Paul MARTEL – 1914-1999

Nouvelles, 1937.
« Vous désirez des faits clairs et précis: en voici. Dans la ville de
Québec s’est tenu en juin le deuxième Congrès de la langue française où se
sont présentés les PP. Rodolphe Martel et Wilfrid Dufault. Le
27 juin a eu lieu la cérémonie de vêture pour 4 nouveaux religieux:
Marie-Louis Simoneau, Eudes Thibadeau, Télesphore Gagnon et Victor
Chouinard. Lors de son passage au noviciat, le P. Général [Gervais
Quenard], de retour de Manille, nous avait accordé une grande promenade.
Elle eut lieu le 6 juillet, sur un bateau, pour la descente des Laurentides
jusqu’à Malbay. Parmi les incidents, il faut noter la perte d’une paire de
lunettes et l’envol d’un chapeau. Des américaines se sont apitoyées sur le
pauvre Frère découvert et lui ont glissé, à la grande satisfaction de
l’économe, trois fois le prix du chapeau. Le 8 juillet, nous avons
accueilli 5 postulants de chœur
canadiens: Thomas Hebert, Jean-Marie Rioux, Yves Garon, Clément Lecours,
Rosaire Saint-Laurent et un sixième, américain, Gérald Roy. Un Père
Hydulphe, professeur de patrologie à Québec, a prêché au mois d’août la
retraite de 8 jours chez les Sœurs du Bon Pasteur et celle du diocèse de
Rimouski».

Religieux de la Province d’Amérique du Nord.

Deux Frères à l’Assomption.

Paul Martel est né le 3 mai 1914 à Warwick, petit village du diocèse de Nicolet au Québec (Canada). En 1929, il entre au collège de l’Assomption de Worcester (U.S.A.) et, sept ans plus tard, il demande son admission au noviciat de Sillery. Ce faisant, il suit les pas de son frère aîné, le Père Pierre-Rodolphe (1901-1947), qui lui aussi est entré à l’Assomption après avoir été élevé au collège de Worcester. Le Frère Paul poursuit sa formation religieuse en étudiant successivement dans les maisons d’études de l’Assomption en France: Layrac (Lot-et-Garonne), Scy-Chazelles (Moselle) et Lormoy (Essonne). En 1940, il fait partie du groupe de jeunes religieux en exode sur les routes du pays, à l’image de millions de Français fuyant les bombardements allemands. Il se retrouve finalement au collège de l’Assomption à Nîmes (Gard) où il peut accomplir deux années de théologie au grand séminaire de la ville, en compagnie d’autres religieux dans la même situation que lui, quatre canadiens et neuf anglais. Quand en novembre 1942, les Allemands viennent occuper toute la zone dite libre, au sud de la Loire, il doit s’enfuir comme citoyen d’un pays en guerre avec quinze confrères jusqu’en Espagne et, de là, après quelques péripéties, passer en Angleterre (1). Il est à Sillery le 31 janvier 1943. Il poursuit ses études au grand séminaire de Québec et peut être ordonné prêtre le 14 août 1943.

Emplois et ministères.

De 1944 à 1952, le P. Paul est surveillant, préfet de discipline et professeur au collège de Worcester, puis recruteur au Canada, membre de l’équipe fondatrice de collège d’Alzon à. Bury, puis, en février 1956, aumônier de la maison-mère des Sœurs de Sainte-Jeanne d’Arc à Sillery.

En 1964, il se rend à New York pour y être vicaire à la paroisse de la 156ème rue, mais pour un an seulement; il revient alors au Montmartre (Sillery) où, pendant plus de dix ans, il est directeur des pèlerinages et secrétaire de l’Appel du Sacré-Cœur, revue de Montmartre. En 1976, il est nommé aumônier des Augustines et de leur hôpital à Gaspé, et, sept ans plus tard, c’est encore comme aumônier qu’il revient à Sillery à St. Brigid’s Home, maison d’accueil pour les retraités de langue anglaise. En 1995, après douze ans de ministère dans cette maison, il prend sa retraite au Montmartre, y continuant cependant un certain ministère, présidant l’Eucharistie et assurant la garde à son tour.

Au soir de la vie.

Mais un cancer et diverses maladies le minent sourdement. Cependant il suit la communauté à tous les exercices, sauf à l’office du matin et du soir, et ne concélébrant qu’assis. Le dimanche 9 mai 1999, il assure encore quelques heures de garde, mais descendant pour le repas du soir à 17 heures 30, il est saisi soudain d’une très grande faiblesse, accompagnée de sueurs froides à profusion. Une ambulance le transporte aussitôt à l’hôpital où, en dépit de soins immédiats, il meurt quelque soixante heures plus tard, le 12 mai au matin, à l’aube de sa 86ème année. Les funérailles ont lieu le vendredi 14 mai en la grande chapelle de Montmartre, en présence d’une centaine de religieux, de religieuses et d’amis. Le P. Gilles Blou’m, supérieur régional, souligne dans son homélie les traits principaux de la vie de ce religieux: sa simplicité, la chaleur de son accueil, sa régularité et sa fidélité. Le P. Paul a été particulièrement estimé et aimé dans son ministère auprès des religieuses et des personnes âgées. Il repose maintenant auprès de la dépouille du P. Armand Desautels au cimetière Saint-Michel de Sillery. (1) Le P. Paul Martel a publié dans le bulletin de la Vice-Province du Canada en 1988 le récit plein de vie des aventures et mésaventures des seize assomptionnistes anglais et canadiens contraints de fuir devant l’invasion du sud de la France par les troupes hitlériennes en novembre 1942.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption (Nécrologe VIII) 1998-1999, p. 115-116. Lettre du Frère Paul Martel, Bergerville, 26 septembre 1937. Assumption North America, april-may 1999, n° 3, p. 37.