarie (1929-1934), puis à Plovdiv jusqu’en 1939. Son calme imperturbable a raison des collégiens turbulents et chahuteurs. Le père d’un élève pris en flagrant délit corrige le mouflet sévèrement et tout rentre dans l’ordre. En 1939, le Père est dirigé sur la Ginouse, près de Toulon (Var) où une chapelle confiée aux religieux va constituer le premier noyau d’une future communauté toulonnaise. Il assure aussi l’aumônerie auprès des Petites-Sœurs de l’Assomption (1939-1942). Il redevient professeur, à Miribel-les- Echelles (Isère), de 1942 à 1946. Puis il passe de l’autre côté de la Méditerranée, en Tunisie, pour desservir la paroisse de Gabès où il cumule la charge de supérieur et de curé (1946-1952). Un de ses paroissiens se nomme Georges Bernanos. Toujours original et apprécié, il met une note de gaieté dans les rencontres avec ses confrères assez dispersés. Après la Tunisie, il vient à Douvaine (Haute-Savoie) où il réside de 1952 à 1953, passe une année à la procure de Marseille (1953-1954), puis trois années à Vellexon (Haute-Saône), de 1954 à 1957. Il retourne à Tunis, se partageant entre le collège de La Marsa et la maison des Petites-Sœurs de l’Assomption. Il rentre en France en 1939, souffrant d’une thrombose pulmonaire. Il affronte le rude climat de Nozeroy (Jura) de 1960 à 1964. La maison est fermée en 1964 et le Père retrouve Vellexon pour 10 ans (1964-1974). Il assure quelques remplacements dans des maisons de retraite et commence à vivre hors du temps, oubliant facilement les horaires. Avec l’âge, il ne peut plus guère se déplacer. Il vit reclus dans sa chambre. Le col de fémur brisé, il est hospitalisé à Gray (Haute-Saône) et de là il est transporté en ambulance à Lorgues (Var) le 6 décembre 1974. Il ne peut plus guère marcher et ne se montre guère coopérant aux séances de kinésithérapie. Le 29 mars 1978, il souffre d’une occlusion intestinale. Transporté le jour même à l’hôpital de Draguignan il meurt le samedi 1er avril 1978 aux premières heures du matin, approchant les 80 ans. Ses obsèques sont célébrées à Lorgues le lundi 3 avril, le jour même où s’ouvre à Lyon le chapitre provincial de Lyon.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (1) 1975-1980, p. 57-58. Lyon-Assomption, 1978, octobre 1978, n° 61, p. 11-14. Rapports de Gabès (1949-1950). Notices Biographiques