Paul-Francois (Charles-Francois) BETHAZ – 1890-1957

Evocation.
« On se plaît à constater que le
P. Paul-François a été l’homme de quelques maisons, de quelques charges.
Après un court passage à Elorrio, il a vécu sept ans à Lorgues, seize ans à
Marseille, neuf ans à Douvaine et ses dernières années à Lyon. Il était
supérieur d’une façon ininterrompue depuis 1926, dans des communautés où
cette charge comportait souvent des soucis matériels
de gestion et d’organisation. Pour un religieux d’une obéissance aussi
spontanée et qui aurait été prêt à accepter sans faire la moindre objection
n’importe quel travail dès lors que ses supérieurs le lui demandaient,
l’obéissance lui
a fixé des tâches qui pouvaient le mieux s’accorder à ses qualités
naturelles et à ses vertus. Cette rencontre rare ne peut s’expliquer que
par la parfaite disponibilité de cette âme à faire la volonté de Dieu et
les grâces qui, de cet homme aux moyens
médiocres sur le plan intellectuel, firent un excellent supérieur aimé de
sa communauté, un économe prudent et rompu aux affaires, un religieux
passionné du bien de ses Frères et de sa Congrégation … ».
Celse [Joseph] Ract, 7 nov.
1957.

Religieux de la Province de Lyon, économe provincial (1953-1957).

Sous la protection de Saint-François de Sales. Charles-François est né le 27 octobre 1890 à Bourg-Saint-Maurice (Savoie). Il est élevé dans les alumnats pérégrinants de l’Assomption de l’époque: Notre-Dame des Châteaux (1902- 1903), Mongreno en Italie (1903-1906), Calahorra en Espagne (1906-1907) et Elorrio (1907-1908). Il prend l’habit le 8 septembre 1908 à Louvain (Belgique) et garde dans son patronyme le nom de François qu’il affectionne par égard à son illustre et saint compatriote savoyard, François de Sales. Il prononce ses premiers vœux à Gempe (Belgique) le 8 septembre 1909. Il met onze ans pour recevoir la grâce du sacerdoce: philosophie à Louvain (1910-1912), professorat à Vinovo (1912-1915), théologie à Rome et Fara Sabina (1915-1917), service militaire (1917-1919), théologie à Louvain (1919-1921) où il est ordonné prêtre le 7 août 1921. Ceux qui le connaissent pendant ces longues années de préparation gardent de lui le souvenir d’un étudiant très simple et modeste, n’ayant que des amis autour de lui. Chez lui, le cœur est délicat et bon et ce sont ces qualités de cœur qui transparaissent dans ses 36 années d’activité sacerdotale.

Un religieux toujours disponible.

Le P. Paul-François ne fait que passer à Elorrio de 1921 à 1923. Lorgues (Var) le retient sept ans (1923-1925 et 1926-1931) avec un court intermède à Marseille (1925-1926). Comme supérieur à Lorgues, il a la charge de prendre soin des malades et de les soigner. Avec douceur et bonté, cet infirmier d’occasion se préoccupe aussi d’aménager une maison plutôt vieille et assez incommode pour un meilleur bien-être, mais surtout d’y entretenir la joie au milieu de frères qui souffrent et qui meurent.

Evocation. « On se plaît à constater que le P. Paul-François a été l’homme de quelques maisons, de quelques charges. Après un court passage à Elorrio, il a vécu sept ans à Lorgues, seize ans à Marseille, neuf ans à Douvaine et ses dernières années à Lyon. Il était supérieur d’une façon ininterrompue depuis 1926, dans des communautés où cette charge comportait souvent des soucis matériels de gestion et d’organisation. Pour un religieux d’une obéissance aussi spontanée et qui aurait été prêt à accepter sans faire la moindre objection n’importe quel travail dès lors que ses supérieurs le lui demandaient, l’obéissance lui a fixé des tâches qui pouvaient le mieux s’accorder à ses qualités naturelles et à ses vertus. Cette rencontre rare ne peut s’expliquer que par la parfaite disponibilité de cette âme à faire la volonté de Dieu et les grâces qui, de cet homme aux moyens médiocres sur le plan intellectuel, firent un excellent supérieur aimé de sa communauté, un économe prudent et rompu aux affaires, un religieux passionné du bien de ses Frères et de sa Congrégation … ». Celse [Joseph] Ract, 7 nov. 1957.

Notices Biographiques A.A Il dit lui-même que cette responsabilité dans une maison de repos lui servit de second noviciat pour mieux enraciner en lui la vertu de charité. De là il passe à Marseille (1931-1942) où il a à s’occuper du Bureau de la presse catholique. Il ne s’agit pas seulement pour lui d’être conseiller pour de bonnes lectures, mais encore de faire de cette résidence un foyer de vie spirituelle. C’est ainsi qu’il y développe avec cœur l’œuvre des pèlerinages de Notre-Dame de Salut pour Lourdes. En 1942, choisi comme deuxième assistant provincial, il gagne Lyon où il demeure jusqu’en 1946. De là il rejoint l’orphelinat de Douvaine (Haute-Savoie) où il exerce la responsabilité de supérieur pendant 9 ans (1946-1956). Le travail est multiforme et très prenant: quêter le pain quotidien par des journées de prédication, gérer le domaine qui comprend une ferme importante et des ateliers d’apprentissage, former les caractères de ces jeunes souvent rétifs en raison de leurs difficultés familiales, assurer la marche du personnel dans un esprit d’ensemble. On lui confie en outre, à partir de 1933, la charge de l’économat provincial à Lyon, tout en assurant aussi sur place, à partir de 1956, le service du supériorat à la résidence de Lyon-Debrousse, toutes choses qu’il accepte avec la force d’un dévouement tranquille.

Une fin rapide, précipitée par la maladie.

En pleine préparation du pèlerinage national à Lourdes, en août 1957, il ressent les premières violentes douleurs qui déclarent son mal, un cancer diagnostiqué après examen et intervention chirurgicale à l’hôpital Saint-Joseph le 3 septembre. Les médecins paraissent satisfaits de leur travail, mais le malade ne se remet pas. Il meurt à l’hôpital le 5 novembre. Son corps est transféré dans l’après-midi de ce jour à la maison provinciale. Les obsèques sont célébrées le jeudi 7 novembre par le P. Ract, nouveau Provincial. Dans l’après-midi la famille accompagne le corps du défunt qui est inhumé dans le caveau familial à Bourg-Saint-Maurice, le lendemain 8 novembre.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. octobre 1958, p. 30-31. Lettre à la Famille 1957, n’, p. 162-163. Rhin-Guinée, déc. 1957, n° 2, p. 1-4. L’Ange de l’orphelin (Douvaine), 1958, n° 530. Le P. Paul-François a écrit de nombreux articles dans la revue de Douvaine, L’Ange de l’orphelin. On trouve dans les archives romaines quelques traces de sa correspondance aux supérieurs (1922-1957), mais d’autres autographes ont été publiés dans la Lettre à la Dispersion. Les ACR conservent également des rapports de gestion du P. Paul-François comme économe provincial de Lyon.