Paul Charpentier – 1914-2007

En apostolat dans le monde ouvrier.

Pierre-Louis Charpentier est né à Bury (Oise), le 23 janvier 1914. Il séjourne à Levallois de 1920 à 1938. C’est chez les Frères des Ecoles Chrétiennes qu’il fait ses études primaires. Dessinateur industriel en 1929, il entre à la J.O.C (Jeunesse Ouvrière Chrétienne). Devenu secrétaire permanent Jociste du Père Michel Cornillie, A.A, aumônier de la Fédération de Paris-Nord, il participe activement au lancement de la Fédération. A son départ, elle comptera près de 40 sections dans un vaste secteur de la banlieue Nord et quelques arrondissements de Paris. Ayant exprimé le désir du sacerdoce, le jeune homme complète sa formation et ses études comme ‘vocation tardive’ à Saint-Denis et entre au noviciat assomptionniste des Essarts en 1936, sous le nom de Frère Paul. Profès le 3 octobre 1937, il poursuit ses études de philosophie et de théologie à Lormoy (Essonne).

Il est ordonné prêtre le 24 mars 1946 par Mgr Pie Neveu ainsi que 19 confrères et il est immédiatement affecté à la Mission Saint-Etienne de Sèvres, plus connue sous le nom de ‘La Cloche’ qu’ont lancée les PP Cornillie et Santu. Dans ce cadre, le P. Paul est nommé successivement aumônier fédéral J.O.C et J.O.C.F de Juvisy-sur-Orge (Essonne) et Villeneuve-Saint-Georges (Val de Marne). Il passe ensuite dans les mêmes fonctions à Versailles (Yvelines) et devient aumônier régional pour les deux départements de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne. Le P. Frossard l’habilite comme missionnaire du travail.


En responsabilité à l’Assomption.

Nommé au pied levé Supérieur Provincial de Paris, à la suite de la mort inopinée du P. Louis-Henri Bélard en février 1957, le P. Paul encourage au sein de sa Province et de l’Assomption ce qui a fait les points forts et moteurs de son existence jusque-là : encourager un apostolat de présence plus forte dans les milieux populaires et ouvriers (mission à Saint-Etienne, dans la Loire), ouvrir l’Assomption à la collaboration avec le monde des laïcs, diversifier les types de formation dans les structures scolaires et les scolasticats de sa Province. Son expérience pastorale l’ouvre également à d’autres responsabilités plus larges : le P. Paul est membre du Comité permanent des religieux en France… En 1964, la Congrégation l’appelle à Rome dans la charge d’assistant général. Le jeudi 29 mai 1969, le P. Paul Charpentier est élu Supérieur Général, succédant au P.Wilfrid Dufault dans le cadre de ce chapitre ‘extraordinaire’ qui entend faire passer le souffle nouveau du Concile de Vatican II : large décentralisation de l’Institut, création des deux Provinces d’Espagne et du Congo, élaboration d’une nouvelle Règle de Vie, extension du caractère international de l’Assomption, prise en compte de la diversité des cultures et des langues, élaboration de nouvelles formes d’unité dans la diversité…

La nouvelle curie de 1969 est presque entièrement recomposée avec l’élection des PP. Dionisio Solano, Leander De Leeuw (remplacé en 1971 par le P. Serafinus Tillemans), Noël Bugnard et Augustine Danby, tandis que le P. Alessandro Bombieri remplace le P. Domitien Meuwissen comme Secrétaire général et le P. Félicien Sleutjes, Procureur à la place du P. Farne. L’Assomption doit au P. Charpentier la création du bulletin d’informations romaines, A .R.T. Informations, venant prendre le relais de la Lettre à la Famille, défunte en 1964.

Le Père Touveneraud prend la direction des Archives et de la Postulation. Les difficultés ne manquent pas en cette période d’adaptations d’effervescences post-conciliaires. Au Brésil, une grave crise s’est ouverte avec l’arrestation de religieux travaillant en milieu populaire (1969). Dans toutes les Provinces, par suite de l’évolution des temps et des esprits, la formule de l’alumnat a vécu. Nombre de structures qui ont marqué l’histoire de la Congrégation n’ont plus cours. L’heure est aux reconversions et aux fermetures, parfois douloureuses. La plus éclatante, sinon la plus déchirante, concerne la maison Notre-Dame de France à Jérusalem, prise dans l’imbroglio diplomatico-politique du Proche-Orient. En 1971-1972, elle est entre les mains du Saint-Siège qui se charge d’en faire un Centre International. La révolution des mentalités qui a provoqué l’éclatement des grandes communautés s’accompagne aussi de remise en questions des valeurs et des identités comme de l’hémorragie des jeunes générations assomptionnistes. A la tête de la Congrégation de 1969 à 1975, le Père Paul essuie de plein fouet la crise qui secoue les Eglises Européennes. Aucune fondation en terre nouvelle ne marque cette époque, les effectifs diminuent et peu de lueurs vocationnelles apparaissent.


Une vie encore bien active.

De nature très discrète, le Paul Charpentier quitte ses fonctions en 1975, souhaitant de lui-même qu’un second mandat ne lui soit pas confié. En février 1975, il a la joie d’accompagner à Saint-Pierre de Rome l’importante délégation des Religieuses de l’Assomption venues participer à la cérémonie de béatification de la Mère Marie-Eugénie de Jésus. Après le chapitre des Essarts (avril 1975), le P. Paul est affecté à la maison provinciale à Paris, av. Denfert-Rochereau, où, en tant que religieux-prêtre et directeur-général adjoint, il suit le travail de création à Bayard et les réalités de l’entreprise. Retraité en 1985, il continue à assurer une présence attentive à La Foi Aujourd’hui et à Vermeil. Le 24 mars 1996, c’est dans l’intimité à Denfert-Rochereau, qu’il célèbre son jubilé sacerdotal du 50ème anniversaire. Eprouvant avec l’âge quelques difficultés de déplacement, mais ne souhaitant pas quitter la région parisienne en raison de tous les liens tissés, le P. Paul, devenu octogénaire, obtient en 2001 la faculté de pouvoir entrer à la maison Marie-Thérèse des prêtres âgés du diocèse de Paris, de l’autre côté de la rue de la maison Provinciale. Il y meurt le 27 avril 2007, entouré de ses frères assomptionnistes.


(à partir de la notice du Père Jean-Paul Périer-Muzet Petit Manuel Histoire de l’Assomption page 61-62 et dessin du frère Michel Bellanger, a.a. page 63.

Bibliographies