Paul (Francois-Paul) PETIT – 1873-1950

Saint-Maur, 1919.
« Je vous demande pardon de venir en retard pour vous fournir les
renseignements que vous demandez à tous les mobilisés. Je suis quelque peu
embarrassé pour vous fournir des renseignements précis. A partir de mon
arrivée au dépôt où je ne suis resté que 8 jours, j’ai été transféré à
Paris où je ne suis resté qu’une dizaine de jours. De là j’ai été à Orléans
où je suis resté environ quatre mois. J’ai passé deux mois à l’hôpital
général d’Orléans où j’ai été en relation avec M. l’abbé Rocher aumônier,
puis je suis allé à Dourdan. Je n’ai pu voir le curé de la paroisse durant
un mois et demi que deux fois. De Dourdan, j’ai été dirigé sur
Boulogne-sur-Seine où j’ai passé un mois. Je me suis rendu chaque dimanche
à
la rue Camou, Père Marie était mon confesseur. En quittant Boulogne, j’ai
été affecté au service du transit maritime
pour les camions. J’étais à
Nantes depuis le 17 octobre
1916 jusqu’au 26 mai, date de ma mise en sursis d’appel pour la
main-d’œuvre agricole. A Nantes, je n’ai pas pu rencontrer un prêtre
diocésain, mon service me prenant tout le temps, même le dimanche. Je me
confessais à la cathédrale ou à la chapelle de l’Immaculée conception ».

Notices Biographiques A.A

Religieux de la. Province de Bordeaux. Curriculum vitae. François-Paul Petit naît le 13 février 1873 à Ouroux (Nièvre). À l’âge de 10 ans, il connaît la vie d’un orphelinat dirigé par des religieuses; à 13 ans, il se place comme domestique dans un couvent. En 1888, il prend contact avec l’Assomption et demande à y vivre la vie religieuse de Frère coadjuteur. Il prend l’habit, sous le nom de Frère Paul, le 2 février 1889 à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) et prononce ses premiers vœux à Phanaraki (Turquie), le 28 août 1892. « Le Frère Paul est suffisamment laborieux, mais il recherche les emplois dans les travaux qui sont conformes à ses goûts. Il se décourage très facilement, une observation suffit à l’abattre, mais un mot affectueux suffit aussi pour le relever. Il est parfois très emporté, un peu vantard et fanfaron. Il est vrai qu’à cause de son caractère, il est l’objet des taquineries de ses frères. Sa ferveur est intermittente ».On lui connaît plusieurs postes à la mission d’Orient: Karagatch-Andrinople (Turquie d’Europe) où il prononce ses vœux perpétuels le 25 décembre 1899. En 1902, il est désigné pour Constantinople et de là il passe en 1904 à Ismidt (Asie Mineure). C’est en 1905 qu’il rentre définitivement en Europe occidentale. Menton (Alpes-Maritimes) le possède un an, San Remo (Italie) trois ans, Elorrio (Espagne) sept ans. C’est là que le trouve en 1916 sa feuille de mobilisation. Mis en sursis d’appel, il rejoint Saint- Maur (Maine-et-Loire) en 1917. Il est adjoint comme auxiliaire au P. Fortunat Puységur à Saint- Coutant, dans le Mellois, en 1925. Il a la douleur d’y enterrer son curé très aimé, le 28 mai 1932. Il revient à Saint-Maur une année, en 1932, passe l’année 1933 à Tasdon-La Rochelle (Charente- Maritime) et établit enfin sa tente à Layrac (Lot-et- Garonne) de 1934 à 1946. A.A C’est alors qu’il rejoint la maison de Lorgues (Var), où il s’éteint le 13 novembre 1950 et où il est inhumé. Portrait par le P. lzans. « Noueux et sec comme un cep de vigne, le Frère Paul possède un solide appétit, presque légendaire, que ne comble jamais assez de substance. Il a un caractère enjoué et se pique d’être un homme d’esprit. Il jouit longtemps du succès que l’on fait à ses bons mots et les prépare longtemps à l’avance. R se cultive aussi dans les lettres et ne manque pas de finesse. Aussi est- il souvent le porte-parole des Frères convers aux jours de fête et même, à l’occasion, il y va de son petit couplet aux séances récréatives. C’est un homme spirituel dans le sens mystique et, comme par nature il a quelque penchant pour e prosélytisme, il sait se constituer un chœur de ceux qui partagent son enthousiasme. La petite Thérèse de Lisieux a en lui un fervent apôtre. Tout cela compose un portrait assez original de sa personne, par ailleurs bien intégrée dans la vie communautaire. Il se montre régulier, pieux, un peu lent et compliqué dans son travail, un peu soucieux de ménager sa santé à laquelle il apporte toujours une grande préoccupation. C’est un jardinier émérite et consciencieux. S’il ne vise pas les grands espaces, au moins soigne-t-il ce qu’il sème. Bon bricoleur comme la plupart de ses frères, il s’occupe aussi de menuiserie en hiver. Soigneux et homme de goût, il fait, çà et là, un sacristain apprécié. C’est à Layrac au milieu des étudiants qu’il achève sa vie active. Il sait taquiner ses Frères, sans arriver à leur rendre toujours la pareille. Il se réserve un petit coin de jardin qu’il entretient avec amour, mais il aime aussi échanger sur des problèmes théologiques que viennent lui soumettre avec malice les étudiants. Inquiété par un problème de prostate, il demande à se retirer dans une maison de repos. Lorgues lui ouvre les portes de son petit paradis méridional. Il y cultive alors son jardin intérieur, à sa façon toute personnelle, selon l’attirance que Dieu lui fait sentir. Tout doucement, durant les six derniers mois de sa vie, supportant avec patience les infirmités de la vieillesse, il mesure l’usure progressive de sa guenille, devinant l’approche de l’heure ».

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Famille, 1951, no 110, p. 15. Circulaire du P. Izans, Bordeaux-Caudéran, 13 novembre 1950. Lettre du Frère Paul Petit au P. Joseph Maubon, Saint-Maur, le 8 janvier 1919. Dans les ACR, du Frère Paul Petit, correspondances (1903-1939). Notices Biographiques