Paulus (Albertus-Hendrikus) WELLING – 1900-1936

Evocation.
« Le Frère Paulus aimait vraiment sa vocation, il voulait devenir le plus
parfait possible. Aussi il était si régulier pour
être présent aux exercices de la communauté, depuis la méditation du matin
jusqu’à la prière du soir; il devait être vraiment malade pour y manquer.
Il se confessait chaque jour depuis qu’une opération urgente l’avait mis un
jour aux portes du tombeau. Durant sa dernière heure, il n’avait qu’un mot,
mot qui résume toute sa vie, toute sa piété. ‘O Jésus’. Et cependant
extérieurement il
était joyeux, toujours content. Chargé de la cuisine, quelqu’un l’y aidait,
il était la régularité même. C’était son grand travail. Mais que de choses
il faisait entre temps. il était cordonnier à ses heures, tailleur,
mécanicien, électricien. Jamais on ne faisait appel vainement à son
secours. Aussi tous l’aimaient et les enfants auxquels il ne pouvait rien
refuser l’appelaient le bon Frère Paulus. Toute sa vie fut un modèle.
Zepperen perd en lui un bon et un saint religieux, d’un
dévouement sans borne. Sa mort laisse un grand vide à l’alumnat. Nous
aurions tant aimé le
garder, surtout maintenant que la maison se refait et qu’on lui préparait
une belle et spacieuse cuisine… » L’alumniste.

Religieux hollandais de la Province de Belgique- Hollande. Un destin écourté. Albertus-Hendrikus Welling est né le 8 janvier 1900 à Wehl, aux Pays-Bas, dans le diocèse d’Utrecht. Sous le nom de Frère Paulus, il prend l’habit le 28 août 1924 au noviciat de Taintegnies en Belgique et se destine à la vie religieuse en qualité de Frère coadjuteur. Le P. Savinien Dewaele le présente aux premiers vœux, émis le ler septembre 1925: « Ce Frère est bon, pieux, docile, surnaturel. Il rend de grands services en réparant les souliers. Il connaît aussi les travaux des champs. Pour le perfectionner dans connaissance de la langue française, il serait bon de l’envoyer à Boxtel ». Après sa profession, le Frère Paulus est en fait affecté à l’alumnat Saint- Louis de Zepperen, de 1925 à 1930. En 1930, il passe à la communauté de Woluwe Saint-Lambert, dans la banlieue bruxelloise et en 1932 à la maison provinciale de la rue Duquesnoy. En 1933, il retrouve la communauté de Zepperen. Profès perpétuel le ler septembre 1928 à Taintegnies, le Frère Paulus meurt prématurément à Zepperen, le 12 avril 1936, à l’aube de sa 37ème année. Il est inhumé le mardi 14 avril à Zepperen. Le P. Dieudonné Dautrebande informe la Congrégation sur les circonstances de son décès. « je sais peu de choses sur le défunt. Les voici, recueillies au hasard d’une conversation au retour des funérailles, le mardi de Pâques, 14 avril 1936. J’y ai ajouté quelques souvenirs sur le Frère dans le voisinage duquel je n’ai vécu que quelques mois. Le Frère Paulus Welling, convers, était profès perpétuel depuis août 1928. Il avait donc pris l’habit en 1924, venant de Hollande. Depuis sa sortie du noviciat, son occupation unique a été la cuisine. Il s’est acquitté de cette charge en plusieurs maisons (Saint- Gérard, Woluwe, Bruxelles, Zepperen) Page :377/377 avec beaucoup de dévouement, malgré une santé chancelante. Celle-ci, au cours des cinq dernières années, a donné lieu à des crises graves qui lui ont fait garder la chambre, peu de temps cependant chaque fois, et qui ont même inspiré aux supérieurs la précaution de le faire extrémiser. Ce fut le cas, au moins une fois, en dehors de la dernière crise qui l’a emporté. De ces précédentes crises, il s’était remis pour reprendre sa place à la cuisine. Le Frère était cardiaque. On l’a vu maintes fois, même au cours d’un repas, s’arrêter, fermer les yeux, pâlir et, de la main gauche, se presser la poitrine pour soutenir ou comprimer le cœur. C’est du cœur en effet qu’il souffrait, un cœur dont les battements violents se répercutaient visiblement dans les artères du cou. Son lit même était secoué selon le rythme de l’organe malade. A distance, les voisins les percevaient et pouvaient les dénombrer au son, comme on compte les battements d’une horloge. A peine quinze jours avant Pâques, le Frère s’était alité de nouveau. Au bout de quelques jours, le docteur trouva la dilatation du cœur à son maximum. Une issue fatale était à redouter. Le malade fut extrémisé encore une fois et il ne douta plus lui-même que l’heure du bon Dieu n’eût sonné. Il souhaita même sur la fin que le bon Dieu vînt le prendre à l’heure matinale de Pâques. Il fut exaucé. A 5 heures du matin, le jour où l’Eglise chantait la Résurrection du Sauveur, le Frère rendit son âme à Dieu, après des heures et des jours de souffrances terribles, après aussi des heures et des jours de prières incessantes, d’oraisons jaculatoires multiples, d’offrandes répétées pour l’Assomption, pour les alumnats et les alumnistes, et surtout, comme on le pense bien, pour l’œuvre et pour les vocations de Zepperen. Quand il mourut, l’alumnat était dans le silence d’une maison vide de ses 60 élèves et dans le désarroi d’un chantier de démolition. L’alumnat venait d’achever l’évacuation d’une moitié du corps de logis abandonnée à la pioche des démolisseurs pour les transformations qui se poursuivront jusqu’en septembre. Cet état de choses et 1″agonie du malade avaient obligé le P. Hendrik, supérieur, à licencier les élèves dès le Vendredi Saint. Deux jours après, la maison était en deuil ». Page :378/378

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1936, no 640, p. 177; no 642, p. 198-199. L’Alumniste (Saint-Louis, Zepperen), 1936, no 79, p. 193-194. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy.